Léon HILAIRE – 1920-1985

Prière du c?ur.

« Je vous demande de remercier avec moi Dieu et la Vierge Marie pour toutes
les grâces que j’ai reçues pendant ces quarante-six ans. Je suis à la
disposition de Dieu quand il le voudra et comme il le voudra.

Je demande pardon à tous ceux et toutes celles que j’aurais pu peiner au
cours de ma vie religieuse. Je remercie mes frères et s?urs d’ici et
d’ailleurs de leur incessant témoignage d’affection fraternelle. Je demande
qu’on termine cette cérémonie par le chant solennel du Salve Regina, qui
termine chaque soir les prières des pèleri nages à Lourdes.

Je t’assure, cher Père Jean- Pierre [Dehouck], que des cérémonies comme ça,
surtout quand c’est toi l’intéressé, ça remue. Il était temps que je dise:
Allons dans la paix du Christ, Alleluia, Alleluia. Les larmes me montaient
aux
yeux. Ensuite, tout le monde m’a embrassé ».

A Travers la Province, 1985, n° 37, p. 19.

Religieux de la Province de France.

Une vocation de Frère Coadjuteur.

Léon Hilaire est né le 14 janvier 1920 à Sainte- Eulalie, dans les montagnes de l’Ardèche. Après des études au petit séminaire d’Aubenas (Ardèche), il manifeste le désir de devenir frère convers et prend l’habit au noviciat des Essarts (Seine-Maritime), le 29 mai 1938. Profès le 30 mai 1939, il est nommé à l’alumnat de Vérargues (Hérault). Sauf un an de service militaire, il est jardinier, cuisinier et dépensier jusqu’en 1951 dans cette maison du Midi. Suivent deux années parisiennes, à la maison provinciale, avenue Denfert-Rochereau: il y est portier, participe à l’entretien matériel de la maison et fait les courses. De 1953 à 1960, le voilà cuisinier, jardinier, aide-économe à Soisy-sur-Seine (Essonne), alors alumnat d’humanités. A Notre- Dame de France de Jérusalem, il exerce les mêmes fonctions dans le même état d’esprit de service, jusqu’en 1971.

Une vie de service, toute donnée.

A son retour, il est affecté à Lormoy (Essonne), maison devenue Centre d’accueil pour sessionnistes et, en mars 1973, il arrive aux Essarts, ancien noviciat devenu également Centre d’accueil. Il y reste, jusqu’à sa mort, au service de la communauté et du Centre d’accueil. Il aide à la cuisine qu’il assure lui-même lorsque le chef est absent. Il collabore à la vaisselle et à l’entretien de la propriété: la taille des rosiers et des arbres fruitiers, balayage des feuilles mortes, tonte des pelouses, service des poubelles, nettoyage des locaux. La vie humble aux travaux ennuyeux et faciles est une oeuvre de choix qui veut beaucoup d’amour: la poésie de Verlaine exprime bien le contenu et le sens de la vie du Frère Léon. Sa vie est une oeuvre de choix par laquelle il aime et sert tous ses frères au quotidien,

soucieux de l’accueil, très apprécié, discret, efficace. Homme de foi et de prière, il aime animer la liturgie. Sa grande dévotion mariale le conduit à Lourdes tous les ans (1). Le Frère Léon qui semble taillé pour durer un siècle, éprouve cependant en février 1984 de violentes douleurs lombaires qui font d’abord croire à une sciatique. Des examens à l’Hôtel-Dieu de Rouen révèlent un mal autrement grave. Revenu aux Essarts, Frère Léon conserve le souci d’être utile. En août, il doit cependant renoncer au Pèlerinage national, puis écourter le séjour dans sa famille, pour revenir se soigner. Il assure encore des permanences au téléphone et des visites à tous, soucieux des joies et des peines de chacun, sans jamais se plaindre. A la mi-octobre, la souffrance est de plus en plus aiguë et nécessite des piqûres toutes les quatre ou cinq heures. En novembre de la même année, de nouveau un séjour à l’hôpital. Le jour de ses 65 ans (14 janvier 1985), aux Essarts, entouré de toute la communauté, avec beaucoup de foi et d’émotion, il reçoit le sacrement des malades. En février, il passe encore quelques jours à Rouen. Le 8, il entre chez les Petites S?urs des Pauvres d’Elbeuf. C’est là qu’il meurt le 22 février, à six heures du matin. Il y a beaucoup de monde à ses obsèques, le mardi 26 février, présidées par le P. Jean-Pierre Dehouck. Le P. Romain Ponsard retrace dans un mot d’accueil la vie du Frère Léon écrite par lui-même, bouleversante de vérité et de simplicité. De l’homélie, on peut retenir que «notre Frère Léon aurait pu porter le nom de Nathanaël. A son sujet on peut dire: Voici un religieux en qui il n’est pas d’artifice. Je pense à telle circonstance où le Frère savait reconnaître un tort avec beaucoup de simplicité. Et aux termes simples et joyeux par lesquels il m’annonçait qu’il allait recevoir l’Onction des malades et consentait à ce que cette lettre et le récit de la célébration soient publiés dans notre bulletin ». À la prière universelle est chanté le refrain qu’inspire la vie de Frère Léon: Ajoute un couvert, Seigneur, à ta table…

(1) D’après une citation du P. Alex Martyanoff qui a contribué à la rédaction de cette biographie.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 58-59. ART Informations, 1971, n° 19, p. 1. Assomption-France, Nécrologie n° 4, année 1985, p. 65-66. Dans les ACR, deux correspondances du Frère Léon Hilaire (1965-1968).