Léo (Leonardus-Augustinus-J.) LEURINK – 1911-1989

Un grand changement.
« J’ai quitté le Congo le 15 octobre 1966. Je me rappelle que vous me
disiez à Musienene:’Venez à Rome, on vous donnera du travail’. C’était très
gentil de votre part, mais me voici maintenant à Herkenbosch où le P.
Marius
(Van Den Boogaard] m’a envoyé. C’est une grande différence pour moi.
J’espère être capable de m’adapter au climat religieux. Quand j’écoute tout
ce que l’on dit par ici, je me demande où se trouve la vraie voie. Qui a
raison? On discute, on parle de tout ce qui se
rapporte aux questions de foi, de liturgie, de messe, de bréviaire.
Il y a beaucoup de solutions en tout, mais beaucoup sèment le désarroi chez
les gens. Enfin ce temps un peu tumultueux fera sans doute place d’ici
quelques années à plus de modération. Espérons-le en tout cas. Le 8
décembre dernier, le P. Marius m’a appelé à la Procure d’Anderlecht pour
aider le P. Jean Thomas qui avait beaucoup de travail de bureau à cause de
la tombola. Cela me plaît, mais ça n’a pas duré, et me voici de retour.
Jamais je n’aurais pu prévoir cette nomination et encore moins la désirer.
J’ai fait tout mon possible pour
retourner, mes arguments ont
été rejetés, Pourvu que je puisse m’adapter à mon nouveau
milieu! ».

Religieux de la Province des Pays-Bas.

Le temps de la formation.

Léonardus-Augustinus-Joseph Leurink est né le 27 mars 1911 à Borne, dans les Pays-Bas, province d’Overijssel. Il fait ses études secondaires au petit séminaire des Pères de la Société du Verbe divin à Soesterberg (1923-1929), puis à l’alumnat-collège de Kapelle-op-den-Bos (19301932). Il entre au noviciat à Taintegnies, le 2 octobre 1932. On le connaît sous le nom de Léo, abréviation de Léonardus. Il est admis à prononcer ses premiers v?ux le 3 octobre 1933. Il fait ses études de philosophie à Saint-Gérard et celles de théologie à Louvain. Profès perpétuel le 24 juin 1937, il est ordonné prêtre le 26 février 1939. Le P. Romanus Declercq l’estime comme « un religieux de bon caractère, un peu faible en étude, mais animé d’excellentes dispositions morales. Il souhaite devenir missionnai,re ».

En mission au Congo.

Selon son désir, le P. Léo part pour le Congo belge en 1939. Il y travaille en divers postes, notamment à la direction de l’Ecole Normale, à la paroisse de Kitatumba à Butembo et à Bunyuka. En même temps il aide à la formation des religieuse zaïroises. Il est aussi professeur au petit séminaire de Musienene. Venu avec son Frère Clémens au Congo, il est au départ affecté à Manguredjipa d’où il écrit à ses parents qu’il fait extrêmement chaud alors que le Frère Clément, lui, parachuté à Kyondo, demande des laines pour se protéger du froid et de l’humidité! De santé assez fragile, le P. Léo souffre même d’hématurie dans ce qu’il appelle ‘le boyau de la mort’. Plusieurs Européens y laissent d’ailleurs leur vie, comme beaucoup d’Africains. C’est une des raisons pour lesquelles la direction minière (M.G.L.) a demandé l’aide des S?urs

et qu’elle a accepté la venue de missionnaires et de catéchistes dans cette région autrefois zone interdite, à cause de son activité. Le P. Léo est encore affecté à Mulo, puis remplace le P. Martial Ronvaux à l’Ecole normale, en fait une école de moniteurs, sur le modèle simple de celle en fonction à Bunia. En 1947, le P. Léo rentre plus tpôt que prévu en congé aux Pays-Bas, pour revoir sa mère, Grada Antoniate Nijenhuis, qui se meurt d’un cancer. A son retour, le P. Léo fait cinq ans à Muhangi (1947-1952). Il construit en dur l’église et le presbytère grâce aux bénéfices retirés de la vente de café. Puis il retrouve son frère, Clémens, à Bunyuka, de longues années (1952-1960). Il dessert encore la paroisse de Kitatumba à Butembo (1961-1964) et passe deux années au petit séminaire de Musienene (1964-1966). C’est un véritable drame pour lui quand, en 1966, il doit rentrer définitivement aux Pays-Bas, à cause de sa santé. Il n’a que 55 ans, mais il est malade.

De retour aux Pays-Bas.

En 1966, le P. Léo est nommé supérieur de la communauté de Herkenbosch. Il garde cependant l’espoir ou l’illusion de retourner un jour au Zaïre. En décembre 1967, il vient aider à la Procure des missions à Bruxelles-Anderlecht. La visite médicale obligatoire ne lui laisse qu’une déception. Les médecins ne lui donnent pas le feu vert. Le P. Léo se dévoue alors à la Procure jusqu’à ce que, en 1969, il reçoive sa nomination de curé à Klein Gelmen, en pays flamand. En 1975, il est recteur de la maison de retraite Saint-Joseph à Weerselo. Le 1er avril 1981, il est admis à la retraite. Il continue à habiter à Saint-Joseph. C’est le 8 novembre 1989 que la mort vient le chercher. Il précède son frère de quelques jours dans la tombe. Après les obsèques célébrées à Weerselo, il est inhumé au cimetière des Assomptionnistes de Stapelen, à Boxtel. « Plus qu’investi d’une fonction, le P. Leurink était un pasteur, un berger qui apporte Dieu et sa Bonne Nouvelle aux hommes et qui conduit les hommes à Dieu. Avec cet objectif, il s’est efforcé de conduire les hommes vers un bonheur de plénitude ». D’après le P. Jan Van Der Meer.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p. 76-77. De Schakel, decembre 1989, n° 4, p. 233-237. Marc Champion, Province du Zaïre, Religieux défunts (1929-1994), Butembo, 1994, p.76. Lettre du P. Léo Leurink au P. Wilfrid Dufault, Herkenbosch, 27 décembre 1966. Lettre du Père Léo et du Frère Clemens Leurink, Borne, le 28 janvier 1965, au P. Wilfrid Dufault (sur la fiche précédente, du Frère Clémens). Du P. Léo Leurink, dans les ACR, quelques correspondances (1960-1975). Le P. Léo a également donné des nouvelles de la mission du Congo publiés dans la revue De Schakel.