Julien (Henri Pierre Jean) JULIEN – 1872-1958

Brockley, 1950.
« Au sujet de la prochaine déclaration du dogme de l’Assomption, vous
souvenez- vous d’avoir entendu le P. Athanase Vanhove nous dire un jour que
le P. d’Alzon avait établi dans sa Congrégation l’habitude de réciter
toujours après l’Angelus trois Gloria Patri pour obtenir qu’un jour ce
mystère de l’entrée au ciel de la Ste Vierge devînt un dogme de la doctrine
catholique? Peut-être auriez- vous trouvé quelque chose aussi dans les
archives. Pour ma part, je n’ai pas d’autre renseignement que cette
déclaration du P. Athanase. Il est possible que d’autres s’en souviennent
encore, par exemple le P. Siméon [Vailhé] ou le P. Benjamin [Laurès].
Peut-être encore le doyen
d’âge de la Congrégation, le P. Matthieu Lombard pourrait-il vous fournir
quelques renseignements là-dessus. Il serait intéressant de savoir au juste
si nous n’avons pas tous contribué, même inconsciemment, à obtenir
cette glorification de Marie. Nous sommes absorbés par les fêtes du
Centenaire de la restauration de la hiérarchie en Angleterre. J’espère que
nous pourrons faire quelque chose
de bien ».
P. Julien au P. Kokel, 23
septembre 1950.

Religieux de la Province de Paris, assistant provincial en Angleterre (1946-1952).

Premières années.

Henri-Pierre-Jean Julien est né à Trémouilles (Aveyron), le 31 août 1872. Il garde ses origines rurales une solide constitution physique, la persévérance dans l’effort et un grand bon sens. Alumniste de grammaire à Nice (Alpes-Maritimes), de 1885 à 1887, à Villecomtesse (Yonne) pendant six mois, à Mauville (Pas-de-Calais) de 1887 à 1889, et enfin à Clairmarais (Pas-de-Calais), de 1889 à 1891, il prend l’habit au noviciat de Livry- Gargan, le 15 août 1891, sous le nom de Frère Julien. Il part ensuite pour le noviciat de Phanaraki en Turquie où il prononce ses premiers v?ux, le 8 septembre 1892. Le P. Ernest Baudouy, son maître des novices, loue son esprit de foi, sa franchise, sa sincérité même s’il le trouve encore confus dans ses idées, de nature timide et peu débrouillard. C’est à Jérusalem que le Frère Julien étudie la philosophie et la théologie (1893-1898). Profès perpétuel le 1er novembre 1893, il est ordonné prêtre le 18 septembre 1897 par Mgr Appodia à Jérusalem.

Activités apostoliques.

Les études terminées, le P. Julien est nommé supérieur de l’alumnat de Montfort (Yonne) pendant deux ans (1897-1899), puis de celui de Saujon (Charente-Maritime) pendant un an (1899-1900). Grâce à sa ténacité, il sait faire face à ses obligations au moment des perquisitions et de l’expulsion, ce qui est une façon de faire mentir l’appréciation portée sur lui par le P. Ernest Baudouy. De mars 1902 à octobre 1903, le P. Julien est sous-prieur et économe à la communauté du noviciat à Louvain (Belgique). En 1903, il est désigné pour la mission d’Angleterre où son ignorance de la langue anglaise donne lieu à des scènes parfois comiques.

Il commence par vivre 6 mois à Newhaven comme chapelain chez les Servites. Puis en 1905, il est nommé curé et supérieur de Rickmansworth. Le Père Julien y révèle réellement son sens apostolique, un grand sens pratique et un talent d’organisateur. C’est alors une paroisse très étendue dans une région dépourvue d’écoles, d’églises et d’?uvres catholiques. Un saint prêtre, missionnaire diocésain, y a fondé une mission au c?ur du Hertfordshire. Une baraque en tôle sert de lieu de culte. Le P. Julien achète une belle propriété et, le 27 mars 1909, a lieu la bénédiction de la première pierre d’une nouvelle église qui est édifiée dans le style des églises anglaises de l’époque des Tudor. Le P. Grégoire Chedal met son talent de sculpteur au service de la nouvelle église qui est ouverte au culte, le 26 octobre 1909 par le cardinal Bourne. Le P. Julien transforme une grande malterie, à côté de l’église, en salle d’oeuvres et en prieuré. La paroisse se développe et, depuis, plusieurs autres lieux de culte se constituent sur son territoire, démembrant le territoire primitif. Le P. Julien encourage l’installation des Filles de Jésus qui ouvrent un externat et un pensionnat. En 1923, le P. Julien est nommé curé de Charlton. Il n’a pas de repos tant qu’il n’a pas constitué un solide réseau d’écoles paroissiales dont la construction est retardée par les conséquences de la première guerre mondiale. En 1935, nommé vicaire à Brockley, il cède à son successeur à Charlton, le P. Basile Filaire, une paroisse en plein développement, des écoles et une situation financière stabilisée. A Brockley, comme ailleurs, le Père Julien se fait apprécier par son esprit d’initiative. La guerre de 1939 amène la destruction de l’église, l’ébranlement de la résidence et la dispersion momentanée des oeuvres paroissiales. Les bombardements massifs des années 1940-1941 minent la santé du P. Julien. Une surdité croissante, une faiblesse de la vue et un diabète irrépressible réduisent ses activités, mais ne l’empêchent pas de remplir avec soin sa charge de supérieur local et, depuis 1946, celle d’assistant de la toute nouvelle Province d’Angleterre. En septembre 1952, le P. Julien est mis en repos à Brockley même. Dès octobre 1953, il ne peut plus célébrer. Il est gagné par une forme d’amnésie qui exige de son entourage une surveillance constante. En 1956, il demande de se retirer à Lorgues (Var). C’est là qu’il meurt le 29 août 1958, fraternellement soigné par le P. Jean de Matha Thomas. Il y est inhumé.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1959, p. 55. Lettre à la Famille 1961, n°, p. 46-47. The Assumptionist, autumn 1958, p. 18-20. Dans les ACR, du P. Julien Julien, correspondances (1899-1957), rapports sur Rickmanswarth (1906-1921), sur Charlton (1926-1935) et Brockley (1949-1951).