Louis DEBRY – 1907-1980

Le souvenir d’un frère,
13.10.1980.
«On vient de l’entendre, les sages anciens avaient compris que Dieu
réservait aux hommes un autre destin que celui de disparaître à tout
jamais. Jésus à la veille de sa mort, fait briller aux yeux de ses
disciples tout désemparés un avenir merveilleux de fécondité éternelle, à
condition d’accepter, de vouloir même,
disparaître: ‘Si le grain meurt, il porte du fruit’. Il faut le
reconnaître, notre frère a paru accepter difficilement cette échéance
inévitable. Un
asthme assez accentué, un cœur bien fatigué, une arthrose de plus en plus
pénible font mieux comprendre qu’il ait paru parfois éviter efforts et
fatigues dont il appréhendait
tant les néfastes conséquences. Lui, par ailleurs, si gai compagnons!
ingénieux – songeons aux tricots tirés
d’une vieille machine, aux math modernes qu’il voulut
décrypter à 60 ans passés pour rendre service -, oui, ce frère à la tête si
bien faite s’est trouvé désarmé, angoissé devant la souffrance, la mort.
Mais
Jésus, si puissant devant la souffrance et la mort des autres, n’a-t-il pas
crié son désarroi devant le sort que lui réservait son Père’?».
P. Heuguet.

Louis DEBRY

1907-1980

Religieux de la Province de Belgique-Sud, transféré à la Province de Bordeaux, puis de France.

Une première partie belge (1907-1946).

Louis Debry est né le 18 avril 1907 à Warisoulx au diocèse de Namur en Belgique. Tout jeune, en famille, il souffre de l’occupation de son pays par les troupes allemandes de 1914 à 1918. Il peut cependant faire de sérieuses études de base chez les Frères Maristes à Vedrin et ensuite au Collège Saint-Aubain de Namur. Il entre à Sart-les-Moines maison pour les vocations tardives près de Charleroi (1924-1928). Ayant opté pour la vie religieuse à l’Assomption, il se rend au noviciat de Taintegnies où il prend l’habit le 30 octobre 1928 et garde son prénom de Louis. Le 1er novembre 1929, il prononce ses premiers vœux. Son maître des novivees , le P. Romanus Declercq l’encourage à continuer ses efforts: « Les qualités de cœur du Frère Louis, homme sensible, de piété forte, sachant prend,re des initiatives et se montrer généreux, compensent les quelques rugosités ou défauts de caractère: résistance faible, humeur parfois désagréable et bouderie ». Ayant bénéficié d’une exemption du service militaire à cause d’une ancienne pleurésie, le Frère Louis peut entreprendre ses études de philosophie à Saint-Gérard (1929-1931), enseigner une année à Sart-les-Moines (1931-1932) et poursuivre ses études de théologie à Louvain (1932- 1936). Il y prononce ses vœux perpétuels le 1er novembre 1932 et y est ordonné prêtre le 7 mars 1936. De 1936 à 1945, le P. Louis est affecté à l’alumnat de Bure, près de Saint-Hubert, dans les Ardennes belges. Il s’y montre brillant professeur de lettres et de mathématiques aussi bien que de philosophie et de musique, sans négliger les joies de l’apiculture. En 1940 une seconde invasion allemande l’y surprend.

Que faire? Fuir? Dès le début des événements militaires sur le front Ouest, il cherche bien à passer en France avec un groupe d’élèves, mais la percée allemande foudroyante l’a devancé. Force lui est donc de regagner Dure et d’ajouter à ses nombreuses activités d’enseignant et d’éducateur les accaparants soucis du ravitaillement jusqu’au jour où, pendant l’offensive des Ardennes durant l’hiver 1944-1945 l’établissement – où presque toute la population du village trouve refuge – est gravement endommagé par les obus. La guerre finie, le Père Louis effectue sur place un an de pastorale, comme vicaire à Haine-Saint-Pierre.

Intermède chilien (1946-1952).

En 1946, le P. Louis répond généreusement à l’appel au secours des missionnaires assomptionnistes du Chili. A Santiago, il reprend le professorat pour donner des classes de religion et de philosophie. Il se souviendra longtemps surtout des incessants tremblement de terre qui à cette époque désolent l’Amérique du Sud.

Période française (1952-1980).

Le P. Louis rentre en Europe en 1952 et choisit avec l’accord de ses Supérieurs la terre de France. Il passe une première année en recyclage à La Rochelle-Laleu et accepte ensuite un poste de curé desservant à Saint-Sauvy dans le Gers pendant 12 ans. De là il rayonne sur quatre paroisses, essaie du théâtre et monte une troupe de façon à rencontrer la jeunesse. Il n’hésite pas à faire du porte à porte et à prendre part aux activités bucoliques des habitants, notamment la pêche. Il aime rencontrer la communauté voisine de Cahuzac où il raconte ses expériences, ses prouesses et aussi ses distractions. Il sait participer aux joies et aux soucis de ses ouailles en se mêlant très concrètement à cette vie rurale et en multipliant les contacts qui intègrent un pasteur proche de sa population à l’univers varié de ses besoins, de ses attentes et de ses découvertes. En 1965, les infirmités de l’âge lui rendent difficile la poursuite d’un ministère paroissial. Il quitte sa charge de curé pour devenir aumônier de l’hôpital de Gimont, le chef-lieu du canton. Il donne en même temps, pendant 8 ans, des cours de religion et de philosophie au collège François 1er de cette bourgade et à Miramont. En 1973, le Père Louis se retire à Layrac (Lot-et-Garonne), tout en gardant des contacts chaleureux avec la population de Gimont. A partir de 1978, il doit vivre confiné dans sa chambre, perclus d’arthrose et de d’ankylose. Ses seules distractions sont la lecture et l’écoute de la musique. Le 10 octobre 1980, il meurt sans témoin à l’hôpital d’Agen où il a dû être transféré pour être soigné. Ses obsèques, présidées par le P. Vincent Hémon, ont lieu le lundi 13 octobre suivant. Le P. Honorat Heuguet évoque fraternellement sa figure. Le Père Louis est inhumé à Layrac.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (1) 1975-1980, p. 104. Ouest-Assomption, novembre 1980, p. 9-10. Voulez-vous? (bulletin de Layrac), 1981, n° 115, p. 23-24. Notices Biographiques