Julien (Julien-Paul) RACINE – 1919-1981

Extraits d’homélie.
« Je ne ferai pas l’éloge du P. Racine. Je l’entends, si je m’y risquais,
d’un mot bref et sonore, me renvoyer à mes
études. Du moins pouvons-nous parler un peu de ses 44 ans de vie
religieuse, de ses 35 ans de sacerdoce. Professeur, le P. Racine était
exigeant et dur pour les autres et pour lui. Ses
colères déjà étaient célèbres et feront partie du folklore lié à son nom,
comme son sens de l’économie. Il était aussi enthousiaste et passionné. On
accuse parfois des professeurs
d’échecs scolaires, aussi peut-on leur faire crédit des réussites. le P.
Racine eut largement sa part dans les taux de réussite à Cavalerie, une
maison que les jurys du bac saluaient. A
Bayard-Presse, la multiplicité de ses talents auraient dû trouver leur
plein épanouissement. Et l’édition de l’Evangile en disque aura été une
réussite aussi bien artistique que pastorale. Hélas! des intérêts
supérieurs ou jugés tels ont brisé son élan, cassé son enthousiasme et,
peut-être aussi, l’homme en lui. Et, les dernières années, le P. Racine a
beaucoup souffert et nous-mêmes avons beaucoup souffert de ne pas savoir ou
pouvoir véritablement l’aider. Toujours il est resté le religieux sensible,
fraternels,
bon musicien».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de France. Un religieux artiste. Né le 22 juin 1919 à Bourgneuf-la-Forêt (Mayenne), Julien-Paul Racine fait ses études secondaires à Saint-Maur (Maine-et-Loire), de 1931 à 1934, à Melle (Deux-Sèvres), de 1934 à 1935 et à Cavalerie (Dordogne), de 1935 à 1936. Le 27 septembre 1936, il prend l’habit religieux au noviciat de Pont-l’Abbé d’Amoult (Charente-Maritime) et y prononce ses premiers vœux le 28 septembre 1937, gardant son premier prénom de baptême, Julien. Le P. Pol de Léon Cariou note sa nature riche, primesautière, passionnée de littérature et de musique. Il accomplit une année de philosophie universitaire au scolasticat de Layrac (Lot-et-Garonne), puis de philosophie scolastique à Scy-Chazelles (Moselle). Après le service militaire (1939-1940), il est envoyé à l’alumnat de Saint-Maur pour l’enseignement des mathématiques durant deux années (1940-1942) avant d’aller au scolasticat de théologie à Lormoy (Essonne) faire ses études de théologie. Le Frère Julien prononce ses vœux perpétuels à Saint-Maur le 29 septembre 1942 et il est ordonné prêtre à Lormoy le 24 mars 1946. Les différents rapports qui jalonnent le temps de formation du Frère Julien ne font pas mystère, à la fois de ses aptitudes remarquables sur le plan intellectuel, mais aussi de ses difficultés: « Le Frère Julien se donne avec dévouement à ses différentes activités et sous bien des points mérite des félicitations. Cependant nous avons noté et relevé des lacunes regrettables, un manque de pondération et des manifestations tapageuses. Il n’est pas toujours mesuré dans l’usage du vin et sa conduite laisse parfois à désirer ». Treize ans durant, le P. Julien enseigne les lettres à Cavalerie. Professeur exigeant et dur mais efficace, il respecte, estime et aime ses élèves. A.A A Bayard-Presse. Transféré aux O.C.F. en 1959, il collabore au service audio-visuel de Bayard- Presse et le dirige à partir de 1969. Parmi ses activités, il convient de noter particulièrement son enregistrement des quatre Evangiles, celui de saint Jean obtenant le grand prix de l’Académie du disque en 1963, sa collaboration à la version française du film de Pasolini ‘L’Evangile selon saint Matthieu’, son disque ‘Pastorale des santons de Provence’ sur un texte d’Yvan Audouart, la série de films fixes et de cassettes ‘Avant d’aimer’ dont il est co-auteur. Ces oeuvres restent les témoins d’une intense activité, menée courageusement, en dépit d’une santé de plus en plus précaire, aggravée par des problèmes d’éthylisme. Fidèle au service d’une communauté religieuse, il compose des chants pour elle, fait des classes de chant et célèbre la messe le dimanche. Un temps de retraite court mais actif. Ce n’est pas sans peine que le P. Racine doit quitter Bayard-Presse pour une retraite anticipée qu’il va mettre à profit au service des pauvres. À l’automne 1979, il arrive à. Bordeaux-Lacanau (Gironde) et, dans le cadre de l’Association Auxilia, il corrige des cours pour des malades et des prisonniers, fait des enregistrements pour les aveugles et anime des messes dominicales. Subitement, le Père Julien meurt au matin du dimanche 20 décembre 1981. Plusieurs de ses confrères parisiens viennent participer à la cérémonie des obsèques, le mardi 22, à Bordeaux, deux jours avant Noël. Le P. Henri Caro, ancien élève du P. Julien, prononce l’homélie, simple, émouvante, écoutée dans un silence impressionnant, évoquant le profond attachement de ce religieux à sa Congrégation, son amour fraternel réel et discret, la haute idée qu’il se faisait du sacerdoce. Des témoignages, parfois bouleversants, de membres du personnel de Bayard-Presse ont montré à quel point le P. Julien a su s’attacher la sympathie et l’amitié de tous, par sa gentillesse et sa simplicité. Par sa foi simple et confiante, il a tracé plus de sillons qu’il n’est possible de l’imaginer. Pour beaucoup, il a été le messager de l’unité, le témoin de l’Amour de Dieu.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (II) 1981-1983, p. 33-34. A Travers la Province (Paris), mars 1982, n° 19, p. 14-16. Brèves (Bayard-Presse), 1982, n° 56. Notices Biographiques