Louis de G. (Jules-Albert-Ghislain) NOEL – 1916-1995

Jumet, 1952.
« Je vous envoie copie de la note dont je me propose de demander l’adoption
par le collège des électeurs de Haine-Saint-Pierre-Jumet- Aubiet-Montclar.
Au cas où elle ne serait pas adoptée, je compte en demander l’adjonction au
rapport, car elle me paraît bien fondée et semble devoir comporter des
conséquences importantes. Je vous demande de l’examiner avec l’esprit
canoniste que chacun vous connaît et de le présenter à la Curie généralice.
De loin, on ne se rend pas toujours compte des situations locales. La
maison de Jumet va son petit train. Nous sommes cinq: le P. Vincent
[Vandermeerschen], supérieur et prédicateur, le P. Augustin [Scoyer] curé,
le P. Ernest [Crèvecceur] vicaire à Ransart Bois, le P. Gilbert
[Henry] vicaire temporaire à Gilly Haies et moi-même professeur à Gilly et
vicaire. J’ai 18 heures de leçons par semaine. Les garçons sont parfois
très difficiles, le milieu des professeurs est sympathique mais peu
chrétien. Le directeur est de Malonne, 1 000/o libéralisant. Le travail ne
me manque pas et même s’il ne répond qu’imparfaitement à mon
idéal, il me plaît quand même. Sart-les-Moines vit dans une demi-léthargie.
Pauvre maison! ».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Belgique-Sud. Enfance et études. Jules-Albert-Ghislain Noël est né à Longchamps, près de Bastogne, le 26 juillet 1916, dans les Ardennes belges. Après ses études primaires (1922- 1929), il fait le parcours classique dans les alumnats de Bure (1929-1932) et de Sart-les-Moines (1932- 1934). Il prend l’habit à Taintegnies le 30 septembre 1934, sous le nom de Frère Louis de Gonzague et y prononce ses premiers vœux, le 1er octobre 1935. Viennent les années de philosophie à Saint-Gérard (1935-1937) et de théologie, commencée à Louvain (1937-1940) et achevée à Saint-Gérard (1940-1941). Profès perpétuel le ler octobre 1936, il est ordonné prêtre le 2 mars 1941 à Saint-Gérard. Au vu de ses capacités intellectuelles, il est envoyé à l’Université catholique de Louvain pour un approfondissement des études patristiques (1942-1943). Professeur. Au terme de ce parcours, le P. Louis de Gonzague est nommé professeur au scolasticat de Saint-Gérard (1943-1946), puis de Layrac (Lot-et-Garonne), de 1946 à 1947. Il retrouve son sol natal en 1947 pour donner cours au prieuré Saint-Michel à Sart-les- Moines (1947-1950). En même temps il est vicaire à Courcelles-Sarty (1948-1950). Il fait alors partie de la petite communauté de Tamines (Alloux), vouée au ministère et à la prédication. Ses ennuis de santé commencent, il souffre du foie, et sa susceptibilité native n’en est que renforcée, rendant la vie commune difficile. De 1951 à 1954, il est professeur à l’école de Gilly. Homme ultra-sensible, sans vouloir le paraître, il est porté à grossir les choses, mais il a bon cœur et se donne à tout ce qui lui est confié, sans toujours se plier aux circonstances. Page : 65/65 Pasteur. Le P. Louis de Gonzague, comme prêtre en paroisse, donnerait toute sa satisfaction à son curé s’il savait comme ses confrères se détendre. On lui reconnaît de grandes qualités, mais aussi leurs défauts par suite d’une trop grande concentration dans son travail. Il s’ensuit une difficulté certaine d’intégration dans la vie collective, des sautes d’humeur pénibles et un sentiment subjectif de conjuration à son encontre. Certes sa santé est des plus capricieuses. calculs au foie en 1953, jaunisse en 1961, opération en 1962. De là sans doute la succession impressionnante de ses états de service en paroisse: Macquenoise en 1955, Fontaine-Valmont de 1959 à 1963, Ave-et-Auffe, de 1963 à 1970, années où il assure également la charge d’aumônier des Orantes, Manage-Lonsart (1970), La Hestre (1970-1974), Honnay-Revogne (1974) Humain et Havrenne (1974-1983), deux petits villages auxquels s’ajoute la desserte d’Hargimont (1981-1983). En mars 1983, sentant ses forces décliner, il renonce à une responsabilité paroissiale et il se met au service des malades et des personnes du troisième âge à Messancy, près d’Arlon, jusqu’à la fin de l’année 1993. Il entre alors à la maison de retraite de Saint-Gérard où il reste un peu plus de deux ans. En mars 1995, les ennuis de santé se succèdent et s’additionnent: grippe, maladie pulmonaire, diabète. Malgré un séjour à Mont-Godinne, le mal l’emporte: il y meurt le 12 mars 1995, à l’âge de 79 ans. Ses funérailles sont célébrées en l’église de Saint-Gérard, le 15; l’inhumation de son corps se fait à Longchamps, le même jour, dans le caveau de la famille. De l’homélie du P. Arthur Jallet, on peut extraire ce portrait d’un religieux, à la fois homme de prière, homme de doctrine qui aimait une prédication structurée, homme de dévouement malgré les limites de son caractère, et homme reconnaissant pour tout ce qu’il avait pu recevoir des autres, de sa famille et de ses confrères pour devenir un canai de la bonté de Dieu. Lucide sur lui-même, il s’exprimait en connaissance de cause quand il évoquait tous les pardons reçus et donnés au cours de sa vie. Page : 66/66

Bibliographies

Bibliographie et documentation : Documents Assomption, Nécrologe (VI) 1994-1995, p. 74-75. Belgique-Sud Assomption, avril 1995, n° 246, p. 3068-3072. Lettre du P. Louis de Gonzague Noël au P. Aubain Colette, jumet, 20 février 1952. Notices Biographiques