Joseph (Joseph-Yves-Marie) PELLEAU – 1912-1993

Captivité.
« Certains prisonniers peuvent, paraît-il, écrire assez souvent. Ici, nous
n’avons pas ce bonheur, aussi vous m’excuserez de ne pas vous avoir encore
écrit. C’est bientôt la fête de Pâques. Je suis heureux de vous offrir mes
meilleurs vœux à cette occasion. Ici, malheureusement, nous ne pourrons pas
même assister à la sainte messe, ni à plus forte raison faire nos Pâques.
Ne
m’oubliez pas dans vos bonnes prières. Merci pour tous vos colis».
ler avril 1941.
« Notre captivité se prolonge, mais malgré tout, le moral parmi nous , du
moins dans ce Commando, est excellent. Nous nous réjouissons de voir les
fêtes de Noël arriver, car elles nous permettront de nous
reposer durant deux jours. Que pouvons-nous, pauvres prisonniers, implorer
du divin Enfançon de la crèche, si ce n’est qu’il accorde au monde la paix
qu’il est venu lui-même nous apporter sur la terre? Ayons confiance en Lui
et il nous l’accordera. Recevez donc, mon Père, mes vœux de fête ainsi que
mes souhaits de bonne et sainte année 1942 ».
21 décembre 1941. Correspondances de guerre du P. Joseph.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de France. Un enfant de la Bretagne. Joseph Pelléau est né le 14 juillet 1912 à Plouguin (Finistère). Il est baptisé le même jour. Il devient alumniste à Saint-Maur (Maine-et-Loire) de 1924 à 1929, puis à Melle (Deux-Sèvres), de 1929 à 1931. Il prend l’habit au noviciat de Scy-Chazelles (Moselle), le 4 octobre 1931 et fait profession le 5 octobre 1932 à Nozeroy (Jura) où le noviciat a émigré onze mois plus tôt. Il retourne à Scy- Chazelles pour trois années de philosophie (1932- 1935), accomplit son temps de service militaire et commence sa théologie à Lormoy (Essonne) en 1936. Le P. Fulbert Cayré, supérieur de Lormoy, écrit pour son admission à la profession perpétuelle, émise le 31 octobre 1937 à Lormoy: « Le Frère Joseph est une âme de bonne volonté, peu douée, mais sincèrement attachée à sa vocation. C’est un bon religieux, animé d’intentions droites et fidèle à ses devoirs. De caractère timide, il souffre d’un bégaiement qui le diminue un peu, mais il a très bon caractère ». En 1939 il est mobilisé et peut être ordonné prêtre à Sceaux (Hauts-de-Seine) au cours d’une permission, le 3 décembre 1939. Son premier champ d’apostolat est l’armée, suivie des camps de prisonniers en Allemagne, dès le 5 juin 1940. Il ne peut terminer ses études de théologie à Lormoy qu’en 1945-1946. Services et ministères. La vie active du P. Joseph se partage désormais entre l’éducation et, surtout, la paroisse. Il est successivement de 1946 à 1953 économe à l’alumnat de Cahuzac (Gers) pendant deux ans, puis curé des villages de Maurens, Juilles et Marrox. De 1953 à 1958 il exerce les fonctions de surveillant au collège Saint-Caprais d’Agen (Lot-et-Garonne). De 1958 à 1961 il est vicaire à ,Angoulême et à Soyaux (Charente). De 1961 à 1962, A.A il passe éducateur à l’orphelinat de la Grande-Allée à Toulouse (Haute- Garonne). De 1962 à 1971, il exerce un ministère paroissial comme vicaire dans le secteur de Fumel (Lot-et- Garonne). De 1971 à 1984, il passe vicaire à Layrac (Lot-et-Garonne). A partir de septembre 1984, le Père Joseph est au repos au prieuré de Layrac où il vit dans la fidélité à sa famille, aux diverses communautés et aux personnes qu’il a évangélisées, lisant et relisant les lettres qu’il reçoit (1). Les derniers mois de sa vie en 1993, ses forces déclinent. Il en a bien conscience lui- même et dit à ses confrères: « C’est bientôt la fin ». Toujours il garde sa piété, sa générosité de cœur, son affabilité et son extrême gentillesse. Le P. Joseph meurt à la clinique Saint-Hilaire d’Agen, le lundi 20 décembre 1993. Ses obsèques sont célébrées à Layrac le mercredi 22. A la communauté se sont joints quelques membres de sa famille, les religieux du sud-ouest et des paroissiens de Layrac. Le P. Ernest Kermarrec dans son homélie trace le fidèle portrait du P. Joseph: « Comme le vieillard Syrnéon, le P. Joseph a été un homme juste et pieux. Sa mort nous apparait aujourd’hui comme un accomplissement. c’est le couronnement d’une vie humble et bien remplie. L’Esprit Saint qui l’animait et l’éclairait de l’intérieur a été son guide au long de son parcours apostolique. A Soyaux où il a vécu il y a plus de trente ans, on a gardé le souvenir de son caractère aimable et souriant, des paroles de réconfort et d’encouragement qu’il apportait aux familles en difficulté. Dans une réunion de chrétiens à laquelle je participais hier, on a évoqué son entrain à l’époque où l’on construisait l’église Saint-Joseph Artisan. Aujourd’hui nous récoltons ce qu’il a semé: il est sûrement pour quelque chose dans le courant de sympathie que nous rencontrons. Sa foi profonde, sa disponibilité permanente lui ont permis de creuser en terre de Charente un sillon où le grain a poussé ». Ce qu’il fut à Soyaux, le Père Joseph ne l’a-t- il pas été partout où il est passé? (1) Du Père François Rumeau, le jour des obsèques du P. Joseph, à Layrac.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 129-130. Assomption-France, Nécrologie années 1992-1993, p. 291-292. Notices Biographiques