Joseph Le Borgne – 1936-2018

Joseph Le Borgne est un breton, du Finistère, né à Brignogan le 8 janvier 1936, dans une famille de 11 enfants, de Jean-Marie le papa et Joséphine Castel la maman. 3 d’entre eux s’orienteront vers la vie religieuse : une sœur religieuse franciscaine, un frère de Saint-Jacques d’Haïti et Joseph, qui
se fera assomptionniste, à la suite de ses études chez eux.
Joseph entre, en effet, à Saint-Maur, alumnat de grammaire, (Maine-et-Loire) en 1948-1952 ; poursuit ses études d’humanité à Cavalerie (Prigonrieux, en Dordogne) 1952-56 ; entre au noviciat à Pontl’Abbé- d’Arnoult (Charente Maritime) en 1956, prononce ses premiers voeux en 1957 et arrive à Valpré pour des études complémentaires pendant un an (1957-58). Il fera sa philosophie à Layrac de 1958 à 1960. C’est l’année au cours de laquelle il est appelé au service militaire qui se déroule partie à Bitche (Lorraine) partie en Algérie, ceci durant 28 mois ; c’est le temps de la guerre d’Algérie sur laquelle Joseph n’aime pas parler. Ce service accompli, il rentre à Valpré (Lyon) pour ses études de théologie, en 1962. Il prononcera ses vœux perpétuels le 8 décembre 1963 et sera ordonné prêtre le 26 mars 1966 par Mgr Matagrin, alors évêque auxiliaire de Lyon.
Après une année dite « pastorale », année d’initiation à la mission (1966-67) Joseph commence un ministère varié durant
lequel il a connu des expériences multiples en banlieue de grandes villes, en Afrique, en milieu ouvrier, en paroisse, en milieu carcéral. Jeune prêtre il arrive à Melle (Deux-Sèvres) comme vicaire de paroisse, puis il est nommé, un an après, à Fumel (Lot-et-Garonne) où il restera 10 ans. Le Père Joseph dit « aimer le contact humain » et se livre avec passion selon ses propres
mots « pour révéler Jésus Christ dans le cœur et la vie des gens ». Il dit aussi son souci de voir les laïcs prendre davantage de responsabilités. Mais ceci demande du doigté ce qui n’est pas chose facile. En 1977-1978, il prend une année de formation permanente à Tarbes. Ses supérieurs, alors, répondent à ses désirs de mission lointaine. Joseph donne huit années de sa vie
dans le Nord-Kivu (en République Démocratique du Congo), de 1978 à 1986. Il réside à Mbau puis à Butembo, où, entre autres activités, il est aumônier de trois collèges. Il découvre un continent dont il revient marqué à jamais, l’Afrique.
À son retour en France, c’est la banlieue parisienne : Soisy-sur-Seine (1986-87), puis il est nommé curé à Pierrefitte-Stains en Seine-Saint-Denis, de 1987 à 93 et supérieur de communauté durant la même période.
Il reçoit une obédience pour Angoulême-Soyaux de 1993 à 1999. Puis le voici appelé au secteur pastoral de Layrac (Lot-et-Garonne), curé de 1999 à 2003. Une année sabbatique à Toulouse Saint-Exupère (2003-2004) le renouvelle et le prépare à une mission nouvelle : il sera l’aumônier de la prison de l’île de Ré (Charente-Maritime) tout en étant membre de la
communauté de Pont-l’Abbé-d’Arnoult (2004-2011). Il gardera en mémoire cet apostolat auprès des pauvres : accompagner les détenus, les écouter, les respecter, les aider à assumer le mal qu’ils ont pu faire, à retrouver leur dignité était son pain quotidien. Ces vies blessées ont forgé plus encore l’humanité de Joseph qui transparaît dans ses homélies.
Il est appelé à la communauté d’Évry pour une mission pastorale au secteur de Ris-Orangis – Grigny, de 2011 à 2016. Ici comme ailleurs, il essaie de vivre son rêve : « À quand ce monde où l’on se donnerait tous la main… ? » Il travaille encore avec ardeur, mais la maladie qui le guette, sournoise, se déclare. Il doit se retirer à Layrac pour un repos qu’il prend d’abord
au Prieuré (en mai 2016) puis à l’Ehpad Saint-Martin. Il rêve encore d’apostolat mais la mémoire défaille, le raisonnement troublé. En octobre, il doit faire deux séjours à l’hôpital d’Agen. Puis il revient vers ses frères qui le visitent à l’Ehpad, sans qu’il y ait beaucoup de communication. Il dort paisiblement pour, ce mardi 30 octobre dans l’après-midi, ouvrir ses yeux
vers la vraie Lumière.

P. Noël Le Bousse

Bibliographies