Landoald (Adrien) SIBUM – 1899-1986

Nimègue, 1980.
« Un religieux plus qu’octogénaire n’est ni obligé ni, peut–être, autorisé
à intervenir dans les travaux préparatoires d’un chapitre général, mais
l’âge n’empêche pas d’aimer sa famille religieuse. Ce ne sont là que des
suggestions, à partir de réflexions ou questions personnelles. Si nos
supérieurs sont ouverts aux orientations de Vatican II et fidèles à
l’esprit du P. d’Alzon, ne devraient-ils pas s’efforcer de maintenir même
dans de petits groupes la célébration chorale de la Liturgia Horarum, tout
au moins Laudes et Vêpres? Ceux qui
prétendent que Vatican II tend à dévaluer l’office choral au profit de la
prière privée n’ont pas lu les documents conciliaires et la belle
introduction de la Liturgia Horarum. Il suffit de se reporter d’autre part
au Directoire ou le P. d’Alzon dit que cette liturgie est la réalisation la
plus haute
ici-bas de l’avènement du Royaume. En connexion avec l’Eucharistie nous
incorporant au Christ et nous unissant en
Lui avec tous les hommes par le lien de la charité, la prière chorale de
l’Office nous constitue en Corps mystique du Christ. Notre Assomption doit
aussi s’attacher à la formation de prêtres dont la pénurie est si grande
devant les besoins de l’Eglise du monde…».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province des Pays-Bas. Une vocation intellectuelle à l’Assomption. Né le 3 mars 1889 à Erica (province de Drenthe) aux Pays-Bas, Adrien Sibum fait ses études secondaires à Grave, chez les Missionnaires de la Sainte Famille (1913-1916), puis à Kaatscheuvel, et les achève à Boxtel, de 1917 à 1919. Il reçoit l’habit assomptionniste à Louvain, le 28 août 1919, en prenant le nom de Frère Landoald. Il fait son noviciat à Saint-Gérard en Belgique et y prononce ses premiers vœux, le 28 août 1920. Le Père Rémi Kokel, son maître des novices, dresse ainsi son portrait: « Le Frère Landoald est d’une nature assez spéciale, assez froid, sans beaucoup d’aptitude à l’expression, à l’ouverture ou à l’initiative. Il accomplit cependant avec générosité ce dont il est chargé. D’une intelligence très solide, il saisit très bien ce qui lui est dit et porte un jugement très sûr sur ce qui lui est enseigné. Sa piété me paraît bonne, même si je lui trouve pas assez d’élan. Il aime le travail intellectuel sans se dérober aux services matériels ». Suivent deux années d’étude de la philosophie à Taintegnies (1921-1923). Après quoi, il part à Istanbul, à Kadi-Keuï, y commence ses études de théologie (1923-1924) qu’il va poursuivre à Rome de 1925 à 1927 en soutenant une thèse de doctorat. Il prononce ses vœux perpétuels en 1924. Il marque un attrait spécial pour des études d’érudition, ce qui l’a fait incliner un moment vers l’Ordre Bénédictin, mais son amour de l’Assomption est par la suite sans faille. Il est ordonné prêtre le 11 juin 1927. Ses aptitudes intellectuelles le désignent comme un élément de choix pour lequel une spécialisation en Bible est tout à fait recommandée. Professeur d’exégèse. Deux années d’études bibliques à Jérusalem lui permettent d’obtenir en 1930 la licence en exégèse. A.A Dès 1929, il est nommé professeur d’Ecriture Sainte au scolasticat de Louvain et il prépare intensément sa thèse de doctorat en exégèse, travail qu’interrompt malencontreusement la guerre. La maison de Louvain est détruite par les bombes en 1940. Le Père Landoald perd en effet son cours et toutes les notes d’étude qu’il a patiemment rassemblées pendant plus de dix ans sur la sotériologie de saint Jean, sur la mariologie et sur le protestantisme, trois sujets sur lesquels il préparait des publications déjà bien avancées. A cause de l’invasion allemande, les religieux néerlandais se regroupent à Bergeijk. Le Père Landoald y prend ses cours jusqu’en 1946. Il passe alors une année au noviciat de Nalsteren comme premier assistant. Puis il vient à Nimègue, au Centre universitaire de la maison d’Alzon, où, au cours des années suivantes, il prêche de nombreuses retraites et donne des conférences à diverses communautés de religieux et de religieuses. Il publie aussi des articles dans plusieurs revues, ainsi qu’un opuscule, en 1950, année centenaire pour l’Assomption, sur la spiritualité du P. d’Alzon, puis, en 1962, ‘De Bijbel over liche, ouvrage traduit en italien: La luce nelle Bibbia’. Il est également choisi comme censeur doctrinal en vue de l’édition du livre de son confrère, le P. Olaf Hendriks, Aan de diepe Bronnen van het lijden (Aux sources profondes de la souffrance). A partir d’avril 1962, le Père Landoald devient pensionnaire à Mariahof, centre pour religieux âgés, dirigé par les Frères Pénitents, à Tilburg. Ce centre étant fermé, il vient en mars 1985 à la maison Molenweide de Boxtel. C’est là qu’il meurt le 30 juin 1986, dans sa 88ème année, après avoir reçu le sacrement des malades. Ses obsèques ont lieu dans la chapelle de la même maison. Son corps est inhumé au cimetière de Stapelen. Les circonstances de sa vie n’ont peut-être pas permis au P. Landoald de donner toute la mesure de ses capacités, notamment au niveau de la production d’ouvrages de qualité scientifique.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 127-128. De Schakel, 1986. Lettre du P. Landoald Sibum au P. Hervé Stéphan, Nimègue, 10 mars 1980. Dans les ACR, du P. Landoald Sibum, correspondances (1923-1980), articles sur l’Eucharistie chez le P. d’Alzon, notes pour la révision des Constitutions (1960-1961), remarques pour la révision du Coutumier (1962), des ouvrages d’éxégèse (De Bijbel aver licht, Paul et les Douze), l’opuscule ‘Een katholieke Spiritualiteit uit de XIXE eeuw (1950). Dans les Mélanges d’Alzon (1951), on doit au P. Landoald Sibum une contrivution remarquée sur le thème: ‘La Sainte Eucharistie chez le P. d’Alzon’. Notices Biographiques