Lodewijk (Théodore Louis) BECKERS – 1903-1961

Fondation de Boxtel , berceau de l’Assomption néerlandaise et résidence
habituelle du Fr. Lodewijk:

‘C’est en 1913 que l’occasion se présenta d’une implantation durable en
Hollande. Il s’agissait d’une propriété située à Boxtel qui comprenait un
château crénelé d’aspect médiéval, entouré d’un parc, d’un jardin, de
quelques hectares de terre. La rivière Dommel la bordait à l’Ouest et un
étang courait à l’entour du château que l’on atteignait par un pont de
bois. La propriété, appartenant à Mme Mahie, fut acquise par l’Assomption
le 30 juillet 1914, avec l’autorisation de Mgr Van de Ven, évêque de
Bois-le-Duc, de venir s’établir dans son diocèse. Le P. Louis-Antoine
Verhaegen, économe de Zepperen, prit possession des lieux en 1915 et le 6
janvier bénit la chapelle en la fête de l’Épiphanie.’ D’après le P.
Polyeucte Guissard, Histoire des alumnats, p. 325- 326.
Le P. Verhaegen écrit à cette date: « Nous habitons les deux orangeries et
l’étage au-dessus, ainsi qu’une magnifique salle à manger lambrissée où
j’ai
établi mes quartiers. Nous avons aménagé le tout afin de ménager les
modifications futures… ».

Religieux belge de la Province de Hollande.

Une vie toute marquée par la souffrance.

Louis est né le 16 novembre 1903 à Etterbeek près de Bruxelles. Dès son plus jeune âge, il vient avec sa famille habiter Vaals dans le Limbourg hollandais. Ses études se déroulent dans le cadre des alumnats de ce qui constitue à l’époque l’unique province belgo-batave: Boxtel en Hollande, de 1916 à 1920, Zepperen de 1920 à 1921, Sart-les-Moines de 1921 à 1923. Louis prend l’habit au noviciat de Saint-Gérard en Belgique le 31 octobre 1923 et prononce ses premiers vœux le 1er novembre 1924 à Taintegnies. Il poursuit ensuite des études de philosophie à Saint-Gérard de 1924 à 1926 quand, à l’issue de la seconde année, se révèle une maladie d’origine nerveuse pour laquelle toute guérison est exclue et à cause de laquelle il doit à regret renoncer à tout projet de vie sacerdotale. C’est alors qu’il donne la mesure de son attachement à l’Assomption, s’étant montré religieux jusque là et entendant le demeurer désormais dans la condition de frère.

Une vie de silence et de service.

Pendant deux années (1927-1929), il est affecté à la paroisse de Woluwe-Saint-Lambert où il rend le service de la sacristie. Comme il possède trois langues, le néerlandais, le français et l’allemand, il lui est demandé le service de l’enseignement à l’école apostolique Sainte- Thérèse de Boxtel en 1929. Ce sera presque son unique résidence (1929-1942), sauf au temps de la seconde guerre mondiale quand en 1942 les Allemands occupent la maison et que, de ce fait, les religieux dispersent les élèves. Cette situation est trop pénible pour ses nerfs: Louis est transféré au scolasticat de Bergeijk où il trouve avec un peu de travail administratif le repos et la tranquillité dont sa santé a besoin.

En 1958, il est obligé de passer quelque temps dans une maison de cure. Après quoi, il vient résider à la procure de Boxtel (1958-1961): c’est là, dans ce vieux château, berceau de l’Assomption néerlandaise, qu’il se sent vraiment à sa place. Il passe ses journées dans le recueillement de sa cellule et de la chapelle, rendant les services que sa santé lui permet, mais heureux d’une régularité et d’une fidélité religieuses qui sont bien accordées à son rythme de vie. Ses confrères se plaisent à souligner ce souci d’une perfection dans l’ordre du jour qu’il se donne et qu’il suit à la lettre. Au-dessus de son lit, il épingle des images avec des fragments de psaumes qui peignent ses sentiments intérieurs: ‘je demande une chose au Seigneur, je désire habiter dans sa maison tous les jours de ma vie ‘ et, à côté, ‘je préfère habiter sur le seuil de la maison de mon Dieu plutôt que d’habiter sous les tentes des méchants’.

Le dernier sommeil.

Le soir du 28 août 1961, après une journée normale, Louis se plaint de violents maux d’estomac, allant jusqu’à dire qu’il a mal jusqu’aux cheveux. Ses confrères lui recommandent seulement de ne pas prendre de café comme c’est la coutume pour eux le soir, mais seulement du lait chaud. Les douleurs ne se calmant pas, on juge préférable de le faire coucher et d’avertir un médecin. Celui-ci l’ayant ausculté sans retard ne trouve rien d’alarmant mais diagnostique une possible hémorragie à l’estomac. Il lui administre des calmants et promet de revenir le lendemain. Une sonnette placée près du lit sécurise le malade et lui permet d’appeler en cas de besoin. Dans la nuit du 28 au 29, le P. Marius, provincial, croit avoir entendu sonner et se rend au chevet du malade lequel est réveillé, dit se sentir mieux et assure n’avoir pas appelé. Le lendemain matin, on s’inquiète de ne pas voir le Frère Louis à la chapelle selon son habitude matinale. Le Fr. Bernard constate alors le décès que le médecin attribue à la médication énergique de la veille. Le frère Louis est inhumé le 31 août dans le petit cimetière de la communauté, près de la grotte de Notre-Dame de Lourdes.

Bibliographies

Bibliographie : B.O.A., octobre 1962, p. 172. Lettre à la Famille 1961, p. 163-164. Assumptie 1961, n° 5, P. 98. De Schakel sept. 1961, n° 4, p. 1-4.