Julius (Jules-Alexandre) GIRAUD – 1880-1939

Nomination sans effet.
« Le P. Julius fut désigné en novembre 1917 pour la fondation de
Saint-Sigismond, comme d’ailleurs d’autres sursitaires de la maison
d’Ismidt: P. Marc Terraz, P. Jean-Joseph Marcilhac, P. Edgar Perrier, Frère
Emmanuel Magnien; mais il
est notoire que le P. Julius n’y parut jamais! Il arriva certes une lettre
écrite par le P. Ludovic Marseille adressée à l’abbé Julius Giraud,
supérieur de l’Alumnat. D’autres arrivèrent à ce nom, toutes renvoyées à
l’expéditeur. Même des envois de la Bonne Presse arrivèrent à cette
adresse. En janvier 1918 le P. André [Jaujou] envoya le P. Jean de la Croix
[Laurent] à Saint-Sigismond en lui annonçant qu’il y trouverait le P.
Julius comme supérieur. Surprise de ce religieux à son arrivée de ne pas y
trouver celui qu’on lui avait y être supérieur! Le P. Arthur Deprez, nommé
supérieur en fait jusqu’à son départ pour Bordeaux en septembre 1918, je
crois, fut alors remplacé comme supérieur par le P. Jean de la Croix. Lors
d’une retraite à Sainte-Foy, près de Lyon, on demanda au P. Julius ce qui
l’avait tenu éloigné de Saint-Sigismond. Il répondit qu’il n’avait jamais
eu connaissance d’une telle nomination… ». P. Marcilhac.

Julius (Jules-Alexandre) GIRAUD

1880-1939

Religieux de la Province de Lyon.

Curriculum vitae.

Jules-Alexandre-Henri Giraud est né le 22 août 1880 à Coux, près de Privas (Ardèche). Il est alumniste à Miribel-les-Echelles (Isère), de 1893 à 1896 et à Brian (Drôme), de 1896 à 1898. Ayant opté pour l’Assomption, il prend l’habit à l’abbaye de Livry, le 4 septembre 1898 (1), des mains du P. Vincent de Paul Bailly et va faire sa seconde année de noviciat à Phanaraki. Sous le nom de Frère Julius, il prononce ses premiers vœux annuels en septembre 1899 et ses vœux perpétuels, le 8 septembrel9OO entre les mains du P. Christophe Portalier: « jeune homme délicat de sentiments et de très bon cœur, le Frère Julius est animé d’une piété affective trop démonstrative. Il est d’une nature sensible et impressionnable, parfois porté aux emportements et aux vivacités de J’enfance. Il est naturellement adroit et ingénieux, ne plaint pas sa peine et travaille consciencieusement. On peut compter sur lui ». Envoyé comme professeur à Ismidt (Turquie), il y passe trois ans (1900-1903) et revient à Phanaraki pour ses études philosophiques (1903- 1906). Il achève sa théologie à Jérusalem (1906-1908) où il est ordonné prêtre le 28 mai 1908.

Missions et responsabilités.

Ses études terminées, le P. Julius retourne à l’école d’Ismidt où il enseigne encore pendant trois ans (1908-1911). Revenu en Europe, il est attaché une année au noviciat qui de Gempe se déplace à Limpertsberg (1911-1912). Aux vacances de 1912, il est envoyé au collège de Worcester aux U.S.A. où il demeure jusqu’à la guerre (1912-1914). Mobilisé en août 1914, il est enrôlé dans une section d’infirmiers, à Privas (Ardèche). En novembre 1917, mis en sursis, il est prévu pour épauler la fondation de Saint- Sigismond, mais, d’après plusieurs témoignages contemporains, il n’y paraît pas.

On le trouve en 1918 près du noviciat de Notre-Dame de Lumières (Vaucluse) où il dessert la paroisse de Gouit (1918-1922). Il se rend ensuite à Lyon prendre la succession du P. Jules Boutry, à la paroisse Notre-Dame des Etroits (Rhône) dont il va s’occuper avec beaucoup de zèle, tout en résidant dans la communauté voisine de la Procure des Missions, à Lyon, avenue Debrousse, promue maison provinciale de Lyon à partir de 1923. Son action pastorale s’étend auprès d’un groupe très actif de Noëlistes lyonnaises, d’une aumônerie du Refuge et d’une communauté des Petites Sœurs de l’Assomption. A Debrousse, il est en outre chargé du soin de l’économat. C’est à Lyon, avenue Debrousse, qu’il meurt le lundi 17 juillet 1939, à 59 ans. Depuis longtemps il souffrait de rhumatisme déformant qui le faisait boîter, un début de pneumonie aggrave encore son état de santé déjà défaillant. En un jour le malade est emporté (2). La cérémonie religieuse est faite sur place à Debrousse le mercredi 19 juillet. Le corps du P. Julius est acheminé vers le village natal de Coux pour être inhumé, selon la demande de ses proches, dans la tombe familiale, après une messe solennelle de funérailles le jeudi 20, en présence du P. Saturnin Aube, supérieur de la communauté lyonnaise, de M. Edouard et de Mlle Paule Giraud, frère et sœur du P. Julius.

(1) Date corrigée, au lieu du 8, donnée habituellement même par l’intéressé! Le 4 septembre est fêtée à Livry Notre-Dame de Consolation. Le 8 septembre 1898, eurent lieu à Livry des ordinations sacerdotales, notamment celles des PP. François de Paule Blachère et du Eustache Pruvost.

(2) D’après le témoignage des religieux, le lundi matin 17, le P. Martin [?] qui loge juste au- dessous du P. Julius, entend un bruit sourd comme de la chute d’un corps, accompagné d’un gémissement. Il trouve le P. Julius étendu au pied de son lit, sans connaissance ni mouvement. Le P. Saturnin Aube vient à son secours. Au bout d’une demi-heure, le malade cesse de vivre.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion, 1939, n° 799, p. 441; n° 801, p. 462-463; n° 802, p. 466-467; n° 807, P. 496. Le Nouvelliste, Lyon, 23 juillet 1939. Dans les ACR, du P. Julius Giraud, de nombreuses correspondances (1906-1933). Notices Biographiques