Joseph (Francois-Marie) CAMUS – 1903-1996

Prisonnier de guerre.
« J’ai reçu le second colis de la
Croix-Rouge; le premier devait sans doute venir de vous. Merci J’ai quitté
le camp depuis le 18 août, après onze mois et demi de séjour, pour
travailler comme manœuvre dans une verre ri e. Situation
50 pour 100 supérieure: 4 prêtres, 1 séminariste, et 25 laïcs forment le
groupe français. Messe et communion quotidiennes. Union de cœur à tous. »
François (Fr. Joseph)
7 septembre 1941. Lettre à la
Dispersion du 30 septembre
1941, n° 844, p. 221.
« J’ai obtenu du P. Zéphyrin
[Sollier] 15 j ours de congé dans ma famille et les voilà expirés.
Auriez-vous la bonté de m’accorder une nouvel le quinzaine? La famille de
mon frère rapatriée du Maroc doit se trouver un gîte et surtout une école
pour les trois enfants. Voilà huit jours que je
vais d’une école 1ibre à l’autre, partout elles regorgent, J’ai
fini par trouver un externat à St-Joseph de Landerneau, mais il reste à
trouver un logement et aider ma belle-
sœur à transporter ses affaires, mon frère est marin de carrière
… »
Fr.Joseph au P. Gervais
Quenard, le 23.09.1945.

Religieux de la Province de France.

Un Breton de la rade de Brest.

François-Marie Camus est né le 13 mars 1903 à Logonna-Daoulas, commune littorale sise à l’extrémité Est de la rade de Brest. Il apprend et exerce le métier de menuisier. En 1925, il fait l’expérience de la vie religieuse à Saint-Maur pendant 8 mois et prend l’habit à Taintegnies, près de Tournai en Belgique, le 31 octobre. Il est un novice fervent, édifiant et mortifié, déjà bon religieux à tout point de vue. Il fait profession le 1er novembre 1926. C’est l’époque où les Provinces, créées trois ans plus tôt, s’organisent et vont se développer rapidement. « Un menuisier expérimenté, pas un bricoleur, c’est chose rare et précieuse ». Aussi le Frère va-t-il faire le tour de toutes les communautés de la Province de Bordeaux de l’époque.

Dans la tradition du religieux-voyageur.

À regarder le curriculum vitae du Fr. Joseph, on s’aperçoit que de nombreuses implantations ont bénéficié de sa présence et de son travail:

1926-1927: maison provinciale de Bordeaux- Caudéran et chapelle Notre-Dame de Salut (chapelle Balaresque agrandie et inaugurée en avril 1926).

1927-1928: alumnat de Saint-Maur (Maine-et- Loire).

1928-1931: alumnat de Melle (Deux-Sèvres), ouvert en septembre 1926, où le frère joseph prononce ses vœux perpétuels le 22 novembre 1929.

1931-1934: alumnat de Cahuzac (Gers), ouvert en octobre 1931.

1934-1935: noviciat de Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime), ouvert en janvier 1934.

1935-1937: alumnat de Cavalerie (Dordogne) qui, aménagé en 5 mois par six équipes d’ouvriers, ouvre ses portes le 30 septembre 1935.

1937-1939: maison des vocations tardives, près de Saumur (Maine-et-Loire), ouverte en 1934. 1939-1943: Frère Joseph est mobilisé, fait prisonnier et déporté dans des camps de travail en Allemagne.

Prisonnier de guerre. « J’ai reçu le second colis de la Croix-Rouge; le premier devait sans doute venir de vous. Merci J’ai quitté le camp depuis le 18 août, après onze mois et demi de séjour, pour travailler comme manœuvre dans une verre ri e. Situation 50 pour 100 supérieure: 4 prêtres, 1 séminariste, et 25 laïcs forment le groupe français. Messe et communion quotidiennes. Union de cœur à tous. » François (Fr. Joseph) 7 septembre 1941. Lettre à la Dispersion du 30 septembre 1941, n° 844, p. 221. « J’ai obtenu du P. Zéphyrin [Sollier] 15 j ours de congé dans ma famille et les voilà expirés. Auriez-vous la bonté de m’accorder une nouvel le quinzaine? La famille de mon frère rapatriée du Maroc doit se trouver un gîte et surtout une école pour les trois enfants. Voilà huit jours que je vais d’une école 1ibre à l’autre, partout elles regorgent, J’ai fini par trouver un externat à St-Joseph de Landerneau, mais il reste à trouver un logement et aider ma belle- sœur à transporter ses affaires, mon frère est marin de carrière … » Fr.Joseph au P. Gervais Quenard, le 23.09.1945.

