Léonce (L.-Joseph) HANNEBIQUE – 1871-1949

Zongouldak 1911.
« Zongouldak mission de l’Assomption, se trouve en Turquie à 18 heures de
bateau de Constantinople. La communauté se compose de deux religieux et un
frère convers: le P. Léonce Hannebique, supérieur, le P. Samuel
Vanderstruyf et du Fr. Augustin Duchêne. Zongouldak est une quasi-
paroisse: les religieux desservent la chapelle,
assurent une aumônerie auprès des S?urs de l’hôpital, font le catéchisme
aux écoles des Frères et des S?urs, prêchent des missions dans les mines
voisines dépendant de la société d’Héraclée. Les ressources proviennent
d’une allocation annuelle de la
société d’Héraclée, de subsides de la Propagation de la Foi et des
honoraires de messes et casuel. Chapelle et couvent
sont en mauvais état. A la suite d’un commencement d’incendie, l’assurance
a payé les réparations urgentes à opérer. La société minière a bien voulu
faire mettre dans la maison un plancher qui n’existait pas. La communauté
reçoit les journaux et revues de la Bonne Presse, l’Ami du Clergé et la
Revue pratique d’apologétique. Parmi les livres achetés: Quaestiones
praticae theologiae moralis de Borgomanero, les Tables
générales de l’Ami du Clergé,
les livres de l’abbé Duplessis.

Religieux de la Province de Lyon.

Frère aîné du P. Hyacinthe.

Léonce-Joseph Hannebique est né le 10 mars 1871 à Servins, dans le Pas-de-Calais, au diocèse d’Arras. Il commence ses études secondaires au collège ecclésiastique de Bapaume (1882-1885) et les poursuit dans les alumnats de Mauville et de Clairmarais (Pas-de-Calais), de 1885 à 1888. Après avoir fait son noviciat à Livry-Gargan (Seine-Saint- Denis) où il a pris l’habit le 15 août 1888 et fait sa première profession le 15 août 1889, sous le nom de Frère Léonce, il part pour l’Orient au service de la mission: professeur de français à Koum-Kapou à Istanbul-Constantinople (1890-1891), il y prend en charge l’économat l’année suivante. En 1892-1893, il est nommé professeur de français au collège Saint-Augustin de Philippopoli (Bulgarie), passe à Brousse en Turquie dans la même fonction (1893- 1895), à Ismidt (1895-1896). Il reprend ses études de philosophie et de théologie à Kadi-Keuï (1896- 1900). Profès perpétuel depuis le 15 août 1890, il est ordonné prêtre le 17 septembre 1899. Ses états de service en Orient ne sont pas terminés: il est économe et directeur de l’école de Karagatch à Andrinople (1900-1902), économe à Koum-Kapou (1902-1911), puis curé à Zongouldak dans le bassin minier de la Turquie sur la Mer Noire (1911-1913) et enfin professeur de français à Eski-Chéïr (1913- 1914). il rentre alors en France à cause de la mobilisation, mais est dispensé du service militaire. Il remplit la charge de curé à Biendecques dans le Pas-de-Calais (1915-1918) et reprend le service de l’enseignement à l’alumnat de Saint-Maur (Maine- et-Loire) de 1918 à 1919. Préfet de discipline au collège de l’Assomption à Nîmes (Gard) de 1919 à 1920, après un court séjour à Marseille, il est nommé économe à l’alumnat Sainte-Jeanne d’Arc à Scy-Chazelles (Moselle).

Tandis que son frère est affecté à la Province de Bordeaux, il fait choix de la Province de Lyon. Il arrive à Douvaine (Haute-Savoie) sur les bords du Lac Léman en 1926 pour prendre en charge la fonction d’économe à l’orphelinat qu’il conserve jusqu’en 1944. Il y célèbre le 29 septembre 1949 son jubilé d’or sacerdotal. Il meurt à Douvaine, le 5 novembre 1949, dans sa 79ème année, 23 ans après son frère le P. Hyacinthe.

Circonstances de son décès.

« A en juger par les apparences, il semblait que le P. Léonce, d’une robuste constitution, pouvait jouir encore longtemps d’une retraite bien méritée. Levé tous les jours à 5h.30, il venait à l’oratoire de la communauté pour se préparer à célébrer l’eucharistie à 6h.15. Il employait les heures de la journée à faire de longues lectures spirituelles qu’il interrompait pour prier, agenouillé sur son prie-Dieu, tourné vers l’oratoire qui se trouve en face de sa chambre. Avec la régularité méticuleuse qu’il apportait en tout, il faisait sur le soir une longue visite au Saint- Sacrement. Entre temps, il rendait service au secrétariat, prenant la garde du téléphone en l’absence de la secrétaire et aidant celle-ci dans les écritures. A table, il sortait de temps en temps de son silence habituel pour préciser un point de liturgie qu’il connaissait parfaitement, rappeler des souvenirs historiques ou rompre avec ses confrères plus jeunes quelques lances sur la littérature moderne, avec sa vigueur native. La journée du 4 novembre se passa comme les autres. Vers 2 heures du matin, le samedi 5, son voisin de chambre l’entendit pousser quelques soupirs très brefs, mais sans s’inquiéter outre mesure, le Père ayant parfois des cauchemars dans son sommeil. On ne vit pas de lumière dans sa chambre à 5h.30 et on ne l’aperçut pas à l’oratoire pour la messe. Comme il ne répondait pas aux coups frappés à sa porte, on entra dans sa chambre et on le trouva couché, inanimé, mais les membres encore tièdes. Ses obsèques ont été célébrées dans l’église paroissiale de Douvaine. Le P. Léonce était par excellence l’homme du devoir et de la régularité, qui avait l’?il à tout, donnait le travail à chacun des ouvriers, en contrôlait l’exécution et conduisait l’exploitation de notre vaste domaine avec le minimum de dépenses et le maximum de rendement. Il suivait le menu de la cuisine de près et, s’il était économe par nature, il ne lésinait pas sur les dépenses nécessaires. Sa régularité était telle qu’on n’a pas le souvenir de l’avoir vu en retard aux repas. ».

Bibliographies

?Bibliographie et documentation:

Lettre à la Famille, 1950, n° 88, p. 4. Du P. Léonce Hannebique, dans les ACR, correspondances (1901-1926), rapport sur Zongouldak (1911). Rapport cité sur Zongouldak, 10 décembre 1911.