Léon (Léon-Michel) CLOUET – 1896-1984

Evocation.
« Le Frère Léon Clouet, l’un des nôtres, a été rappelé auprès du Seigneur
le jour de la fête de Saint Joseph ouvrier, la fête du travail. Le Frère
Léon savait la valeur du
travail. Même au péril de sa vie. A Verdun, il transportait à bicyclette le
courrier de l’Etat- Major. Plus tard, il est resté seul, gardien de la
maison de Neuilly. Pendant une dizaine d’années, rue François 1er, il
allait deux fois par jour déposer à la poste lettres et paquets dont la
grosse partie concernait l’Association
Notre-Dame de Salut et le Pèlerinage national. Humblement, sans vouloir
paraître ou se montrer, il a rendu service à beaucoup. Je soulignerai son
activité cachée pendant le National… Faut-il ajouter le souci qu’il avait
d’une chapelle bien tenue,
avec nappes, burettes et autres objets impeccables? Ce souci allait
jusqu’aux hortensias qui, après s’être épanouis devant l’autel, reprenaient
vie dans le petit jardin de François 1er. Ce sens de l’impeccable se
retrouvait sur sa personne,
dans sa chambre et son souci général de bien faire chaque geste, de
s’occuper au mieux de tout ce dont il était responsable ».
Jean Patinot, 3 mai 1984.

Religieux de la Province de France.

Une homme discret.

De la première moitié de la longue vie du Frère Léon Clouet (88 ans), nous ignorons à peu près tout: le Frère était si discret. Il est né à Nantes le 13 mai 1896, fils de Louis Clouet et de Anne Marie, née Gravaud. L’enfant est baptisé sous les prénoms de Léon-Michel. Après sa scolarisation dans les classes enfantines et primaires, il est placé en apprentissage. ‘Nous savons qu’il est représentant en quincaillerie lorsqu’il connaît l’Assomption par les Petites- Sœurs de l’Assomption à Paris et les religieux A.A. de Marseille.

Un noviciat recommencé.

Il entre au noviciat de Nozeroy (Jura) en octobre 1937 où, semble-t-il, tout ne se passe pas pour le mieux entre lui, jugé peu souple, et le maître des novices qui est, à l’époque, le rude P. Gausbert Broha. Comme il s’agit de questions plutôt relationnelles, extérieures quant au fond à la vie religieuse elle-même du novice, il est admis à une première profession le 4 octobre 1938 sous le nom de Frère Léon. Il est affecté à la Procure de Lyon et fait partie de cette province à cette date. Là il se heurte au caractère du supérieur de la communauté. A l’expiration de ses vœux, il retourne dans la vie civile. Nous sommes au début de la guerre 1939, il est mobilisé puis rentre dans sa famille à Nantes. C’est de là qu’il demande à rentrer dans la vie religieuse assomptionniste: il est admis au noviciat de Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime) le 1er juillet 1941. Il y est accueilli par le P. Régis Escoubas qui, au terme d’une nouvelle année canonique de noviciat, peut se porter garant de lui: « Le Frère Léon a déjà fait un noviciat à Nozeroy et passé une année de profession à Lyon. Certes le caractère du Frère Léon n’est pas très souple, mais le Frère a de grandes qualités et un souci sincère d’être docile,

obéissant et une première expérience a été instructive pour lui ». Le Frère Léon est accepté comme religieux le 2 juillet 1942 par la profession de ses vœux simples pour une année. C’est le 2 juillet 1945 qu’il prononce ses vœux perpétuels à Pont-l’Abbé d’Arnoult.

De Province en Province.

Le Frère Léon entre cette fois dans la province de Bordeaux. Il est nommé successivement sacristain et cuisinier à Angoulême (Charente) de 1942 à 1947 formant vie commune avec les PP. Ronan Guégen supérieur, Georges Camps et Marie-Michel Couloignier. Il passe secrétaire à Layrac (Lot-et-Garonne) de 1947 à 1948, puis sacristain de la paroisse de Bordeaux- Caudéran (Gironde) de 1948 à 1954, enfin portier et ‘dépensier’ à Layrac (1954-1958). Transféré à la Quasi-Province (1) des O.G.F. (œuvres généralices françaises), il travaille à la maison quasi-provinciale de Neuilly-sur-Seine, rue Chauveau (Hauts-de-Seine) jusqu’à sa fermeture en 1969. Il passe alors à la communauté parisienne de la rue François 1er. Il est encore changé d’affiliation en mars 1971, au bénéfice de la ‘Province de France’, laquelle n’a pas encore un statut officiel. Agé de 80 ans en 1976, il revient une troisième fois à Layrac, mais cette fois dans le cadre de la maison de repos où il a le grand plaisir de retrouver des confrères de l’Ouest, une région où on le connaît davantage.

Décès.

Il meurt à Layrac le 1er mai 1984. Dans ses derniers jours, très diminué physiquement et mentalement, il a porté le joug dont parle l’évangile, « car on pouvait se demander ce qu’il était, ce qu’il faisait et à quoi il servait … » . Ses obsèques, présidées par Mgr Johan ancien évêque d’Agen, se déroulent le jeudi 3 mai, suivies de l’inhumation dans le caveau de la communauté.

(1) Il n’est sans doute pas inutile de rappeler la création de cette structure de l’Assomption au Chapitre général de mai 1958, décision qui a mis un terme au fonctionnement estival du Conseil généralice à Paris, avec la nomination d’un Délégué aux Oeuvres générales françaises dont le P. Bruno Linder est le premier représentant.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (111), 1984-1986, p. 21-22. Assomption-France, Nécrologie n° 2, juin 1984, p. 40. Voulez-Vous? (bulletin de Layrac), 1984, n° 129, p. 19-20.