Joseph de la Croix (Joseph) POLGE – 1876-1928

Paris, 1904. « Depuis que je suis ici à Paris, je n’ai visité que le n° 129
et la Bonne Presse. J’étais souvent au 129 pour aider Père Athanase
[Vanhove] dans la propagande pour le XXVIIIème
[pèlerinage], ceci est tout naturel pour un Jérosolymitain
(sic). Il a fait une grande quantité d’adresses et c’est en cela que j’ai
pu lui être utile. Il est impossible de sortir, tellement il fait chaud,
presque aussi chaud que dans le désert de Bostra [Syrie]. Certains jours on
a eu à l’intérieur jusqu’à 3l’. Je suis tout de même sorti un peu. Je suis
allé deux fois à Livry: la première fois j’y ai passé une après-midi avec
le P. Claudien [Brunei],
et la seconde fois j’y suis allé faire ma retraite du mois, un dimanche
matin. Comme c’est triste de voir Livry dans cet état. La chapelle si jolie
autrefois est maintenant privée de ses moines. Les allées du bois, les
étangs, les deux grottes, tout cela est abîmé par le temps et les
maraudeurs!
J’ai passé une délicieuse journée auprès de nos chers morts, les seuls
gardiens religieux du couvent. Au moins, eux, on ne les expulsera pas. Ma
solitude n’a été troublée que par les souvenirs joyeux et tristes, autant
des distractions que je n’ai pas chassées, car elles m’ont fait du bien ».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Lyon. Au service de la mission d’Orient. Joseph Polge (1) est né le 31 juillet 1876 au lieu-dit Roche-Sadoule, commune de Robiac dans le Gard, au diocèse de Nîmes. Il fait ses études primaires à Milhaud (Gard), chez les Frères Maristes, avant d’entrer à l’alumnat de Villecomtesse (Yonne) où il achève ses études secondaires (1889-1894). Il prend l’habit le 27 décembre 1894 au noviciat d’Orient, à Phanaraki (Turquie d’Asie), sous le nom de Frère Joseph de la Croix. Il y prononce ses premiers vœux le 27 décembre 1895 et connaît très vite différents postes de la mission assomptionniste en Turquie: Eski-Chêïr (1896), Konia (1897-1899) où il prononce ses vœux perpétuels, le 11 janvier 1898. Après une année d’enseignement (1899-1900) à Koum-Kapou, quartier de la rive européenne d’Istanbul, le Frère Joseph de la Croix est envoyé à Jérusalem pour ses études ecclésiastiques (1900- 1904). Il y est ordonné prêtre le ler mai 1904 par Mgr Piavi. Il est de nouveau employé, après un court passage à Paris (1904), à divers ministères dans des postes de la mission d’Orient: service paroissial à Zongouldak sur les bords de la Mer Noire en Turquie, professorat à Eski-Chéïr (1908- 1909), économat à Andrinople en Turquie d’Europe (1909-1910) et à Brousse (1910-1914). Au début des hostilités de la première guerre mondiale, il est expulsé de Turquie. Rentré en France, il est tout d’abord mobilisé, mais très vite libéré de toute obligation nùlitaire en raison de sa petite taille et d’un embonpoint handicapant. Il se rend alors utile dans le service paroissial à Uzès (Gard), église Saint-Etienne, pendant trois ans (1914-1917). On le rappelle comme professeur à l’alumnat de Vinovo dans le Piémont (Italie), de 1917 à 1918. Pendant quelques mois (mai-décembre 1918), il rend le service de l’aumônerie A.A au pensionnat des Ursulines à Sonunières (Gard). Les supérieurs l’affectent de nouveau à la mission d’Orient, en raison de sa connaissance de la langue turque. Il rejoint Brousse de 1919 à 1923. En 1923, il revient en Europe et obtient de Rome un indult d’exclaustration provisoire afin de subvenir aux besoins de ses parents âgés qu’il prend en charge auprès de lui, M. Henri Poige et Olympe née Cruvier. NEs au service de son diocèse d’origine, Nîmes, il est nommé curé de Sanilhac et de Sagriès, près de Collias, (1923-1928). C’est à ce poste qu’il trouve la mort, suite à une pneumonie, le 25 avril 1928, à l’âge de 52 ans. Il est inhumé, le jeudi 26 avril, au cimetière de Sanilhac, tout près de la croix centrale. Un prêtre-modèle. Chargé de deux paroisses, séparées l’une de l’autre par une distance de cinq km, le P. Joseph peut les desservir grâce à l’acquisition d’une petite voiture. Resté très attaché, malgré sa situation d’isolé, à sa famille spirituelle par toutes les fibres de son cœur, il ne cesse d’exprimer qu’un désir, celui de rentrer le plus vite possible au bercail, selon son expression. Il vit très pauvrement dans son presbytère, ne s’accordant aucune facilité ou confort. Il n’omet jamais de participer à la retraite annuelle des religieux. Profondément dévoué à ses paroissiens, il gagne leur affection et leur assure une nouvelle vitalité grâce à ses initiatives apostoliques. L’élection à la mairie de Sanilhac de M. Romanet de Saint-Paulet, candidat catholique déclaré, procure à la paroisse le concours actif de la commune. Il devient possible au P. Joseph d’organiser des groupes d’Union catholique pour les hommes et de Vaillantes pour les jeunes filles. Il forme une chorale, établit des cours de catéchisme supérieur. Il pousse le maire à faire installer l’électricité, il restaure et embellit l’église. Son dernier projet est de faire installer l’eau courante au bénéfice de tous les administrés. (1) Une de ses sœurs devient religieuse Oblate, sous le nom de Marie-Valentine.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion, 1928, n° 267, p. 113; n° 268, p. 121-124. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Lettre du P. Joseph de la Croix Polge au P. Vincent de Paul Bailly, Paris, 18 juillet 1904. Du P. Joseph de la Croix Polge, dans les ACR, correspondances (1903-1927). Notices Biographiques