Judicael (Vincent-Pierre-Marie) HEMON – 1919-1987

Sympathie épiscopale.
« Pour l’évêque que je suis, c’est assurément une grâce d’avoir rencontré
sur ma route apostolique, dès mon arrivée à Bordeaux, le P. Hémon, car j’ai
trouvé en lui une connivence profonde pour mettre en oeuvre les
orientations du Concile. Je
garde de toutes mes rencontres avec lui le souvenir d’un frère accueillant,
indulgent, encourageant. Il portait avec moi le souci d’une Eglise présente
aux réalités de ce monde pour y manifester le visage du Christ et, comme
responsable régional des Assomptionnistes, il portait constamment le souci
d’une collaboration active des communautés avec l’Eglise locale. Je l’ai
rencontré pour la dernière fois à l’hôpital, alors qu’il venait d’être
terrassé par
la maladie. Nous nous sommes reconnus et avons communié profondément dans
le même acte de foi en Celui qui nous a rejoints sur ce chemin de la
souffrance et de la nuit pour en faire un chemin de vie et de résurrection.
Plus que jamais, dans le Christ ressuscité et avec Lui, il reste proche de
nous et nous aide à poursuivre la route dans l’espérance ».
Marius Maziers, archevêque de Bordeaux.

Religieux de la Province de France, Vice-Provincial de l’Ouest (1978-1986).

Chemin de vie.

Vincent-Pierre-Marie Hémon est né le 26 octobre 1919 à Guengat (Finistère). Il entre à Saint-Maur (Maine-et-Loire) en 1931, commence ses humanités à Melle (Deux-Sèvres) en 1934 et les termine à Cavalerie (Dordogne) en 1936. Il est admis au noviciat de Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente- Maritime) où il prend l’habit le 27 septembre 1936 sous le nom de Frère Judicaél. Profès le 28 septembre 1937, il suit une année complémentaire à Layrac (Lot-et-Garonne), puis les études de philosophie à Scy-Chazelles (Moselle) de 1938 à 1939 et de théologie à Lormoy (Essonne) où il prononce ses v?ux perpétuels le 29 septembre 1942 et où il est ordonné prêtre le 12 juin 1943. En 1944, il est nommé professeur à l’école Sainte-Barbe de Toulouse (Haute-Garonne). Il y lance la J.E.C. et passe sa licence d’histoire. De 1949 à 1958, il est supérieur de l’alumnat de Cavalerie et, en outre, assistant provincial de Bordeaux de 1952 à 1958. Il est ensuite supérieur du collège Saint-Caprais d’Agen pendant six ans. En 1964, il devient curé de Notre-Dame de Salut à Caudéran (Gironde) et supérieur de la communauté. En 1973, il est premier assistant provincial. En septembre 1977, il quitte Caudéran et participe à la fondation de la communauté de Pessac, avenue Saint-Aignan dans la banlieue bordelaise, qui se consacre à des apostolats diversifiés. Lui-même s’occupe de groupes d’Action catholique de milieux indépendants. En septembre 1978, lorsque les Provinces en France sont unifiées, il est nommé Vice-Provincial de l’Ouest et le reste jusqu’à l’automne de 1986. En septembre 1982, la communauté de Pessac s’établit au n° 1 de l’Allée Bois de Bernis et les bureaux de la Vice-Province sont transférés en 1984 au n° 15 de la même voie.

Lors de la tenue du Conseil provincial à Paris, les 17-18 octobre 1986, il est frappé subitement d’une attaque. Conduit par le SAMU à l’hôpital Cochin, il reste hémiplégique. Transféré à Bordeaux, devant son état de santé très préoccupant, il accepte de remettre sa charge qui passe au P. Raphaël Le Gleuher. Le 18 novembre 1986, il rejoint la communauté de Layrac. Il y meurt le 2 juillet 1987, à 68 ans. Ses obsèques sont célébrées le 4 juillet, sous la présidence de Mgr Sabin Saint-Gaudens.

De l’homélie du P. Claude Maréchal.

« Que de fois Vincent n’est-il pas revenu à cette affirmation centrale de notre Règle de Vie? Jésus Christ, son Règne, son Eglise: Vincent n’était pas pour rien un disciple du Père dAlzon, notre fondateur, qu’il fréquentait, qu’il méditait. C’était un passionné de Jésus Christ s’émerveillant, comme saint Paul du ‘mystère resté caché depuis des siècles et des générations et qui, maintenant, vient d’être manifesté à ses saints: c’est le Christ parmi vous, l’espérance de la gloire’. Tout a été créé par lui et pour lui, ç’aurait pu être sa devise. Sa hantise n’était autre que celle de Paul: ‘Ce Christ, nous l’annonçons, avertissant tout homme et instruisant tout homme en toute sagesse, afin de rendre tout homme parfait dans le Christ’. Car Dieu sait qu’il était conscient d’être devenu, lui aussi, ministre de l?Eglise en vertu de la charge que Dieu lui avait confiée de réaliser l’avènement de sa Parole. À tel point que, de son propre aveu, il avait sacrifié presque toutes ses amitiés, bordelaises et autres, pour être totalement, comme vice- provincial, au service de ses frères assomptionnistes dont il avait la charge. Lui qui savait tout de leurs faiblesses ne cessait d’admirer l’oeuvre de Dieu en eux. Que de fois n’a-t-il pas dit qu’il débordait de joie et de reconnaissance à la vue de tant de merveilles! Bien sûr qu’il nous embellissait, mais qui sait? peut-être nous voyait-il avec les yeux de Dieu… Chacun sait qu’un religieux est lié à une Règle. La Règle de Vie, Vincent l’a lue et relue; il y renvoyait sans cesse, il s’y sentait si bien qu?il l’a incorporée. Et c’est vrai qu’elle lui convenait comme un gant… ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p. 10-11. ART Informations, 1973, n°41, p. 2. Assomption-France, Nécrologie année 1987, p.127-130. Voulez-Vous? (bulletin de Layrac), 1987, n° 141, p. 24-28. Du P. Judicaël Hémon, dans les ACR, articles dans la revue Lilium (1949-1958), réflexion sur les collèges et les vocations assomptionnistes (1964), correspondances (1950-1961), rapports sur Cavalerie (1949-1958), sur le collège d’Agen (1958-1963), sur Bordeaux- Caudéran (1966), circulaires aux religieux de la Vice-Province de l’Ouest.