Notices Biographiques A.A 1943-1957: alumnat de Cavalerie où il s’occupe aussi de produire des légumes. 1957-1963: alumnat d’Eugénopolis au Brésil, ouvert en 1955, dont la construction vient de s’achever. Embarqué à Barcelone le 23 juin 1957, Fr. Joseph fait-part de sa découverte du nouveau monde: « Nous sommes arrivés en rade de Rio de Janeiro, jeudi 4 juillet, à 11 heures, par temps couvert, ce qui n’a pas permis d’apprécier la beauté de la capitale et de ses environs; nous en avions une idée tout de même à la vue de ces îlots, rochers et presqu’îles aux contours si variés, que dominent de nombreux sommets noyés de brume, hélas. Il fait une température idéale, absolument bienfaisante, à la suite de la ‘ligne’ et de ses abords, car le baptême n’a pas suffi pour nous rafraîchir. Le voyage a été merveilleux. Il n’y avait comme prêtre à bord qu’un Bénédictin hongrois et un jésuite, en plus de nos trois Pères: Alanou, Solans et Astete, d’où grande facilité pour les messes. Nous étions très considérés à bord; avions pour nous quatre une cabine à 6 places, bien aérée et tout à fait confortable: chance inespérée. À table, c’était non seulement le luxe, mais l’abondance. Les garçons se mettaient en quatre au moindre désir exprimé; nous étions gavés. Le temps a passé inaperçu: ayant le gros avantage d’être toujours entre nous, on en a profité pour s’amuser comme de grands enfants et nul n’a eu le temps de penser à la patrie que l’on venait de laisser, du moins pas celui de brasser des regrets … ». 1963-1965: alumnat (éphémère) de Portela fondé en 1962. 1965: Eugénopolis, de mars à septembre. Malade, le Fr. Joseph s’embarque sur le cargo Vulcain qui, après escale à Norfolk, doit atteindre Zeebrugge le 1er novembre. Il passe quelques semaines en Bretagne et rejoint Bordeaux pour y subir des interventions chirurgicales. Il est ensuite nommé au séminaire de Layrac (Lot-et-Garonne) où il arrive au cours de l’été de 1966. Dans la paix du Prieuré de Layrac.

Le Frère Joseph reprend peu à peu toutes ses activités et se dévoue aussi longtemps que ses forces le lui permettent: il se spécialise dans l’environnement, l’aménagement du vallon, entretenant jardins et parterres, faisant fleurir ses clopinettes. Il devient presque aveugle et ne se déplace plus qu’avec difficulté, mais il reste serein et courageux: Tout va très bien, ne vous inquiétez pas pour moi, pour le macaque. Il finit par vivre en reclus dans sa chambre, restant attentif à la vie, aux joies et aux épreuves de la communauté et de la Congrégation, fidèle dans sa prière et ses affections. Il meurt le jeudi 21 mars 1996 à Layrac. Ses obsèques, présidées par le P. Rospide, sont célébrées le 23 suivant. Il repose dans le caveau de l’Assomption à Layrac.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Assomption France, Nécrologie 1996, p. 353-355. Documents Assomption, Nécrologe (VII) 1996-1997, p. 6-8. Documents Assomption, Nécrologe VII (1996-1997), p. Les ACR ont conservé trois correspondances du Fr. Joseph Camus: 1941, 1945 et 1957. Lettre à la Famille 1957, n° 237, p. 124. Lettre à la Dispersion 1941, n° 844, p. 221.