Julian ESGUEVA DELGADO – 1862-1925

La communauté de Santiago du Chili en 1925,

La fondation de la Mission
A.A. au Chili remonte à
1890.Elleestconstituée au départ sous la responsabilité directe d’un
supérieur de la Mission, sur place, successivement:

P. Stéphane Chaboud, de 1890
à 1898,

P. Thomas Darbois, de 1899 à
1901,

P. Joseph Maubon, de 1902 à
1917,

P. Raphaël Doassan, de 1917 à
1918,

P. Félicien
Vandenkoornhuyse, de 1919 à
1923.

Avec la naissance des Provinces en 1923, l’Amérique du Sud devient un
vicariat dépendant de Bordeaux, le Provincial de Bordeaux déléguant sur
place un supérieur régional. Le P. Jean de Dieu Danset est le premier
supérieur de ce type (1923-
1926). Lui succède le P. Zénobe Goffart. La communauté de Santiago se
compose en 1925 de 10 membres: les PP. Jean de Dieu Danset, Raphaël
Doassan, Isidore Gayraud, Fernand Castel, Cyprien Gouelleu, Bertin Liébaux,
Victor Duquesne, Aurélien Sénac et les FF. Julian Esgueva, Jean- Gabriel
Roque.

Répartition des Missionnaires
1925.

Julian ESGUEVA DELGADO

1862-1925

Religieux espagnol de la Province de Bordeaux.

L’aîné des frères Esgueva.

Julian, frère aîné de Crispino et d’Antonio, est né le 27 janvier 1862 à Gumiel del Mercado, en Espagne, province de Burgos, au diocèse d’Osma. Il connaît l’Assomption par le noviciat d’Osma où il entre en mai 1886 pour un temps de postulat avant d’être envoyé à l’abbaye de Livry-Gargan (Seine-Saint- Denis) où le reçoit le P. Emmanuel Bailly en novembre 1886. A cette époque le noviciat des frères convers comporte trois années pleines avant la profession des premiers vœux. Il reçoit l’habit le 26 décembre 1886 et il prononce ses premiers vœux le 25 décembre 1889 à Paris, rue François ler, où il se trouve au temps des perquisitions et du ‘Procès des Douze’. A Livry, il prononce ses vœux perpétuels le 12 août 1895. On ne connaît que peu de choses sur sa vie apostolique: il se rend au Chili en 1904 en compagnie du P. Joachim Bonnel qui est nommé à Lota. Le Frère Julian rend différents services d’enseignement, dans les premières années de sa présence au Chili, tant à Rengo qu’à Lota. Par la suite il est chargé de travaux domestiques dans les différentes communautés où il est affecté. La liste chronologique et géographique est ainsi précise: Santiago (1904-1905), Lota (1905-1911), Santiago (1911-1913), Valparaiso (1913-1917), Mendoza-Rengo (1917-1925) et Santiago où il meurt le 15 juillet 1925. Ses derniers moments sont connus par le récit qu’en a dressé le P. Jean de Dieu Danset, dans une lettre adressée de Santiago au P. Félicien Vandenkoornhuyse, alors Provincial de Bordeaux:

Mort du Frère Julian.

« Nous venons de conduire à sa dernière demeure les restes du Fr. Julian Esgueva, frère du P. Crispino mort à Talcahuano il y a dix ans

et du Fr. Antonio de la communauté de Rengo, qui est venu l’assister les trois dernières semaines de sa maladie avec beaucoup de dévouement. C’est aux environs de la Semaine Sainte [1925] que le Fr. Julian a souffert d’une diarrhée tenace et s’est senti frappé à mort. Quand on lui demandait des nouvelles de sa santé, on comprenait qu’il ne se faisait aucune illusion sur l’issue de sa maladie. Il ne voulut garder le lit que sur un ordre formel du médecin et quand il ne pouvait plus se traîner. Il était atteint d’une double affection au cœur, l’endocardite et la myocardite. Le médecin m’avertit qu’il n’y avait aucune chance de guérison et que la mort pouvait survenir d’un moment à l’autre. Le lendemain que le malade se fui alité, je lui proposai de recevoir les derniers sacrements. Il accepta avec beaucoup de simplicité. Le samedi 4 juillet, de bonne heure le matin, en présence de toute la communauté j’administrai au bon Frère l’Extrême-Onction. Quelques jours plus lard, il renouvela sa profession et offrit sa vie pour l’église, la Congrégation et notre mission au Chili à laquelle il se dévoue depuis tant d’années… Ses trois semaines de lit furent pour lui comme une retraite, la dernière, pendant laquelle il se prépara à la mort. Jamais on ne l’entendit se plaindre, il paraissait ne pas souffrir. Lui-même se rendait tous les services qu’il pouvait, ne voulant pas déranger, même pas son frère qui la nuit dormait auprès de lui. La nuit, il évitait en se levant de faire du bruit pour ne pas le réveiller. Il est mort le mercredi 15 juillet à 11 heures de la nuit, [à Santiago]. Le lendemain matin nous avons transporté son corps dans notre chapelle où pendant toute la journée les fidèles sont venus prier ainsi que nos enfants de l’école. Les Petites-Sœurs des Pauvres vinrent également avec leurs vieillards. Comme c’était la fête de Notre-Dame du Carmel, qui est célébrée ici presque comme un dimanche, les visites et les prières n’ont pas manqué à notre cher défunt. Ce matin [17 juillet], nous avons chanté la messe. La communauté de Los Andes était représentée par son supérieur, le P. Geoffroid Pierson, celle de Rengo par le P. Marie-Alfred Goettelman et le Frère Eugène Giraud. Le P. Célestin Huff, de Conception s’est uni à notre deuil par dépêche, regrettant de ne pas pouvoir assister aux funérailles, à cause de sa neuvaine solennelle à Notre-Dame du Carmel. Le Frère Julian repose de son dernier sommeil dans notre modeste caveau au cimetière catholique à côté des PP. Ghislain [Delory] Pierre [Descamps], Ulysse Martin, Firmin Mermoud, Marius [Pevsson].

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1925, n° 150 p. 640; n° 154, p. 665. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefray. Notices Biographiques