Jules GLAD – 1922-1987

Circonstances exceptionnelles.
« Vu les circonstances actuelles, en particulier la mobilisation à partir
du 1er avril de la classe 42, nous venons FF. Théophane Brégier, Vincent
Haut et Jules Glad votre serviteur, tous trois alsaciens partis de chez eux
depuis 4 ou 5 ans, vous solliciter de bien vouloir nous accorder quelques
jours de détente dans nos familles, si vous le jugez opportun. Par contre,
nous voudrions que notre seconde année de philosophie avec l’examen de
février comptât. En tout ceci, mon Père, nous vous laissons juge et
resterons soumis à votre entière décision.
Daignez agréer l’hommage du profond respect avec lequel nous avons
l’honneur d’être mon R. Père vos fils bien soumis ». Fr. Jules Glad, Fr.
Théophane Brégler, Fr Vincent Haut.

Layrac, le 3 mars 1945.

Au dos: Décision prise par Lormoy, nous les autorisons suivant les cas
d’urgence soit à aller dès maintenant passer 3 ou 4 semaines chez eux avec
ordre de rentrer à Quasimodo pour continuer leurs études, soit d’attendre
le moment encore incertain de leur appel pour aller chez eux avant
l’incorporation.

Jules GLAD

1922-1987

Religieux de la Province de France.

Formation avant, pendant et après guerre.

Jules Glad est né le 10 février 1922 à Macheren (Moselle). Après avoir été alumniste à Scy-Chazelles (Moselle), de 1937 à 1938, et à Miribel-les-Echelles (Isère), de 1938 à 1941, il prend l’habit religieux à Layrac (Lot-et-Garonne), le 15 octobre 1941. Il prononce ses premiers vœux le 16 octobre 1942 à Cavalerie (Dordogne) où s’est ouvert un noviciat provisoire pour la zone libre. Il garde son prénom de baptême, Jules (1). Après un an aux Chantiers de jeunesse (1942-1943), il peut revenir à Layrac pour étudier la philosophie (1943-1945). Il fait ses études de théologie à Lormoy (Essonne) pendant une année (1945-1946) et pendant deux ans à Scy-Chazelles (1946-1948) pour terminer à Valpré (Rhône) où il est ordonné prêtre le 11 février 1949. Il est profès perpétuel à Scy depuis le 16 octobre 1946.

Emplois et résidences.

Deux mots résument le ministère sacerdotal du père Père Jules: l’enseignement et la paroisse. Il passe deux ans au collège de Briey (Meurthe-et-Moselle), de 1949 à 1951, trois ans à l’alumnat Ste-Jeanne-d’Arc de Scy-Chazelles (1951-1954), neuf ans au collège d’Alzon à Bône en Algérie (1954-1962) et six à l’alumnat Sainte-Odile de Scherwiller (Bas-Rhin), de 1962 à 1966. Ce sont quatre lustres au service de la jeunesse (2). De 1969 à 1975, le P. Jules Glad est nommé vicaire à Marseille-Capelette, avec une interruption pour une année de formation et recyclage (1972-1973) à l’Institut catholique de Toulouse de (Haute-Garonne). En janvier 1975, il est nommé à Vellexon (Haute-Saône) et est chargé des paroisses rurales de Vézet et de Saint-Gand qu’il dessert jusqu’à la fin de l’été 1987. Le P. Jules est décédé à l’hôpital de Besançon (Doubs) le 1er novembre 1987, après quelques semaines de maladie.

La presse locale relata ses obsèques qui furent célébrées devant un grand nombre de fidèles de ses paroisses et des paroisses environnantes. Y participèrent le vicaire épiscopal, l’abbé Viennet, représentant Mgr Lucien Daloz (3) retenu à Lourdes, le Vice-Président du Conseil Général, 27 prêtres ou Assomptionnistes, des Petites-Sœurs de l’Assomption de la communauté de Vellexon patrie du P. Pernet, les maires de Vézet et de Saint-Gand qui surent trouver les mots justes pour retracer la vie du défunt au service des paroisses de Haute-Saône. Laissons le journaliste conclure:

« Le P. Jules Glad laissera parmi ses paroissiens le souvenir d’un prêtre dévoué, prenant part aux joies et aux peines de chacun, ne ménageant pas ses visites lorsque le besoin s’en faisait sentir. A sa famille attristée par des deuils successifs et récen ts, nous présen tons nos condoléances ».

(1) La meilleure raison est sans doute qu’à cette date, dans les limites de la Province de Lyon d’alors, aucun autre religieux ne porte ce prénom. Le Père Jules Boutry, de la Province de Paris, est mort le 30 janvier 1942. Le martyrologe ne compte pas moins de neuf Saint Jules.

(2) On peut remarquer un ‘trou’ dans la chronologie biographique du P. Jules Glad. Nous n’avons rien trouvé à son sujet correspondant à ces trois années 1966-1969, à part les indications sommaires de la Répartition des religieux (1966-1967) P. Glad à la communauté de Scherwiller, deuxième conseiller; (1967-1968): idem-, (1968-1969): la répartition n’a pas paru. Ce qui revient à dire que la chronologie dressée n’est pas exempte d’erreurs ou d’approximations, volontaires ou involontaires, pour des raisons que nous ne pouvons que conjecturer. Cette omission provient peut-être du fait que le P. Jules Glad s’est trouvé à un moment donné en difficulté avec la police des mœurs.

(3) Mgr Lucien Daloz, né en 1930, est archevêque de Besançon depuis 1980. Son archidiocèse recouvre les départements du Doubs et de la Haute-Saône.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p. 16-17. Assomption-France, Nécrologie année 1987, p. 132. Dans les ACR, une seule correspondance du P. Jules Glad au P. Gervais Quénard, 1945. Notices Biographiques