Justin (Alois Arthur) MUNSCH – 1908-1995

Lormoy, 1959.
(Moselle) de 1922 à 1925, puis à Miribel-les- Echelles
(Isère), 1925 à 1927. Il prend l’habit, sous le nom de
Frère Justin, à Scy-Chazelles noviciat, le 30 octobre
1927 et fait profession le 1er novembre 1928. Après trois ans de
philosophie à Saint-Gérard en Belgique et trois ans de théologie à
Louvain, il rejoint Lormoy
(Essonne) où, cent ans après le P. d’Alzon, il est ordonné prêtre le 25
décembre 1934. Il est profès perpétuel depuis le 16 juin 1932.
Au service de la Parole de Dieu (1935-1961).
Le P. Justin est aussitôt affecté à l’enseignement de l’Ecriture
sainte et à la formation spirituelle à Lormoy. Il y reste jusqu’en 1946
avec deux interruptions. En 1939, il passe quelques semaines à
l’armée. En 1943, il est arrêté par la Gestapo pour avoir aidé
des Alsaciens expulsés (1) et encouragé des jeunes à la
résistance. Il passe six mois en prison à Fresnes (Val-de-Marne)
et huit mois en Allemagne. A Fresnes il connaît la torture; à la prison de
Francfort, les bombardements qui font des milliers de victimes. Par
chance, son temps de prison finit le 6 juin 1944, jour du
débarquement allié. L’administration allemande n’a pas le temps
d’annuler l’ordre de libération(2). Après onze ans à Lormoy, le P. Justin
enseigne au scolasticat de Scy-Chazelles (1946-
1948), à Valpré (Rhône) de 1948 à 1958, où à partir de
1952 il est supérieur et conseiller provincial, à Lormoy de nouveau
où il est supérieur de 1958 à 1959, à Valpré à nouveau tout en résidant
à Lyon-Debrousse où il est supérieur et premier assistant
provincial. En 1961 s’achève une période de 26 ans durant
laquelle il s’est voulu serviteur de la Parole de Dieu pour qu’elle
résonne au cœur des hommes. Par les étudiants qu’il a contribué à former,
il est porteur de la lumière pour les nations.
Aux Oeuvres Générales de France (1961-1970).
Les Oeuvres Générales Françaises (Bonne Presse, Pèlerinages,
Etudes augustiniennes, Etudes byzantines, Oeuvre des vocations)
qui jusque-là dépendaient de la Curie généralice, sont érigées
en Quasi-Province en
1961 et confiées au P. Justin. Résidant à Neuilly-sur- Seine, il
consacre six ans à leur réorganisation, après quoi ces O.G.F.
sont érigées en Provinces O.C.F.
(oeuvres communes françaises) le 17 avril 1967, puis en Province de
France le 3 juillet 1969, formule qui précède de dix ans la
création de la Province de France
« Par discrétion à l’égard du P. Dufault qui revient juste de voyage et
parce que vous êtes responsable de nos scolasticats, je me permets de vous
adresser ces quelques mots. A croire certaines rumeurs, on voudrait me
confier à nouveau en
septembre prochain la direction de la maison de théologie à Valpré. Ce
serait une erreur de refaire du neuf avec du vieux. Au bout de 25 ans de
maison d’étude, je n’en puis plus, je n’ai plus le mordant, l’enthousiasme,
le courage et la force pour lancer cette maison. L’an dernier, le Général
m’a envoyé à Lormoy où j’ai trouvé une situation délicate. Je n’ai pu
résoudre tous les problèmes qui s’y posaient et je sors diminué par cette
expérience. La différence d’âge fait que je comprends de moins en moins la
mentalité
des nouvelles générations et leurs exigences. J’ai été à des titres divers
de la fondation de Lormoy en 1934, de la reprise à zéro de Scy-Chazelles en
1946, de la fondation du premier Valpré en 1948. Je ne puis recommencer une
nouvelle fois à zéro: problème
du corps professoral, problème financier, installation
matérielle, bibliothèque, sacristie, impulsion spirituelle et
intellectuelle. Aujourd’hui je suis à bout ».

