José MOREAU – 1897-1947

Les Assomptionistines de la
Vierge ouvrière.
« Que demandons-nous? La bénédiction pour pouvoir commencer dans
l’obéissance. Il se peut, et c’est fort probable, que tout ceci soit mal
rédigé, vous y mettrez vos remarques fraternelles et l’on refaçonnera le
tout à votre manière. Nous voudrions, de tout cœur, commencer notre
fondation religieuse. Nous avons la naïveté de croire que le bon Dieu nous
aidera, parce que nous le faisons avec le désir de lui plaire. Une fois
dans l’obéissance j’ose vous dire que je crois avoir, moyennant la grâce
divine,
tous les éléments nécessaires pour aller de l’avant. Nous vous demandons la
permission de faire nos preuves; si vous voyiez que la chose ne marchait
pas, nous passerons avec armes et bagages chez les Oblates, si cela vous
plaît, et sinon dans une congrégation d’ici. Mais nous avons un
ferme espoir que cela n’arrivera pas. Je ne sais si vous pensez au Brésil
pour moi et si vous avez des vues. Pour ma part je suis sûr de pouvoir
entreprendre la fondation de mes religieuses en même temps que n’importe
quoi par la tournure que je
pourrai donner avec votre avis préalable à la chose ».
P. José.

Religieux belge de la Province de Bordeaux, en mission en Amérique du Sud.

Une vie entre ombres et lumières.

José Maria Moreau est né de parents belges, le 26 février 1897, à Etterbeck, près de Bruxelles. Il possède cependant en plus la nationalité brésilienne. Après ses premières études primaires de 1909 à 1912, il fait des études secondaires en différentes institutions: collège Saint-Jean-Baptiste de La Salle à Porto Alegre, à Chaves, à Garibaldi. Il fréquente aussi un institut, d’arts et métiers au Brésil. En compagnie d’un oncle cistercien, il passe les années 1912 et 1913 à voyager, visite le Congo et remonte jusqu’en Palestine. Il retourne au Brésil et fait des études latines au séminaire de Sao-Leopoldo, de 1914 à 1918. Il revient en Europe avec son oncle et s’arrête en 1918 au noviciat de Notre-Dame de Lumières (Vaucluse). Le 29 septembre 1919, il entre au noviciat à Louvain, en Belgique, et reçoit à Saint-Gérard l’habit religieux, sous le nom de Frère José. Désormais sa vie s’écoule normalement selon le programme de formation des jeunes religieux. Il prononce ses premiers vœux le 1er octobre 1920 à Saint-Gérard, étudie la philosophie à Taintegnies (1921-1923). Profès perpétuel le 1er octobre 1923 à Louvain, il étudie la théologie à Louvain de 1923 à 1927. Il est ordonné prêtre le 24 juillet 1927. Durant ses années de formation, le Frère José s’est révélé comme un être original, un peu à part. Etant à moitié sud-Américain, ses confrères le plaisantent volontiers, mais lui ne s’en émeut guère et n’en organise pas moins sa vie à sa manière. Il ne manque ni d’intelligence ni de qualités pratiques. Après son ordination, le P. José part tout naturellement pour l’Amérique du Sud qui est sa seconde patrie. Il connaît bien l’espagnol, le portugais, l’italien et un peu l’allemand. La communauté de Rio n’est pas encore fondée (1935),

la première résidence du P. José se trouve être Santos Lugares en Argentine où il travaille trois ans, de 1927 à 1930. Affecté ensuite à la maison de Belgrano à Buenos-Aires, il entend faire d’une chapelle dédiée à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus une sorte de centre national argentin de dévotion à la sainte de Lisieux. Il se dépense en ce sens de 1930 à 1934. L’idée le prend de créer une nouvelle congrégation de l’Assomption féminine, sans but précis ni originalité de spiritualité ou d’apostolat (1). Pendant toute cette période agitée et même tourmentée, il ne manque ni d’idées, ni d’esprit d’entreprise ni sans doute d’erreurs. Il est obligé de quitter Belgrano où l’on commence à s’inquiéter d’un zèle un peu désordonné. Il va passer deux ans à Conception au Chili et en 1936 il rentre en France. Devenu un peu encombrant, frappé de sanctions canoniques, il est ballotté entre différentes communautés: l’obéissance lui fixe successivement comme résidences l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire), de 1936 à 1945, puis la maison voisine de Blou. Il y assure quelques cours. Ce sont pour lui des années de souffrance morale qu’il accepte comme des années de purification. Le Seigneur vient le prendre comme un voleur. Depuis quelque temps, le souci de sa santé tourmente de plus en plus le P. José. Le mardi 13 mai 1947, vers 11 heures du matin, sans symptôme précurseur, il est emporté par une crise cardiaque. Les obsèques du P. Moreau sont célébrées le jeudi 15 mal. Son corps repose auprès de celui du P. Avit Chapuis (1884-1946), l’aumônier des Sœurs Oblates à Jalesnes décédé le premier janvier 1946, dans la chapelle funéraire de la propriété de Blou (Maine-et-Loire). (1) Prudent le P. Gervais Quenard, consulté, estime devoir répondre au Père Moreau qu’à mes yeux, autant que je puisse vous connaître, rien ne semble vous désigner pour la mission exceptionnelle d’être un nouveau fondateur. Comme supérieur responsable de l’activité de l’Assomption, je vous demande de laisser désormais tout ce qui peut toucher à la réalisation d’une pareille idée. Quant aux personnes qui offraient leur dévouement, je leur conseille de le réaliser soit en entrant dans une des innombrables congrégations existantes, soit en travaillant dans le monde aux oeuvres qu’elles aiment le plus.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille, 1947, no 30, p. 142. Circulaire du P. Régis Escoubas, 14 mai 1947. Lettre du P. José Moreau au P. Gervais Quenard, novembre 1934. Dans les ACR, quelques correspondances (1926-1936).