Léocade (Francois Joseph) BAUER – 1891-1967

Un aumônier attentif et inventif.

« Avec un sens très sûr de l’organisation, le P. Léocade prévoyait tout,
chaque année, en fonction des circonstances, pour que chaque classe, chaque
enfant puisse bénéficier de son zèle et se trouver disponible autant que
par le passé. Il obtint l’autorisation de biner afin de pouvoir assurer
chaque jour la messe matinale pour la communauté religieuse et une messe
plus tardive pour les élèves.

Rien ne l’attristait autant que la baisse de la pratique sacramentelle et
alors, tout en respectant les libertés,
il s’ingéniait à chercher les moyens de ranimer la ferveur. La préparation
à la première communion et à la profession de foi faisait l’objet de tous
ses soins. Il collaborait
étroitement avec les religieuses et les parents. Pour la profession de foi,
ces derniers étaient tenus au courant par l’intermédiaire
d’un cahier à signer, en portant une appréciation. Il inventa le Loto
missionnaire, les soutenances d’instruction religieuse qui amenaient les
jeunes à exprimer leurs convictions en public. Il ne craignait pas d’y
inviter même l’évêque… »

Témoignage d’une Oblate de l’Institut d’Alzon.

Religieux de la Province de Paris.

Un ‘alsacien-lorrain de l’intérieur’ à l’extérieur.

François Joseph est né le 19 juillet 1891 à Achères, aujourd’hui dans les Yvelines, d’un père alsacien, François, et d’une mère lorraine, Marie Villen. La famille alsacienne, de Guebwiller, a quitté le soi natal en 1870. Trois enfants se font religieux, l’un lazariste, un autre Frère de Sainte-Croix et un troisième frère Franciscain. Ce dernier, martyrisé en Chine par les Boxers en juillet 1900, est béatifié par Pie XII le 24 novembre 1946. L’enfance de François Joseph est très éprouvée par la mort de sa mère, d’une petite sœur et, en 1897, de son père. Il est élevé, interne, par les Frères de Sainte-Croix à Bourgeuil (Indre-et-Loire). Une Petite Soeur de l’Assomption lui fait connaître l’Assomption par le P. François Mathis lequel le dirige sur l’alumnat de Clairmarais (Pas-de-Calais) en septembre 1903. Il passe au Bizet en Belgique (1904-1906), à Saint-Trond, à Zepperen et enfin à Taintegnies où il fait de bonnes études jusqu’en 1908. Adolescent très éveillé, artiste mais un peu renfermé, il entre au noviciat de Louvain et reçoit à sa prise d’habit le 28 août 1908 le prénom de Léocade. Le P. Antoine de Padoue Vidal le prend en charge à Gempe où il prononce ses vœux perpétuels le 30 août 1910, au jour anniversaire du centenaire de la naissance du P. d’Alzon. Le 1er septembre 1910, il commence sa philosophie à Louvain. En août 1913, il est désigné pour le professorat à Brousse en Turquie, mais en août 1914 les hostilités militaires le font transiter pendant un an de Phanaraki, à Ismidt, à Kadi-Keuï et enfin à Plovdiv jusqu’à l’expulsion des religieux français en novembre 1913. Il est du nombre de ces Assomptionnistes qui, par la Roumanie, la Russie, la Finlande, les pays scandinaves et l’Angleterre rentrent en France pour satisfaire à leurs obligations militaires.

Notices Biographiques A.A Page : 183/183 En janvier 1917, mobilisé, il est affecté au service de santé jusqu’en 1919. Il peut reprendre des études de théologie à Louvain où il est ordonné prêtre le 7 août 1921, à l’âge de 30 ans.

Après l’Orient, l’Amérique (1921-1940).

Fr. Léocade qui s’est mis à l’anglais à Londres (Bethnal Green: 1913-1916) est envoyé au collège de Worcester aux U.S.A., de 1921 à 1931. Professeur exigeant, il gagne le surnom de ‘Hot Dog’, mais aussi la sympathie des élèves en rédigeant les revues ‘L’Assomption’ et ‘L’Almanach de l’Assomption’. Il y développe la tradition du théâtre dramatique où sont mis à contribution ses talents de metteur en scène, de costumier et de musicien. Sa prédication très goûtée lui vaut un autre surnom, plus admiratif: ‘le petit Saint Antoine’. En 1931, il est envoyé comme maître des novices au Québec, à Bergerville et il met tout son cœur et son énergie ingénieuse à former une jeune génération de religieux américains. Différentes maladies le conduisent à demander son retour en France en 1940.

A Nîmes (1941-1966).

C’est au collège de l’Assomption qu’il voue tout d’abord ses soins comme préfet spirituel jusqu’en 1948. Il est ensuite accaparé par l’institut d’Alzon des Soeurs Oblates, rue Séguier, où il assure un ministère spirituel de qualité: retraites, aumônerie, catéchèse et formation missionnaire. Il adapte pour les plus jeunes élèves la coutume de choisir des .marraines’, ce qui conduit les aînées à se former davantage sur le plan religieux et à devenir responsables. Tout naturellement, il prend en charge des groupes du Noël et organise des voyages à l’étranger qui dynamisent et relancent le travail de l’année.

La dernière étape: Paris 1966-1967.

Le 8 septembre 1966, à la demande du P. Brajon, il accepte la charge d’aumônier chez des Soeurs de Sainte Marie, à Paris, rue Bara. Il y meurt le 21 décembre 1967, d’une crise cardiaque. Les obsèques se déroulent le mardi 26 décembre dans la chapelle de l’hôpital de Don Secours où le P. Léocade a été transporté d’urgence le soir du jeudi 21 décembre. Son corps est inhumé au cimetière Montparnasse.

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Bibliographies

Bibliographie et documentation : B.O.A. janvier 1968, p. 232-234. Paris-Assomption, avril 1968, n° 111. Note biographique sur le P. Léocade Bauer par le P. Vandepitte, pro manuscripto, 9 pages. Yves Garon, Les Assomptionnistes au Canada, Sillery, 1997. Les archives romaines détiennent un petit lot de correspondances autographes du P. Léocade, espacées de 1908 à 1965 ainsi que son cahier manuscrit de noviciat (Bergerville: 1933-1937). Le P. Léocade a donné des conférences à divers publics, notamment des conférences sur le P. Clément Staub aux Sœurs de Sainte Jeanne d’Arc au Québec et des conférences sur l’Instruction chrétienne aux parents d’élèves de l’Institut d’Alzon de NÎmes: textes non publiés, en copie dans les archives romaines.