Religieux de la Province de France, quasi-Pronvincial des O.G.F. (1961-1967). Jeunesse et formation (1908-1935). Aloïs-Arthur Munsch est né le 19 juin 1908 à Husseren- Wesserling (Haut-Rhin). Il est alumniste à ScyChazelles

qui est la réunification de toutes les Provinces (1978). Son quasi-provincialat terminé, le Père Justin reste pendant trois ans auprès de son successeur, le P. Brajon, comme premier conseiller. Si l’on relit les procès-verbaux des Conseils inter-provinciaux (C.LF.), surtout à partir de 1964, on s’aperçoit que le P. Justin va de découverte en découverte. Il manifeste quelque malicieuse satisfaction à en faire part aux collègues. Il lui faut beaucoup de patience par exemple pour étudier l’imbrication des sociétés propriétaires et autres de la Quasi-Province, identifier les actionnaires. Ses investigations révèlent parfois ici et là des acquis mal justifiés. C’est grâce a sa perspicacité persévérante qu’une clarification des situations permet le passage des O.G.F. en O.CF. au chapitre de 1967 (3). Le Père Justin est aussi supérieur ecclésiastique des Oblates, des Orantes et des Petites Sœurs de l’Assomption, de 1965 à 1968, puis délégué du Général auprès de ces mêmes religieuses. Dans cette charge il apporte le souci de rectitude doctrinale et de renouveau de la vie spirituelle (4).

Nouveaux horizons (1970-1995).

De 1970 à 1972, le P. Justin réside à Paris, avenue Denfert Rochereau et poursuit son ministère auprès des Sœurs, sans se croire ni se dire très occupé. Le 31 août 1972, quittant Denfert et ses gadgets, il retourne à Lyon-Debrousse d’où il assure une aumônerie de religieuses. En septembre 1975, il se retire à Saint-Sigismond (Savoie). En janvier 1977, il devient aumônier des Oblates au pensionnat de Segré (Maine-et-Loire). En septembre 1978, il est aumônier de l’hôpital d’Oderen (Haut-Rhin). En septembre 1980, le voilà à Rome, travaillant aux archives pour son livret sur la Mandchourie. En janvier 1981, il revient à Lyon-Debrousse où, malgré ses nombreuses infirmités, il rédige l’histoire de la présence assomptionniste en Manchourie. Fatigué par ses travaux de recherche et d’écriture, il obtient un avant-dernier convoi pour aller se reposer à Lorgues (Var). D’une main mal assurée, il écrit au Provincial, le P. Dehouck, le 3 novembre 1989.« je continue ma quête de l’absolu dans le dépouillement. La vue et l’ouïe se dégradent. Deus dedit, Deus abstulit. Sit nomen Domini benedictum ». L’esprit et la mémoire restent intacts. L’histoire de la Congrégation continue à le passionner. Il aime avoir des nouvelles de Corée, de Madagascar, du Zaïre et des pays de l’Est. Alors que les nuits précédentes ont été particulièrement agitées, celle du 8 au 9 avril 1995 est calme et son sommeil paisible. A sept heures du matin, dimanche des Rameaux, sans même se réveiller, il entre dans le cortège de ceux qui, palmes à la main, accompagnent Jésus, entrant triomphant dans la Jérusalem du ciel. Il est inhumé le Mardi Saint, à Lorgues, 11 avril 1995. (1) Comme il l’écrit lui-même dans une lettre, trente ans plus tard. (2) D’après le P. Léon Pellicier, le jour des obsèques. (3) D’après le P. Henri Guillemin. (4) D’après le P. Antoine Wenger.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VI) 1994-1995, p. 78-82. Assomption France, Nécrologie année 1995, p. 308-311. Lettre du P. Justin Munsch à un Assistant Général, Lormoy, 4 juin 1959. Du P.Justin Munsch, dans les ACR, rapport sur les (Euvres des O.G.F. (1964), visites canoniques à la Bonne Presse (1961-1963), rapports annuels B.P., rapports sur Valpré (1948-1958), sur Lormoy (1958-1959), sur la maison provinciale de Lyon (1960), correspondances (1933-1987), prédications aux oblates sur les Evangiles (nombreux carnets) . Le P. Justin Musch a donné de nombreux articles dans le bulletin du Petit Alumniste, fait des dossiers sur des parutions de livres aux éditions du Centurion et sur des revues de la Bonne Presse. Le P. Justin Munsch a écrit le livret L’Assompt:ion en Mandchourie 1935-1954 dans collection érie Centenaire 1980, n° 8, 143 pages.