Léonide (Léonce) GUYO – 1874-1939

Trait de caractère.
« Un après-midi d’été à Louvain, nous écoutions le docte cours du P. Eucher
Marquant, lorsque le bruit d’un moteur fit lever plus d’une
tête.
Quelqu’un s’écria:’Voilà l’autogyre’.
Ce fut une ruée vers les fenêtres malgré les rappels désespérés à l’ordre.
Ce fut la seule fois où les é1èves n’écoutèrent pas leur professeur. Les
journaux avaient annoncé que l’inventeur espagnol de l’autogyre passerait
au-dessus de Louvain. Ceci explique la curiosité des jeunes étudiants. Vers
la fin de la récréation de
16 heures, j’étais au réfectoire au moment de goûter quand le P. Léonide
entra aussi pour prendre quelque chose. De nouveau retentit le bruit du
moteur et les Frères en récréation dans le jardin contemplaient ce drôle
d’avion.
Je vis le Père quitter sa place, faire un pas dans la direction de la
fenêtre, s’arrêter brusquement et revenir tranquillement achever son
goûter.
Ce geste de maîtrise de soi- même m’édifia profondément
».
Lettre à la Dispersion

Léonide (Léonce) GUYO

1874-1939

Religieux de la Province de Paris.

Un jeune professeur.

Léonce Guyo, baptisé Léon, devenu en religion Léonide, est né le 3 février 1874 à Magnicourt-en- Comté, dans le canton d’Houdin (Pas-de-Calais). Après ses études primaires à l’école communale, il est admis à l’alumnat d’Arras en 1885 et y fait ses études de grammaire jusqu’en 1888. Il se rend ensuite à l’alumnat de Clairmarais (Pas-de-Calais) pour ses études d’humanités (1888-1890). Il opte pour l’Assomption et se rend au noviciat de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) où il reçoit l’habit, le 6 août 1890, des mains du P. Vincent de Paul Bailly, sous le nom de Frère Léonide. Profès le 14 août 1891 à Livry, il est envoyé à Jérusalem pour ses études ecclésiastiques en mai 1892, bénéficiant de l’article 50 de la loi militaire qui dispense du service militaire les conscrits vivant hors d’Europe pour une raison culturelle. Bien doué intellectuellement et très studieux, il suit les cours du scolasticiat de Notre-Dame de France avec succès (1892-1897). Profès perpétuel le 5 octobre 1892 le P. Ignace Druart, supérieur intérimaire en l’absence du P. Germer-Durand, reçoit ses vœux le Frère Léonide est ordonné prêtre le 19 décembre 1896. Du banc des élèves, il monte à la chaire de professeur après les vacances de 1897 et est chargé du cours de dogme pendant trois ans (1897-1900), puis du cours de morale et de Droit canonique pendant encore trois ans (1900-1903). Ensuite il est envoyé à Louvain comme sous-prieur du noviciat et professeur. Il y explique la seconde partie de la Somme de Saint- Thomas d’Aquin et fait le cours d’hagiographie. Il ne reste qu’un an à Louvain (1903-1904). Aux vacances de 1904, le P. Léonide retourne à Jérusalem comme maître des novices. On essaie en effet en 1904 d’établir le noviciat à Jérusalem.

Malgré les avantages de la Ville Sainte, les inconvénients de la distance pour le recrutement se font sentir et, deux ans après, on trouve plus pratique de ramener le noviciat en Belgique. Aux vacances de 1906, Jérusalem redevient scolasticat de théologie. Quant au P. Léonide, à son retour de Jérusalem, il est affecté à la Bonne Presse, en qualité de secrétaire du P. Franc (Bertoye). Mais le journalisme ne lui convient pas, ses aptitudes sont plutôt centrées sur l’enseignement; aussi ne reste-t-il qu’un an à Paris (1906-1907). Aux vacances de 1907, le P. Léonide est envoyé à l’alumnat d’Elorrio en Espagne comme professeur de rhétorique, pendant deux ans (1907-1909).

Un formateur de qualité itinérant.

Aux vacances de 1909, le P. Léonide est désigné comme sous-maître des novices à Gempe (1909-1911), puis recteur de la 4ème année de théologie à Rome et professeur d’Ecriture sainte (1911-1912). Sur ces entrefaites, le noviciat de Gempe émigre au Luxembourg. Gempe devient alumnat d’humanités: on fait de nouveau appel au P. Léonide pour le diriger (1912-1913). Il passe alors à Louvain comme sous-prieur et professeur des ‘lieux théologiques’ et d’histoire de la philosophie à Louvain (1913-1914). La guerre éclate: mobilisé pendant quelques jours seulement, le P. Léonide finit l’année 1914 à Elorrio. Le P. Emmanuel Bailly lui confie l’organisation d’un noviciat à Vinovo (Italie) jusqu’en 1916, puis à Rome quelques mois, et enfin à Notre-Dame de Lumières (Vaucluse) où il reste jusqu’en 1919. Le noviciat se transporte encore en Belgique, à Saint-Gérard, tandis que le scolasticat de philosophie est fixé à Taintegnies et le scolasticat de théologie à Louvain. En 1919, le P. Léonide est nommé supérieur des philosophes à Taintegnies. En décembre 1921, il prend part au chapitre général à Rome, y fête ses noces d’argent sacerdotales le 19 décembre. En octobre 1923, il retourne à Jérusalem comme supérieur. En 1926 on lui confie le scolasticat de théologie de Louvain (1926-1929). Le 16 août 1929 il quitte Louvain pour prendre la charge de maître des novices aux Essarts (Seine-Maritime). En 1936, il devient sous-prieur du nouveau scolasticat de théologie à Lormoy (Essonne), avec la charge d’y enseigner la morale. C’est là que la mort vient le prendre, sans que rien ne puisse laisser prévoir une fin prématurée. Il meurt le jeudi 27 avril 1939, à l’aube de sa 66ème année. Il est inhumé le 29 avril près de la basilique Notre- Dame de Long-pont. Un mot résume la profonde impression que laisse ce religieux à ses confrères, la paix. A ses côtés, on vit pénétrer de son calme, de sa douceur et de toute la force d’un être pacifié. Simple, docile, il a fait toutes choses sans éclat, bonnement. Sa joie profonde était d’être le Père spirituel de nombreux novices devenus religieux avec lesquels il gardait une attache discrète et attentionnée, disant son bonheur d’avoir accompagné tant d’âmes sur le chemin de leur oblation.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1939, n° 790, p. 369-371; n° 792, p. 385-390. L’Assomption et ses Oeuvres 1939, n° 455, p. 465. Trait d’union des Anciens Alumnistes, juin 1939, n° 129, p. 124. Dans les ACR, nombreuses correspondances du P. Léonide Guyo (1896-1935), ses cours de noviciat, rapport sur l’alumnat de Gempe (1913), sur la formation à l’Assomption (1923), rapports sur Notre-Dame de France (1925-1926), Louvain (1926-1929), Les Essarts (1929- 1935). Bibliographie du P. Léonide Guyo dans Ontmoeting, Leuven, 1965, n° 9. Trait de caractère du P. Léonide dans Lettre à la Dispersion, 1940, n° 826, p.104. Notices Biographiques