Josif (Dimitri Apostol) GUROV – 1888-1968

Une attention fraternelle.
« Il y a quelques jours, lorsque j’ai été à Lorgues à la
sépulture du P. Materne Schaffauser, le P.Josif Gurov a exprimé un désir
dont la réalisation lui ferait bien
plaisir. Le P. Pellegrin, supérieur, est du reste entièrement d’accord. Le
P.Josif qui dit tous les matins la messe en slave, se sert d’un vieux petit
missel dont les pages tombent en lambeaux. Il aimerait en avoir un plus
convenable. Or il m’a dit que le pape JeanXXIII lorsqu’il était encore le
nonce Mgr Roncalli, avait fait imprimer la messe de St-Jean Chrysostome.
L’édition se trouve à Grotta Ferrata. Il y a une autre édition de la messe
slave à Rome, elle est beaucoup plus volumineuse et plus coûteuse, mais
pour lui la
messe de St-Jean Chrysostome lui suffit, car c’est la seule qu’il dise
actuellement. Pourriez- vous la lui procurer et
l’envoyer à Lorgues, aux frais de la maison’? Vous ferez ainsi un heureux
qui vous bénira. Je m’excuse du dérangement que je vous cause, mais je sais
que vous
n’en êtes pas à un service près. Quand vous aurez envoyé
cette messe, dites en Post- Scriptum dans une lettre au P. Provincial que
le P. Josif est servi. Merci ».

Josif (Dimitri Apostol) GUROV

1888-1968

Religieux bulgare de la Province de Lyon.

Eléments biographiques.

Dimitri Apostoi Gurov voit le jour le 29 octobre 1888 à Rousso-Castro, non loin de Bourgas (Bulgarie). Il fait ses études secondaires à Karagatch (1900-1907). Il prend l’habit sous le nom de Frère Josif à Louvain, le 8 septembre 1907 et prononce ses premiers vœux le Il septembre 1908. C’est également à Louvain qu’il poursuit sa formation ecclésiastique: philosophie (1909-1911), théologie (1919-1923). Entre 1911 et 1919, il est envoyé en Orient pour enseigner: Karagatch (1911-1912), Phanaraki (1912-1913), Karagatch (1913-1914), Varna (1914-1915), Philippopoli (1915-1917) et Karagatch (1917-1919). Profès perpétuel à Gempe, le Il septembre 1909, il est ordonné prêtre le 7 septembre 1924 à Kazanlik, dans la chapelle Saint-Joseph, par Mgr Epiphane Chanov, vicaire apostolique pour les Bulgares-Unis. Le P. Josif est nommé professeur à Philippopoli (1924- 1927). Il exerce ensuite son ministère à Varna (1927- 1948), à Plovdiv (1948-1954), à Pravdino près de Yambol (1954-1960), revient à Plovdiv de 1960 à 1965. Sa dernière maison est celle de Lorgues (Var) de 1965 à 1968. Il meurt, à 80 ans, le 14 juillet 1968, à Lorgues où il est inhumé.

Souvenirs du P. Boris Chtipcov sur le P.Josif.

Lorsqu’en 1965, pour légaliser le séjour du P.Josif à Lorgues, on demande un extrait de naissance dans sa commune d’origine, on ne retrouve aucune trace de lui ni à la mairie ni à la paroisse: le jeune état bulgare ne s’embarrasse pas d’archives à conserver! Heureusement le P. Josif s’est avéré meilleur archiviste que les secrétaires de mairie de Rousso- Castro: il a gardé jalousement l’extrait de baptême que lui ont remis ses parents.

J’ai rencontré le P. Josif pour la première fois à Varna en 1943, durant les semaines d’été. Nous étions allés, le P. Jean de la Croix Galland et moi, passer quelques jours sur les sables d’or de la Mer Noire. Le P. Josif nous accompagnait assez souvent, mais nous le voyions assez peu: il nageait comme un poisson. Sitôt arrivé à la plage, il nous plantait là et disparaissait au loin pour ne revenir vers nous qu’à l’heure du départ. A l’époque il occupait à Saint-Michel (Varna), au foyer d’étudiants, un petit réduit encombré de caisses, tapissé d’étagères porteuses de livres et de cahiers. J’ai pu jeter un jour un petit coup d’œil indiscret dans sa chambrette alors qu’il entrait. On n’aurait pas pu y tenir à deux. L’antre du P.Josif avait éveillé ma curiosité. Des renseignement glanés à l’époque, je me souviens seulement que le Père passait là, sans feu, les rudes hivers de Varna. Enveloppé d’une bonne couverture, enfilant des mitaines, il travaillait à ses ‘oeuvres littéraires » De 1927 à 1934, année de la fermeture du collège Si Michel, le P. Josif était professeur de la classe ‘spéciale’ qui accueillait des élèves bulgares du primaire pour les débrouiller en français et leur permettre d’accéder au secondaire. En 1945, le P. Josif reprenait la même tâche à Saint-Augustin (Plovdiv): il le faisait sans enthousiasme, jusqu’en 1948, date de fermeture du collège. De 1934 à 1945, il a assuré des cours de latin au pensionnai Saint- André des Oblates. Sous des dehors bourrus, il cachait sa timidité. Lorsqu’il a été ordonné prêtre en 1924, il n’y avait que le P. Méthode Oustichkov pour l’accompagner. Il en avait gardé quelque amertume, ayant hésité longtemps avant de demander le sacerdoce. Après 1948, le P. Josif accompagna dans leurs travaux les PP. Joseph Loukov et Georges Dochkov qui cherchaient à tirer le meilleur parti de la ferme du collège et à venir en aide à la petite communauté des religieux restés en Bulgarie. En 1952, il ne fut pas inquiété. Il passa alors une année avec le P. Ivan Vitchev et une autre avec le P. Kyril Balabanov, à Kitchuk-Paris, près de Plovdiv. De 1954 à 1960, il devint curé de la petite communauté unie de Pravdino-Dovroukli. je l’ai revu à Lorgues durant J’été 1967, il ne me reconnaissait pas, mais se plaignait de ce que ses jambes ne le portaient plus. Que sont devenues les oeuvres poétiques du P. Josif? Le P. Seryisky, conventuel, avait promis de se charger de leur édition, mais il n’en a eu ni le temps ni les moyens. Les seuls écrits du P. josif qui auront essaimé de ses nombreux cahiers ont paru dans la feuille paroissiale, éditée à Varna par le P. Evariste, passionniste. Le P. Joseph Loukov m’a affirmé que c’est le P. Josif vers 1960 qui s’est fait le professeur de français de Mgr Kokov, évêque de Plovdiv-Sofia, comme vers 1925 le P. Méthode Oustichkov s’était fait le professeur de Mgr Roncalli. Je retiens du P. josif sa modestie et son effacement. Il est arrivé à Lyon- Debrousse le 15 août 1965, à minuit, accompagné d’un prêtre bulgare. Il pouvait à peine marcher, mais il a eu la joie de pouvoir aller au Pèlerinage national de Lourdes cette année là et il en pleurait de joie. je ne sais s’il a regretté de mourir loin de sa patrie. Il a eu une grande joie, celle de finir ses jours parmi ses frères, pleins d’attention et de délicatesse à son égard.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1969, p. 294-295. Lyon-Assomption, octobre 1968, n° 16, p. 12-14. Lettre du P. Ragatien Pellicier au Romain Durand, Lyon, 2 février 1967. Notices Biographiques