Lambert (Joseph-Théodore) SAIVE – 1883-1955

Worcester, 1928.
« Vous allez trouver que je suis changeant. C’est vrai, mais je sais que
les gens intelligents savent changer et le P. Aymard [Faugèrel m’a confirmé
dans mon opinion en me disant que les fous seuls ont des idées fixes. Je
vous écris afin de me fixer définitivement dans une des 4
Provinces de la Congrégation et passer, pour de bon cette fois, dans la
Province de Paris pour laquelle j’avais fait une première option. Voici mes
raisons: c’est pour cette province que je travaille depuis que je suis
religieux.
La connaissance de l’anglais, de l’espagnol et de l’italien me permet de
rendre plus de services, surtout ici, que dans la province beige. Dans la
province belge, je suis un étranger. Personne n’ignore que personnellement
je n’ai jamais désiré une province belge et j’y souffrirai surtout plus
tard quand les flamands seront plus nombreux. Au début je m’étais rallié
assez facilement, mais aujourd’hui j’ai peur de cette division dans la
province belge et je souffrirai beaucoup de devoir me séparer du Centre de
la Congrégation dans lequel j’ai passé 27 ans de ma vie religieuse et 17
ans de sacerdoce. Veuillez transmettre mon désir au P. Général et
intercéder en ma faveur ».

Notices Biographiques A.A

Religieux beige de la Province de Paris (1928), puis d’Amérique du Nord (1947). Formation. Joseph-Théodore Saive est né le 22 novembre 1883 à Liège en Belgique, de Joseph et d’Ursuline née Galoppin. Il commence ses études à Laeken, près de Bruxelles, et fréquente un pensionnat des Sœurs du Perpétuel Secours de 1892 à 1894 avant d’entrer au collège Saint-Michel (1894-1895). Il devient alumniste à Taintegnies (1895-1899) et termine ses humanités à Clairmarais en France (Pas-de-Calais), de 1899 à 1901. Le 25 septembre 1901, le P. Vincent de Paul Bailly lui donne l’habit au noviciat de Louvain, sous le nom de Frère Lambert. Le P. Félicien Vandenkoornhuyse note à son propos: « Le Frère Lambert a eu des débuts difficiles au noviciat. D’une nature impétueuse, il ne peut tenir en place. Il éprouve un besoin impérieux de communiquer ses impressions et ne sait pas garder sa langue en repos. Il se montre facilement batailleur et querelleur. On lui connaît un certain nombre d’originalités ou de bizarreries. je dois dire que durant sa deuxième année de noviciat il s’est corrigé de ses défauts grâce à de louables efforts. Il garde le silence. S’il n’est pas encore un modèle de douceur, il ne cherche plus querelle à ses frères à tout propos ». Le Frère Lambert prononce ses vœux perpétuels le 18 octobre 1903 à Louvain où il étudie également la philosophie de 1903 à 1905. Selon l’usage habituel, on lui demande ensuite un service d’enseignement dans des maisons d’œuvres: au Bizet, de 1905 à 1906, à Zepperen de 1906 à 1907 et enfin à Vinovo en Italie, de 1907 à 1908. C’est à Rome qu’il entreprend ses études de théologie, de 1908 à 1912 et qu’il obtient la licence. Il est ordonné prêtre à Rome par le cardinal Respighi, le 11 juin 1911. A.A Ministères et changements. Le P. Lambert est affecté à l’enseignement. Il retrouve tout d’abord la maison de Vinovo, de 1912 à 1916 où ü perfectionne son italien, avant d’être envoyé à l’alumnat d’Elorrio en Espagne, de 1915 à 1919, où il apprend l’espagnol. En 1919, ü est nommé professeur au collège de l’Assomption à Worcester (U.S.A.). Il y enseigne de 1919 à 1932 et rend également le service de la surveillance. La dernière partie de sa vie est consacrée au ministère pastoral à New York, 14ème rue (1) de 1932 à 1955. Le 18 septembre 1954, il doit être transporté et soigné à l’hôpital Saint-Vincent de la ville. Depuis longtemps déjà, il souffre d’un cancer qui le ronge. C’est à New York qu’il meurt le 23 juin 1955, à l’âge de 72 ans. Il est inhumé à Worcester. Le Père Lambert s’est fait connaître et estimé comme un religieux distingué, avec une forte pointe d’humour, très patient envers les fidèles, au cours de ses nombreuses années de ministère paroissial. Respectueux des directives et des sévérités éventuelles de l’autorité à son endroit, il sut endurer avec un moral extraordinaire les alternatives d’une maladie très longue et particulièrement pénible. Belge d’origine, le P. Lambert, au moment de la constitution des Provinces, ne revendique pas son retour au pays natal. En 1928, il demande officiellement son affiliation à la Province française du Centre (Paris), dans le cadre de laquelle il a travaillé et où il est connu. Lors d’un voyage en Belgique, après la seconde guerre mondiale, saisi par un brin de nostalgie, il sollicite son affectation pour sa province d’origine; mais très vite, en 1947, en raison de son long temps de présence aux U.S.A. où il s’est familiarisé avec la langue, les coutumes de l’Amérique, il demande finalement son affiliation à la nouvelle Province d’Amérique du Nord, détachée de Paris et érigée en 1946. (1) On distingue en effet à New York les deux implantations paroissiales de l’Assomption par les numéros des grandes avenues: dans la 14ème rue, Church of Our Lady of Guadalupe, au numéro 229 et dans la 156ème rue, Church of Lady of Esperanza, au numéro 624. Ces deux paroisses dites hispano-américaines, en raison de leur population, relèvent aujourd’hui du clergé séculier de New York, ayant été rendues au diocèse.

Bibliographies

Bibliographie t documentation B.O.A.juin 1956, p. 157. Assumptionists Deceased in North America, Worcester (s.d.), 1995, p. 4. Lettre du P. Lambert Saive au P. Rémi Kokel, Worcester, 20 août 1928. Du P. Lambert Saive, dans les ACR, rapports sur Notre-Dame de Guadalupe à New York (1946- 1948), correspondences (1907-1952). Notices Biographiques