Jovien (Joseph-Pierre) BERMOND – 1879-1961

Demande de ‘mise en conformité’.
« Le P. Provincial de Lyon m’a conseillé de demander au P. Général, par
votre bienveillant intermédiaire, l’autorisation de faire un testament, ce
dont aucun de mes supérieurs ne s’était soucié j usqu’à présent.

Après la mort de mes parents, mon frère a géré ma petite part d’héritage.
Puis après la mort de mon frère et de ma belle- soeur, j’ai conc lu un
arrangement à l’amiable avec mon neveu et ma nièce à qui
j’ai laissé mon lot de champs et de prairies, moyennant une somme assez
modique que j’ai placée avec la permission du P. Malvy, si je ne me trompe,
à la caisse d’Epargne. A l’heure actuelle, avec les
intérêts, cette somme approche les 200.000 francs. Mon intention est de
faire célébrer des intentions de messe pour mes chers défunts et de laisser
tout le reste à la Province.

Soyez assez bon pour me dire comment je dois libeller ce testament et pour
m’accorder, comme en 1952, un mois de vacances. Je vous suis très
reconnaissant et respectueusement soumis.

Du P. Jovien à un Père
Assistant, 3 février 1954.

Religieux de la Province de Lyon.

Un enfant de Belleville (Savoie).

Joseph-Pierre est né le 21 avril 1879 à Saint- Jean de Belleville (Savoie), village de Tarentaise qui a donné au moins huit religieux à l’Assomption. A onze ans (1890), il entre à l’ alumnat de Notre- Dame des Châteaux (Savoie) et y reste jusqu’en 1896 avec pour supérieur le P. Théodore Defrance, ex-chartreux devenu assomptionniste. Il passe ensuite à Brian dans la Drôme de 1896 à 1898. Il fait son noviciat à Livry (1896-1897) et à Jérusalem où il étudie la théologie 1898-1903). Devenu Fr. Jovien à sa première profession le 8 septembre 1897, il prononce ses vœux perpétuels le 23 septembre 1898. On lui demande alors 8 ans de professorat, à Plovdiv (1903-1904), à Eski- Chéir (1904-1905), à Koum-Kapou (1905-1906-, à Varna (1906-1908), enfin à Plovdiv (1908- 1914). Ce n’est qu’en juin 1908 qu’il est ordonné prêtre par Mgr. Menini à Plovdiv, sur intervention de son supérieur, le P. Gervais Quenard. La guerre le mobilise longuement de septembrel9l4 jusqu’en octobre 1917, année où il peut reprendre son poste à Plovdiv jusqu’en 1924, après un court intermède à Saint-Maur (1917-1919). Professeur-né, il excelle à rendre son enseignement vivant. Tel est du moins le souvenir laissé.

Un religieux prédicateur et itinérant jusqu’à la fin.

En 1924, le P. Jovien quitte définitivement la Bulgarie pour la France. Il va enseigner deux ans à Saint-Sigismond (1924-1926), puis s’adonne au ministère de la prédication qui a toute sa faveur dans toutes les paroisses environnantes. Chapeau castor sur la tête, parapluie au bras, pendant une vingtaine d’année, il est la figure bien connue des paroisses de la côte méditerranéenne et varoise: Menton-Carnolès (1926-1929), Lorgues (1929- 1931), Marseille (1931-1933),

Notices Biographiques A.A Page : 253/253 Toulon (1933-1954) où il passe une vingtaine d’années comme aumônier des Petites-Sœurs de l’Assomption. Sa parole n’est pas dénuée d’éloquence et son action oratoire de gestuation, à tel point qu’un jour un auditeur, dissimulé derrière l’autel, put facilement suivre sa prédication en regardant les ombres portées sur le mur de la chapelle, doucement éclairée par des becs d’acétylène. L’été, il aime retourner à Saint-Jean de Belleville, son pays natal, où ses sermons bien construits sont apppréciés le dimanche. Il les prononce distinctement avec un volume de voix un peu important, ce qui fait dire aux habitants malicieux qu’il parle pour son frère, Parfait, dur d’oreille! En 1954, le P. Jovien rejoint Lorgues (Var), mais presqu’octogénaire, il ne cesse de prêter son concours à toutes les demandes des départements voisins, de Marseille à Grasse et Draguignan. En décembre 1960, il accepte encore de rendre service aux religieuses Augustines de Pont-de-Beauvoisin (Savoie) comme aumônier provisoire pour un remplacement. Mais le 13 juillet 1961, terrassé par la maladie à la sacristie, il doit être hospitalisé d’urgence. Depuis longtemps, le P. Jovien souffre d’hémorragies. Les médecins diagnostiquent très vite un cancer au tube digestif. La décision est prise de ramener le malade sur Marseille, à l’hôpital Saint-Joseph dont il a été aumônier en 1953-1954. Le dimanche 3 septembre 1961, devant l’aggravation de son mal, le P. Emmanuel Rouiller, curé et supérieur à la paroisse marseillaise du Rouet, lui propose le sacrement des malades. Le malade accepte avec joie, mais retrouvant la parole pendant la cérémonie, il doit être stoppé car son éloquence véhémente retrouve toute sa prolixité d’antan! A la mi-septembre, les médecins estiment que l’hospitalisation ne se justifie plus, étant donné l’état incurable du patient. Le mercredi 20 septembrel961, le P. Jovien rejoint la communauté de Lorgues où son étonnante constitution lui permet de tenir encore pendant 21 jours. C’est le mercredi 21 octobre que le P. Jovien meurt vers 21 heures dans un soupir imperceptible, à l’âge de 82 ans accomplis. Il est inhumé dans le caveau de la propriété de la communauté.

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Bibliographies

Bibliographie : B.O.A. octobre 1962, p. 172-173. Lettre à la Famille 1962, n’, 9. 179-180. Rhin-Guinée, novembre 1961, n° 34, p. 3-6. F.M. Hudry, Tarentasia Christiana, St-Jean de Belleville, 1993, p. 15.