Justinien (Jules) HENQUINET – 1888-1957

Nouvelles de Santiago 1946.
« En union avec tous l es membres de la Congrégation dispersés sous tous
les cieux, le lointain noviciat du Chili se réjouit de ce que le chapitre
reconnaissant les services signalés rendus à la Congrégation en des temps
particulièrement difficiles, vous ait réélu pour une nouvel le période. En
même temps
nous vous offrons nos v?ux et l’assurance de notre prière pour que votre
généralat soit fécond en fruits de sanctification et d’apostolat.
Il ne m’appartient pas de vous mettre au courant de notre maison de
formation de Santiago. Le P. Zénobe
[Goffart] vous aura amplement renseigné et le P. Jean de Dieu [Danset] vous
écrira de son côté. Ce vous sera une joie d’apprendre que l’?uvre est bien
lancée et son recrutement assuré par l’alumnat de Mendoza, plus fourni que
jamais ainsi qu’à Buenos Aires. Dieu veuille bénir ces oeuvres et les
ouvriers qui s’y occupent. Mes pauvres prières et celles de
nos jeunes religieux vous sont assurées. Veuillez agréer, mon Père,
l’hommage de mes sentiments religieusement dévoués en Notre Seigneur ».

P. J. Henquinet

Religieux belge de la Province de Bordeaux.

Années de préparation.

Né en Belgique, à Bastogne, le 21 août 1888, Jules Henquinet appartient à une famille qui donne déjà au diocèse de Namur un prêtre séculier. Lui-même entre en 1904 à l’alumnat de Bure dont le P. Pierre Descamps est supérieur. De 1906 à 1908, il accomplit ses humanités à l’alumnat de Taintegnies, sous la direction du P. Edouard Bachelier, dont il va garder toute sa vie un grand souvenir. A la fin de ses études secondaires, Justinien prend l’habit à Louvain, le 28 août 1908, sous le nom de Frère Justinien. Mais c’est à Gempe où le noviciat est alors transféré, que le Frère Justinien passe ses deux années de formation religieuse. Le 28 août 1910, il prononce ses v?ux perpétuels entre les mains du P. Emmanuel Bailly. Il se rend alors à la maison d’études de Louvain pour y faire ses trois années de philosophie, à l’issue desquelles il peut faire ses premières armes dans l’enseignement, à Bure (1913- 1915), cultivant la liturgie et le chant grégorien, ses deux matières de prédilection. En 1915, le Frère Justinien revient à Louvain pour les études de théologie. Il y est ordonné prêtre le 12 mai 1918, dans l’église des Dominicains de cette ville.

D’Europe en Amérique du Sud.

Le P. Justinien en 1919 est nommé professeur au jeune alumnat de Boxtel aux Pays-Bas. En 1920, nous le trouvons sur les bords de la Loire, à Saint- Maur (Maine-et-Loire). Et dès 1921, le Père Justinien s’embarque pour l’Amérique du Sud où il va passer 27 ans, tant en Argentine qu’au Chili (1921-1948). En 1923, il fait choix de la Province de Bordeaux, selon le nouveau cadre territorial de l’Assomption. Nous n’avons guère de détails sur ses activités dans cet hémisphère,

à part une correspondance qu’il fait parvenir à Boxtel à l’occasion du décès du Frère Michel (Miguel) Kleverlaan, confrère hollandais décédé à Santos Lugares en juin 1924, et une autre écrite au P. Gervais Quenard en 1946 depuis Santiago.

Retour sous les cieux européens.

En 1948, le P. Justinien rentre définitivement sur le vieux continent. Après quelques mois de vacances en Belgique, il passe en France, transite par Blou (Maine-et-Loire) et Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime), de 1948 à 1951. En septembre 1951, il est affecté au service de l’aumônerie des Oblates à Jalesnes, mais cette vie d’isolé lui pèse et il demande à faire partie d’une communauté. Il ne fait que passer à Elorrio au pays basque. Les enfants le fatiguant, il reçoit une nouvelle obédience pour la paroisse de Barcelone (Espagne). C’est là qu’une maladie du c?ur met un terme à son activité ministérielle, en décembre 1955. De crise en crise, son état de santé devient préoccupant et l’on croit plus approprié de le transférer à la maison de repos de Lorgues (Var) en janvier 1956. Pendant toute cette année, le P. Justinien croit à sa guérison. De nouveaux remèdes ont des effets salutaires et le P. Justinien pense encore proposer ses services au P. Régis Escoubas. Mais des complications nouvelles, suite à des crises d’urémie, surviennent en mars 1957. Il meurt le jeudi saint, le 18 avril 1957, à l’âge de 69 ans. Il est inhumé dès le lendemain dans le caveau de la communauté. Excellent confrères très attaché à la Congrégation, il en connaît bien les origines dont il aime parler. Fidèle à ses devoirs religieux, le P. Justinien est de caractère plutôt gai, acceptant volontiers les plaisanteries sur son compte. Souvent taquiné à cause de sa grande barbe, il ne se formalise jamais des remarques à répétition queue occasionne. Pourtant il reste d’un tempérament inquiet et instable. C’est ce qui explique en partie les nombreux postes occupés durant toute sa vie. Espérons que ce bon serviteur aura été bien accueilli par l’Assomption du ciel, écrit le P. Régis Escoubas au moment de son décès.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. octobre 1958, p. 28. Lettre à la Famille, 1957, n° 232, p. 87-88. A Travers la Province (Bordeaux), mai 1957, p. 1-2. Dans les ACR, correspondances du P. Justinien Henquinet (1919-1946). Lettre du P. Justinien Henquinet au P. Gervais Quenard, Santiago, 9 mai 1946.