Laurent (Wilhelmus Laurentius) KOOLE – 1916-1978

Thonnance-lès-Joinville,
1959-1960.
« Travaillant dans un milieu déchristianisé, en milieu ouvrier où cependant
toutes les traditions chrétiennes n’ont pas disparu, nous ne sommes pas
toujours à même de voir les résultats de notre travail pastoral. Les
grandes difficultés que nous rencontrons sont l’indifférence religieuse
autour de nous et
parfois le découragement entre nous. Le zèle des religieux est réel. Certes
nous faisons ce que nous pouvons, compte tenu de l’ambiance peu stimulante
des fidèles et de
nos propres capacités. Mais je crois qu’en tant qu’apôtres nous pouvons
toujours faire davantage. Je perçois dans la vie communautaire une bonne
volonté de la part de tous. L’entente y est bonne et charitable, malgré les
différences de caractère et d’aptitudes. Un jeune sculpteur hollandais a
créé une belle statue de la Vierge que nous avons érigée à Thonnance, sur
une stèle de pierre dominant la colline. Nous avons régulièrement, sur le
plan du doyenné, des journées de recollection en commun avec des prêtres
diocésains et des réunions pastorales, ce qui nous permet d’échanger et de
progresser pédagogiquement
». Rapports annuels établis par le P. Laurent.

Religieux de la Province des Pays-Bas.

Une Formation coupée par la guerre.

Né le 15 mars 1916, à Asten (Pays-Bas), au diocèse de Bois-le-Duc, Wilhelmus Laurentius Koole est d’abord scolarisé dans l’école St-Bedenrode de son village, tenu par les Pères de Picpus (1928-1931), avant de prendre le chemin de l’alumnat de Boxtel (1931-1936). Dispensé du service militaire, il prend l’habit religieux à Taintegnies, le 27 septembre 1936. Il fait profession l’année suivante, le 28 septembre 1937, sous le nom de Frère Laurent ou Laurens. Le P. Domitien Meuwissen, son maître des novices, le présente à la profession de la manière suivante: « Le Frère Laurens doit être encouragé continuellement. Si on sait lui montrer une grande confiance, alors on obtient beaucoup de lui. De l’avis des religieux, il a fait beaucoup de progrès quant au sérieux et à la piété. En récompense de sa bonne volonté, il a été nommé second sacristain. Il devra se corriger de sa timidité. Il sait composer des chants. Au début nous le croyions dissipé à cause de son rire à la chapelle, mais cela tient surtout à sa distraction ». Il entreprend ses études de philosophie à Saint-Gérard (1937-1939). La guerre interrompt provisoirement son parcours presque linéaire. On sait qu’il commence sa théologie au scolasticat de Bergeyk, la maison de Louvain ayant été détruite par des bombardements. En 1940, il passe quelques mois à Lormoy (Essonne) en France, puis il retourne à Boxtel d’abord, enfin à Bergeyk. Il prononce ses v?ux perpétuels à Bergeyk, le 26 décembre 1940. Il est ordonné prêtre à Oirschot, le 12 septembre 1943.

Emplois et résidences.

De 1943 à 1945, le P. Laurent est assistant-économe à De Lutte où pendant la guerre, les religieux hollandais font leur première année de philosophie.

Le 15 janvier 1946, le P. Laurent part pour la France où il est d’abord vicaire, puis curé dans les paroisses de Thonnance-lès-Joinville (Haute-Marne, Revigny-sur-Ornain (Meuse) et Dannevoux, près de Verdun (Meuse). En novembre 1958, de nouvelles orgues sont solennellement inaugurées dans la paroisse historique, Saint-Pierre et Saint-Paul, de Revigny (1). Au printemps 1960, une nouvelle chapelle est construite à Revigny, dans le quartier neuf de la cité qui se développe en raison d’implantations industrielles métallurgiques. Le 26 septembre 1959, il est nommé supérieur de la communauté. Prêtre zélé, ayant le c?ur d’un vrai apôtre, il mène une vie dure au sein de ces populations rurales et ouvrières, clairsemées ou déracinées et globalement peu pratiquantes. Il y acquiert une solide expérience pastorale et se montre, malgré les difficultés, partisan convaincu d’une vie équilibrée entre obligations apostoliques et services de la vie commune, en faveur d’une vie religieuse communautaire selon les possiblités du groupe. Plein de bon sens, tenant assez fortement à ses idées, il ne trouve peut-être pas toujours la manière de travailler en collaboration avec ses confrères. Il meurt après plus de 20 ans de travail pastoral, à Dannevoux, le 6 mai 1978, ayant à peine dépassé la soixantaine. Il est inhumé à Thonnance le 9 mai suivant.

(1) On peut lire sur un dépliant d’époque que cette paroisse possède ses quatrièmes grandes orgues. Les premières ont disparu en 1639 dans l’incendie de l’église par les Suédois, au moment de la guerre de Trente ans. On rétablit en 1731 de nouvelles orgues de 22 jeux, enfermées dans un buffet monumental. Mais ces orgues sont une nouvelle fois anéanties le 8 septembre 1914, lors d’un bombardement, au début de la première guerre mondiale. En 1934, elles sont enfin remplacées par un instrument de 23 jeux, de la facture de la maison A. Collet de Verdun, avec buffet et tribune de style Renaissance. Enfin au cours de la deuxième guerre mondiale, Revigny se trouve encore une fois sous le feu des bombardements. En 1958, les orgues sont remplacées par un seize pieds, provenant des établissements Roethinger de Strasbourg. La façade et la tribune sont exécutés sous la direction de M. Paul Pillet, architecte en chef des Monuments historiques. Les nouvelles orgues comptent 22 jeux. La question des instruments musicaux en dit long également sur les dommages subis par les bâtiments religieux et autres d’une région qui s’est trouvée à maintes reprises durement éprouvée par les guerres.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 60. In memoriam Pater Laurent Koole (1916-1978), 8 pages par le P. Richardus Beerens, pour la revue De Schakel, 1978. Dans les ACR, deux correspondances du P. Laurent Koole (1970).