Julien (Jean-Julien) GENNIGES – 1916-1934

Projet de vie.
« Des années durant, j’étais déterminé à entrer aux Missions Etrangères de
Paris. J’étais enflammé du désir d’aller dans des pays lointains, la Chine,
et surtout d’y
recevoir le martyre. Mais avec l’âge, je me mis à réfléchir
plus sérieusement et je demandai à Dieu de venir à mon aide. La retraite
d’élection au mois de mai
1932 m’ébranla. Je me demandai alors si ma véritable vocation n’était pas
d’entrer à l’Assomption. Tous les jours je réfléchissais et e demandais la
lumière. Je demeurais ainsi longtemps à hésiter et à prier. Or un jour
arriva à Miribel le P. Cyrille [Paratte] que je connaissais fort bien.
C’est grâce à lui que j’ai vu clair; et maintenant, je suis décidé à entrer
à l’Assomption. Je suis certain que c’est là que Dieu m’appelle. Mes
parents ne s’y opposent nullement, au contraire, ils sont contents que je
demeure dans la Congrégation qui m’a élevé.
Ce que je vous demande ô Jésus, c’est de m’accorder la grâce de devenir un
bon religieux, un prêtre selon vos désirs ».
Méditation de Julien G., 1932.

Julien (Jean-Julien) GENNIGES

1916-1934

Religieux de la Province de Lyon, profès in articulo mortis.

Un fils de la Lorraine.

Jean-Julien Gennigès, aîné de 5 enfants, est né le 24 mai 1916 à Hayange en Moselle, au diocèse de Metz alors que la guerre fait rage, du côté de la proche frontière, à Verdun. Il fait ses études primaires à Knutange et Hayange et entre pour ses études second- aires à l’alumnat Ste Jeanne-d’Arc de Scy-Chazelles (Moselle) en 1928. Ardent au jeu, il ne découvre que peu à peu tout l’intérêt d’une certaine forme d’assiduité au travail intellectuel. En 1931, il passe à Miribel- lesEchelles (Isère) pour les humanités. On remarque alors que, par suite d’une légère déformation de la cloison nasale, le jeune Julien respire difficilement du nez et garde souvent la bouche ouverte. S’étant bien préparé au baccalauréat, il échoue mais s’en console en profitant du temps des vacances pour participer à une visite mariale à Beauraing. Le samedi 5 août, il arrive au noviciat de Nozeroy pour un temps de postulat et, le 1er octobre 1933, il prend l’habit religieux au noviciat de Nozeroy (Jura), sous le nom de Frère Julien. Le P. Rémi Kokel préside la cérémonie. Le 3 octobre les nouveaux profès, novices de l’année précédente quitte le noviciat pour la maison d’études Saint-Jean, à Scy-Chazelles. Le Frère Julien aime cette vie régulière, fervente, calme, coupée de promenades. Ainsi le 26 octobre, à l’occasion du centenaire du martyre du bienheureux Isidore Gagelin, ancien élève du séminaire de Nozeroy mis à mort pour la foi en 1834, il participe au pèlerinage à Montperreux (Doubs), village natal du martyr. Pendant l’hiver, à part une légère angine et une toux persistante, rien de grave ne se signale pour sa santé. Cependant en février 1934, le Frère Julien éprouve des douleurs à la jambe et au côté droit. Le médecin de la maison diagnostique un rhumatisme aigu, mais s’aperçoit surtout des battements très irréguliers du cœur.

Un repos absolu est prescrit. Dès le 5 mars, le Frère doit s’aliter pour de bon. Le Docteur, après quelque temps de traitements énergiques, constate une grave lésion au cœur et laisse entendre que la médecine est impuissante à guérir ce mal. Les parents avertis accourent. Persuadés qu’un médecin de Hayange réussira à guérir leur fils, les parents demandent à ce que leur fils rentre en famille. Le départ se fait le 5 avril. Mais l’amélioration ne se produit pas. Le 21 avril, le P. Athanase Sage, accompagné du Frère Savin Iseler, se rend à Hayange au chevet du malade pour lui rendre une visite qui va être d’adieu. Le Frère Julien meurt le dimanche 22 avril 1934. Les obsèques sont célébrées le 25 avril suivant, à Hayange, au milieu d’un grand concours de population et des religieux de Scy-Chazelles. Le corps est inhumé dans la tombe familiale, au cimetière d’Hayange.

Témoignage posthume.

Le P. Rémy Kokel, averti de cette mort, écrit de Rome au P. Gausbert Broha maître des novices à Nozeroy: « Nous avons reçu votre dépêche nous annonçant la mort du FrèreJulien Gennigès. J’ai pu dire au Père Général [Gervais Quénard] qui était ce jeune novice auquel j’avais donné l’habit et quels regrets il doit laisser. J’avais été frappé de sa piété et de son bon esprit. Le bon Dieu vous éprouve et il éprouve la famille si chrétienne de ce petit Frère. je me souviens spécialement de ce que me disait sa mère et du bonheur queue éprouvait à donner son fils au bon Dieu. Nous prenons bien part tous à votre douleur et nous vous offrons nos condoléances les plus affectueuses à tous et aux chers compagnons du Frère Julien. Puisque j’avais eu l’honneur de le revêtir du saint habit, on m’a demandé de chanter pour lui la sainte messe ce matin même (24 avril) et nous prions tous unis à vous pour le repos de son âme. Le Père Général me prie de vous dire qu’il est bien uni à vous dans l’épreuve et bénit particulièrement le noviciat affligé ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1934, n° 523, p. 89; n° 525, p. 114-120. L’Assomption et es oeuvres, 1934, n° 395, p. 501. Le Petit Alumniste, 1934, n° 547, p. 85-88. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Notices Biographiques