Léopold ARTUS – 1908-1942

Deuil au Congo.

« P. Léopold Artus, mort par foudre 26 mars en brousse, au moment où se
disposait au ministère confessions
pascales. 1 nforme z famille et supérieur général. Restons confiants. Tout
cœur avec vous. Piérard »

Télégramme au Saint-Siège.

‘Le Père Léopold, vers 11 h. du matin, allait commencer la série des
confessions pascales dans un villagede la brousse, quand soudainement la
foudre le frappa ainsi que le catéchiste qui se disposait au sacrementde
pénitence. Tous les efforts faits pour ramener le Père n’aboutirent à rien.
Le Père repose à la mission Sainte-Thérèse, c’était un missionnaire des
plus actifs,
grand apôtre des mourants, en tout temps par les chemins en vue
d’administrer les agonisants, boute-en-train de la communauté et d’une
charité fraternelle exemplaire. Les obsèques ont été célébrées le 28
mars….’

d’après les Nouvelles du Congo données par Mgr Piérard au P. Procureur de
Bruxelles le 15 juin 1942.

Religieux belge de la Province de Belgique- Hollande, en mission au Congo.

Une vie en quelques lignes.

Léopold est né le 4 janvier 1908 à Barvaux-sur- Ourthe, dans la province belge du Luxembourg, au diocèse de Namur. Il fait ses études secondaires à l’alumnat de Zepperen de 1921 à 1925, puis à Sart-les-Moines de 1925 à 1927. Il prend l’ habit le 30 octobre 1928 à Taintegnies et prononce ses premiers vœux le 1er novembre 1929. Suivent les études de philosophie au séminaire de Floreffe (1927-1928), poursuivies à Saint-Gérard de 1928 à 1931 et à Louvain pour la théologie de 1931 à 1935. Léopold est ordonné prêtre le 26 décembre 1934.

Il est volontaire pour la mission du Congo, fondée en 1929: il y occupe trois postes, successivement Béni-Saint Gustave (1935- 1937), Mihangi-Maria (1937-1940) et Mulo (1940-1942). Il meurt brutalement foudroyé.

Récit d’une traversée au bord de l’Albertville. Accompagnés du P. Général, le P. Gervais Quenard, cinq missionnaires partent par bateau d’Anvers le 18 octobre: P. Marie-Jules Célis, P. Wilhem Hacken, P. Léopold Artus, P. Florent Schnée, Fr. Cyrille Tasiaux. A leurs côtés, les trois premières Oblates fondatrices au Congo. Voici leur odyssée, en date du 23 octobre 1935, à bord de l’Albertville:

« Un mot rapide de la nouvelle caravane missionnaire. L’Albertville vogue vers les îles Canaries que nous aborderons demain matin. Six ,heures d’escale seulement. Le P. Général a l’amabilité de nous offrir une belle excursion en auto dans l’île de Ténériffe. Le début du voyage a été plutôt mauvais; la mer du Nord et le golfe de Gascogne ont été très agités; le vapeur a subi de fortes secousses dont une a provoqué une inclinaison à 25°:

Notices Biographiques A.A Page : 93/93 chaises et fauteuils avec leurs occupants, garçons avec leurs piles d’assiettes, tout a glissé sur le pont dans une mêlée indescriptible; assiettes, jeux de cartes, argent des joueurs, tout a filé à l’eau. Chacun se cramponnait au bateau comme un pou sur un buffle en furie. presque tous les passagers ont eu le mal de mer. La salle à manger était presque vide, surtout dimanche dernier 20 octobre. Ce jour-là, à bord, sur les 53 prêtres, seuls deux Pères ont pu dire la messe: le P. Marie-Jules Célis a célébré pour les passagers dans le grand salon. Il y a 78 missionnaires à bord, cela vaut la peine d’être noté.

Depuis que nous longeons la côte d’Afrique, nous avons une belle mer. Le P. Général se porte à merveille, le mal de mer l’a quitté. Le P. Florent Schnée a rendu à l’océan les filets de harengs et les rolmops qu’il avait absorbés; c’est lui qui fui le plus mal en point, il est resté deux jours sans sortir de sa cabine. Le P. Wilhem va bien, le fr. Cyrille tient le coup et est enclin à l’anthropophagie: il mange force omelettes ‘paysanne ardennaise’ et fromages ‘petit suisse »avec le P. Marie-Jules, il n’a quitté la salle à manger qu’une seule fois pendant quelques minutes pour rendre à César ce qui appartient à César, et tous deux sont ensuite rentrés au restaurant pour continuer bravement un repas copieux, au grand ahurissement du garçon de table. Nos Sœurs Oblates vont bien,elles font du swahili ‘à tour de bras’ avec le P. Marie-Jules.

La vie à bord est très intéressante. On n’a qu’à se laisser faire, bercé par les vagues bleues qui se couronnent de moins en moins de crêtes mousseuses. Nous avons des cabines d’un confort remarquable et menons une vie de princes. À peine levé, le garçon vient vous dire: le bain de Monsieur est prêt et c’est ainsi sur toute la ligne’. Le soir, dîner de grand gala, avec entrée solennelle en musique. On doit être en grande tenue: il faudrait nous voir à la parade, majestueux, rasés de frais et bien peignés, même notre brave fr. Cyrille Tasiaux. Aussi bien, vivement le Congo! ». Léopold

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Bibliographies

Bibliographie et documentation : Nouvelles de la Famille occupée, 11 mai 1942, p. 17. Mission du Congo, n° 12 (15 juin 1942). Article du P. Guibert pour la Province de Belgique (1942), 6 pages. Lettre à la Dispersion 1935, no 599, p. 368; no 609, p. 454; no 617, p. 524; 1936, n° 622, p. 30. Marc Champion, Province du Zaïre, Religieux défunts (1929-1994), Butembo, 1994, P. 5.