Lazare (Pierre-Théophile) CHABANT – 1842-1909

Un placard comminatoire.
« PRIERE INSTANTE DE RESPECTER LES CORRIDORS, LES VESTIBULES, LES ESCALIERS
DE CETTE MAISON D’ALZON A CAUSE DE SES SOUVENIRS ET DE SES OeUVRES.

Cette maison demande un grand calme et une tenue parfaite, à cause de sa
dignité. Siffler, chanter, crier, dégringoler les escaliers, et faire du
tapage ici! Non! En vue de l’avenir. Père Lazare. » Cette affiche imprimée
et signée se trouve au Vigan,
dans la chambre consacrée aux souvenirs du P. d’Alzon et de sa famille, dit
le musée
d’Alzon. Elle n’est pas datée, mais doit correspondre à la période où la
maison natale du P. d’Alzon ayant servi d’abord de cadre au noviciat entre
1864 et 1874, puis d’alumnat
Saint-Clément de 1874 à
1881, fut achetée par la Comtesse de Clermont- Tonnerre afin d’être
préservée d’une expropriation certaine, avec la promesse qu’un jour plus
favorable elle puisse être rachetée à ses héritiers ou ayant droits. Entre
1881 et
1933, la maison, louée à de nombreux occupants, passa entre des mains peu
soigneuses.

Religieux de la Province.

Un prêtre diocésain à Assomption.

Pierre Théophile est né à Niort (Deux-Sèvres) le 3 juin 1842. Comme son frère aîné, il entre au petit séminaire de Montmorillon, puis, à Paris, au séminaire de Saint-Sulpice pour les études philosophiques et théologiques. Il est ordonné prêtre le 6 mai 1866 et retourne dans son diocèse d’origine pour le ministère paroissial, d’abord comme vicaire à Poitiers, puis curé et curé-doyen de La Viliedieu-du-Ciain. Il est aussi chargé de l’aumônerie des Carmélites de Niort. Le P. Emmanuel Bailly fait sa rencontre lors d’une retraite prêchée au Carmel de Niort. Il présente ainsi l’abbé Chabant lors de sa demande prise d’habit à l’Assomption, le 2 septembre 1885: « L’abbé Chabant, âgé de 44 ans environ, aumônier du Carmel de Niort, prêtre distingué du diocèse de Poitiers, estimé de Mgr Gay, a été curé et archiprêtre pendant peu d’années. Doué d’un vrai talent de parole, jouissant d’excellentes relations et regretté des Carmélites dont il a été aumônier et confesseur pendant plusieurs années de suite, a fait avec nous le pèlerinage de Jérusalem. Sa vie facile et délicate, sa santé capricieuse, une certaine suffisance et des tendances à l’inconstance, ont fait avec son âge redouter les difficultés de la vie religieuse qu’il veut suivre malgré toutes ces objections qu’on lui oppose. Mais il a fait montre de fermeté et d’esprit de sacrifice. Pour arriver à Osma, il a affronté un voyage difficile et subi un lazaret cruel où il est extraordinaire qu’il ne soit pas tombé malade. Je crois qu’il peut être admis au noviciat ». L’abbé Chabant s’y retrouve en pays de connaissances avec un trio de Poitevins, les PP. Jean-Emmanuel Drochon, Marie-Jules Chicard et Maximin Vion. En 1887, devenu le Père Lazare, l’abbé Chabant prononce ses vœux perpétuels le 18 septembre à Livry.

Au grand vent des œuvres et de la prédication.

De 1887 à 1890, le P. Lazare rejoint le collège de Nîmes (Gard) qu’il connaît déjà puisqu’il y a passé sa seconde année de noviciat (1886) comme professeur à l’alumnat d’humanités. Mais c’est surtout au ministère de la prédication que le P. Chabant va s’adonner dans ses différentes résidences communautaires (Nîmes alumnat: 1887-1890, Bordeaux: 1892, Nîmes collège: 1892-1896, Paris: 1896-1900, Toulouse: 1900). Il fait partie de la communauté parisienne de la rue François 1er quand surviennent les perquisitions et les procès (1899-1900). Il figure au procès des Douze. Interrogé, il répond au président du tribunal « je suis missionnaire et prédicateur, et dans une telle mesure qu’à Paris on se demande de quelle maison je suis, parce que, lorsque je ne suis pas en chaire, je suis en chemin de fer, je m’occupe certainement des âmes avant de les prêcher et après que je les ai prêchées, mais cela dans une act ion absolument catholique, surnaturelle, et toujours pour la gloire de Dieu ». Cette déclaration n’empêche pas sa condamnation! Forcé de quitter le soi français, le P. Lazare, après un court séjour en Belgique, traverse l’Océan AItantique pour aller missionner en Amérique du Nord. A Baltimore, il s’occupe particulièrement de la colonie française et remplit la fonction d’aumônier auprès de religieuses Dominicaines. En janvier 1906, à cause de sa santé, le P. Lazare rejoint la maison de San Remo sur la côte italienne. Il y est aumônier des Ursulines de Saint-Cyr-au- Mont-d’Or repliées également en cette ville, après l’expulsion de France de toutes les congrégations religieuses enseignantes. Il rend aussi service en tant que prédicateur et confesseur aux Religieuses du Sacré-Coeur, aux Carmélites, aux Religieuses de Nancy, aux Religieuses de l’Assomption, toutes présentes dans ce diocèse de Ventimille. En octobre 1907, sa santé commence à lui poser problème. En mars 1909, pour changer d’air, il rend visite à son frère prêtre séculier à Civray (Vienne). C’est là que la mort l’attend le 6 mai 1909, le jour même de son 43ème anniversaire de vie sacerdotale. Il y est inhumé le samedi 8 mai suivant.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1909, n° 32, p. 128; n° 33, p. 132. L’Assomption, 1909, n° 150, p. 84-85. Circulaire du P. Ferréol Poux-Berthe, San Remo, 6 mai 1909. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy . Les ACR conservent quelques correspondances du P. Lazare Chabant (1889-1909) ainsi q’un carnet de comptes pour le Tiers-Ordre du Vigan (1905) et des notes d’allocation à ce Tiers-ordre. Le P. Lazare a publié à la Bonne Presse, vers 1900, un Mois de L’Enfant Jésus et une tragédie en vers, Déodat, un opuscule, L’Amabilité chrétienne, et un poème: Le Rédempteur.