Joseph (Gaston-Emile) DEBOURCES – 1912-1953

Parabole.
«Le Frère Jardinier reçoit en gérance, pour le faire fleurir, une parcelle
de l’unique jardin de Dieu, une terre grande comme le cœur d’un jardinier.
Avec ses mains de tendresse, il l’a labouré, il l’a ratissée, nourrie,
arrosée, il l’a regardée comme on regarde un trésor devant lequel on
s’émerveille. Chaque jour il prend du temps pour sa terre. Ses grandes
mains malhabiles s’habillent
de douceur, pour se faire pardonner les blessures que font les outils quand
il fait bien son métier. Un jour, à l’heure de la paix du soir, il vient
s’asseoir à califourchon sur une vieille chaise pour
mieux regarder sa terre. Il voit apparaître une fleur qu’il ne connaît pas
encore et qu’il n’a pas plantée. Il se penche pour l’arracher, mais les
racines sont profondes. Il se met à l’aimer et du même coup il se rappelle
que cette terre, cet enfant, n’est pas le sien, elle est une parcelle du
grand jardin de Dieu lui le Semeur qui depuis longtemps a jeté la semence.
A quoi sert donc le jardinier’? À l’essentiel, car toute fleur a besoin
qu’on la regarde, qu’on l’écoute, qu’on l’arrose et qu’on l’aime, elle a
besoin du jardinier pour vivre une bienheureuse complicité
».

Joseph (Gaston-Emile) DEBOURCES

1912-1953

Religieux de la Province de Belgique.

Un religieux professionnellement qualifié.

Gaston-Emile Debources est né le 18 août 1912 à Hansinelle province belge de Namur, village dépendant de la paroisse de Morialmé où il est baptisé le 25 août et confirmé en 1924. Son école primaire terminée, il passe deux ans à l’école moyenne de l’Institut Saint-Joseph de Florennes. Il apprend ensuite le métier de raboteur-fraiseur en fer, et plus tard, par suite du chômage, entre comme trieur dans un magasin d’une fabrique de céramique de Moriaimé. La mobilisation de l’armée en 1939 le requiert et, en mai 1940, il est emmené en captivité en Allemagne où il reste jusqu’à la libération de mai 1945. Quelques mois à peine après son retour, il demande son admission comme postulant frère convers au noviciat de Taintegnies. Il prend l’habit le 21 avril 1946 sous le nom de Frère Joseph et prononce ses premiers vœux le 4 mai 1947. Le P. Stéphane Lowet, son maître des novices, le présente ainsi: « Mon impression sur le Frère Joseph est excellente. Il a un caractère qui s’émeut vite et à ces moments-là, il ne faut pas l’exaspérer. Sinon, il est doux et souriant, dévoué, sérieux et pondéré. Il sait que son service sera celui du travail manuel et il en sait en abattre ». Après le temps du noviciat, en 1947, le Frère Gérard est envoyé au scolasticat de Saint-Gérard (1947-1948). L’année suivante, il part pour Hal où s’installe le scolasticat de théologie. En 1949, il revient à Saint- Gérard qu’il ne va plus quitter et où il s’occupe principalement du jardin potager (1949-1953). C’est là qu’il prononce ses vœux perpétuels le 4 mai 1950. Il est découvert mort le 8 mai 1933, à 41 ans. Personne ne peut comprendre son geste de désespéré. Ses obsèques sont célébrées à l’abbaye de Saint-Gérard le lundi 11 mai 1953. Le corps du Frère est inhumé dans la journée à Morialmé, au caveau familial.

Personnalité.

Le Frère Joseph n’a passé que peu d’années, sept seulement, à l’Assomption, mais il laisse le souvenir d’un religieux exemplaire. Dans sa paroisse natale, formé à l’Action catholique des jocistes depuis l’âge de 16 ans, il s’est vu confier plus d’une fois la direction de I’œuvre locale. Pendant 4 ans président, puis secrétaire-trésorier du mouvement syndical et secrétaire de la Ligue des travailleurs chrétiens, il se montre un membre à la fois très actif et très modeste de ces mouvements et des activités paroissiales de son village. Il est l’un de ceux sur lesquels il est possible de s’appuyer, aux dires mêmes de son curé, pour réaliser une action délicate. Généreux dans le don de sa vie comme laïc, il l’est tout autant comme religieux lorsqu’il écrit, au moment de son admission, au P. Dieudonné Dautrebande Provincial,: « Vous ferez de moi ce que vous voudrez, voire volonté sera la mienne ». Les rapports de ses différents Supérieurs concordent tous sur les dispositions heureuses du Frère Joseph à la vie religieuse: simplicité, dévouement, piété, esprit d’obéissance. « Le Frère Joseph, vu son âge, édifie beaucoup par sa simplicité, sa docilité, son esprit religieux, sa charité et son dévouement. Il a compris la beauté surnaturelle de la vocation de frère convers et il s’applique sans bruit mais efficacement à la réaliser de son mieux » écrit en avril 1950 le P. François-Joseph Thonnard pour le rapport d’admission à la profession perpétuelle. Un moment même, le Frère Joseph s’est cru appelé à la vie de la Trappe et il a tenté une expérience en ce sens à Forges-lez-Chimay. C’est la sagesse des Pères Trappistes qui l’a conduit à retourner de préférence vers la vie assomptionniste, sans changer de voie, mais en y approfondissant sa demande de silence et de recueillement. Frère Joseph revint paisiblement à Saint-Gérard, ne désirant vivre que là où Dieu pouvait lui faire signe de sa volonté. Ce sont les parents du frère qui ont demandé à ce que son corps soit inhumé à Morialmé.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1954, p. 69. Lettre à la Famille 1953, n°, p. 43-44. Contacts (bulletin de la Province de Belgique), n° 15, P.2 JUIN 1953. Foyer Assomptioniste (Revue bimestrielle des scolasticats assomptionistes de Belgique), novembre 1953, n° 40 p.23-24. Notices Biographiques