Kyrilov BAENOV – 1889-1908

Evocation des derniers moments du Fr, Kyrilov Baenov par le P. Sthanase
Vanhove.
« Dieu vient de nous demander un sacrifice en rappelant à lui un de nos
plus chers novices, le Fr. Kyrilov. Ce jeune religieux de dix-neuf
ans était bulgare d’origine et se destinait à travailler à la
grande œuvre de 1’union deséglises. Miné par un mal impitoyable, il dut
interrompre son noviciat au bout de quatre mois.
La Providence la conduit, d’abord à Andrinople, puis à Constantinople,
comme pour
le préparer par étapes au grand voyage de l’éternité. Le
4novembre, il arrivait à Jérusalem, et, cinq jours après, il voyait
s’ouvrir devant lui les portes de la Jérusalem céleste.

Il nous laissa l’impression d’un prédestiné.

Je lui ai proposé de faire sa profession et d’offrir sa vie si Jésus
voulait la lui prendre, pour l’Eglise, le Pape, pour l’Assomption et son
Supérieur Général, pour la mission. Il
lut en français la grande formule de profession, s’arrêtant souvent, mais
avec la pleine connaissance du grand acte qu’il accomplissait
».

Religieux novice bulgare.

Un pèlerin de jérusalem.

Cyrille naît le 9 juillet 1889 à Kroumovo, au diocèse de Bourgas en Bulgarie. Il entre à dix ans à l’alumnat de Karagatch, près d’Andrinople et y fait toute sa scolarité (1899-1907). Le 11 septembre 1907, à Louvain, il prend l’habit assomptionniste, il n’a que dix-huit ans. Il doit quitter la Belgique pour rejoindre en janvier 1908 Andrinople où il est soigné à l’hôpital Sainte-Hélène des premiers symptômes de la tuberculose. En juin 1908, les supérieurs l’envoient à Phanaraki (Turquie) poursuivre son temps de noviciat. Mais le P. Jules, craignant l’humidité et le froid de l’hiver à Constantinople, croit plus prudent de le diriger sur Notre-Dame de France à Jérusalem en novembre 1908.

Dès son arrivée, mercredi 4 novembre, son état de santé donne les plus vives inquiétudes. Ce jeune homme, doux, calme, peut à peine respirer et il lui est impossible de gravir le moindre escalier. Logé au rez-de-chaussée, il ne peut que se rendre à la chapelle du Sacré-Cœur au même niveau. Le lendemain de son arrivée, le 5 novembre, il veut à tout prix aller en pèlerinage à la basilique du Saint-Sépulcre: il en revient épuisé mais heureux. Le médecin consulté ne laisse aucun espoir: atteint de tuberculose avancée, le frère Cyrille sait que ses jours sont comptés. Le dimanche 8 novembre, il peut encore participer aux offices mais, se sentant fatigué, demande à se coucher tôt. Il ne peut dormir, passant toute la nuit assis sur son lit. Le lundi 9, le médecin à nouveau consulté déclare que la crise est grave et qu’elle peut être mortelle. A sa demande, le P. Eucher le confesse et le fr. Cyrille reçoit le sacrement des malades. Le P. Athanase Vanhove, supérieur de la communauté, lui propose également de prononcer ses vœux ce 9 novembre 1908,

Notices Biographiques A.A Page : 127/127 en présence de tous les frères rassemblés autour de lui.

Il meurt vers les 22 heures, après une courte agonie: il n’a passé que cinq jours à Jérusalem! Il est inhumé le soir même du lendemain 10 novembre 1908 au caveau des pèlerins et des religieux dans le cimetière du Mont Sion à Jérusalem, en présence du Consul général de France, du chanoine Legrand, de plusieurs prêtres du patriarcat latin et du P. Lagrange, supérieur de la communauté Saint-Etienne. C’est le curé de Saint-Sauveur qui préside les funérailles.

In memoriam, par le Fr. Anthime

« Pourquoi donc as-tu fui la presqu’île charmante Où tu vivais heureux comme au milieu des tiens? Un Père t’y donnait son cœur, son âme aimante Et des compagnons pour soutiens. Mais avant de t’avoir là-haut dans la patrie, Dieu te voulait montrer la terrestre Sion; Tu vins et tu n’en vis qu’une faible partie: Le chemin de la Passion. Mais, frère tant aimé, laisseras-tu ton père Inconsolable, hélas! et malade au logis? N’as-tu d’affection que pour ta bonne mère Qui t’attendait au paradis? Pour nous longtemps encor tu vivras sur la terre; Longtemps on te fera le souhait fraternel Que devant le cercueil le ministre profère: Ton souvenir soit éternel! ».

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Bibliographies

Bibliographie : L’Assomption 1908, n° 144, p. 180-181; 1909, n° 145, p. Il. Lettre à la dispersion 1908, p. 39. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy.