Louis FOLLIARD – 1894-1961

Rencontre providentielle.
« Je viens à vous sur les ailes du vent pour vous soumettre une affaire
très intéressante pour nos œuvres de Belgrano. J’avais demandé ces derniers
jours à une Dame très riche de vouloir bien s’occuper des réparations
urgentes de notre petit collège d’Alzon et de
faire faire une salle, la rentrée d’avril 1838 étant nombreuse. Or cette
Dame m’a déclaré avec une libéralité toute américaine qu’elle était à ma
disposition la plus entière pour faire un ‘collège tout neuf’, que l’actuel
ne valait pas la peine d’être réparé et qu’elle avait à sa disposition un
excellent constructeur prêt à commencer les travaux, afin que le collège
soit achevé pour la rentrée
1938. J’en réfère à vous pour les autorisations. Je vous joins un tracé
rapide pour rafraîchir vos souvenirs des lieux, rue Migueletes. Comme la
Dame a une santé précaire et qu’elle est entourée d’héritiers,
pourriez-vous me dispenser de vous envoyer les plans de ce collège et
m’autoriser à commencer’? ».

P. Louis Folliard au P. Quenard, Belgrano, 11 décembre 1937.

Louis FOLLIARD

1894-1961

Religieux de la Province de Bordeaux.

Sur les routes de l’Europe.

Louis Folliard voit le jour le 31 mars 1894 à Saint- Jacut-du-Mené (Côtes d’Armor) au diocèse de Saint- Brieuc. Après l’école primaire à Cololinée et Langouria, recruté comme beaucoup d’autres par le P. Marie-Auguste Leclerc, il entre à l’alumnat de Zepperen (1908) où le précède son compatriote Eugène Tréhorel, puis il passe à Ascona (Suisse) en 1911 et y termine ses études avant de gagner provisoirement Gempe. Il prend l’habit le 14 août 1913 au noviciat du Luxembourg, à Limpertsberg, sous le nom de Frère Louis. Il y commence aussi les études de philosophie en 1915, bien souvent interrompues par les travaux agricoles. En décembre 1917, il peut avec ses confrères rejoindre Louvain où il est admis à la première profession, le 19 mai 1918. Les études de théologie terminées, il est ordonné prêtre le 5 août 1923. Sa profession perpétuelle est datée du 6 novembre 1921.

En Amérique du Sud.

Le 6 octobre 1923, le P. Louis s’embarque à bord du Massilia pour l’Amérique du Sud, avec 4 confrères, les PP. Stanislas Piton, Similien Guigueno, Antoine Berthou et Carmel Pémoulié. D’abord vicaire à Lota au Chili, le P. Louis se retrouve en Argentine dès 1926. Il réside à Buenos Aires, Calle Lavalle, où il participe à l’animation d’une chapelle publique. En 1928, il vient à Santos Lugares et se consacre à l’évangélisation du quartier de Caseros, fort peuplé et éloigné du centre de la paroisse. Pendant plus de 8 ans, il se donne comme but la construction d’une église qui, une fois achevée, est remise généreusement à la disposition du clergé séculier. En 1936, le P. Louis est nommé supérieur et curé de Belgrano, quartier populaire de la banlieue de Buenos Aires, où il reste 11 ans. Grâce à une riche et généreuse bienfaitrice,

il peut mettre à bien un certain nombre de réalisations pour secouer la torpeur spirituelle de ce milieu assez indifférent. Il reconstruit le collège d’Alzon, inauguré le 27 juin 1937, pouvant scolariser plus de 300 élèves. Les anciens bâtiments du petit collège, une fois renouvelés, peuvent accueillir une école commerciale, San Roman. En 1939, le P. Louis dote son église d’un clocher de 35 m., équipé de 4 cloches et enfin en 1940 la communauté intègre un presbytère flambant neuf. En 1945 est inaugurée une grotte réplique de celle de Notre-Dame de Lourdes, à coté d’une salle paroissiale de 800 places, autant de réalisations matérielles qui traduisent concrètement la ténacité et l’initiative du P. Louis pour la construction de l’édifice spirituel. On lui doit la création d’une ligue des pères de famille. En 1947, le P. Louis est nommé curé de la paroisse San-Martin de Tours, au centre de Buenos Aires, à laquelle est joint un petit alumnat. En 1950, malade, il est relevé de sa charge. Deux graves opérations (1951- 1952), suite à un cancer de la face, le défigurent atrocement: il supporte son épreuve avec un grand courage et un bel optimisme. De 1952 à 1955, il revient servir comme vicaire la paroisse de Belgrano.

Retour en Europe.

En 1956, le P. Louis demande à rentrer en France, après 35 ans de vie apostolique en Arnérique. Il doit subir une nouvelle opération à l’œil droit. Le supposant guéri, le P. Régis Escoubas le nomme à l’orphelinat de Toulouse pour le service de la chapelle. Trompant les diagnostics alarmistes des médecins, le malade qui a dû se soigner momentanément à Lorgues, se rétablit et croit à une guérison complète qu’il attribue à un pèlerinage à Lourdes (1958). Mais, voulant à tout prix se soumettre à une opération chirurgicale esthétique, le P. Louis réveille un mai qui ne faisait que sommeiller. Il doit alors entrer définitivement à la maison de repos de Lorgues (Var), le 3 décembre 1959. Il sombre peu à peu dans un état d’inconscience. Il tombe dans le coma et meurt le 20 août 1961, après deux années difficiles. Les obsèques sont célébrées à Lorgues où le corps du Père repose au cimetière de la communauté.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. octobre 1962, p. 171. Lettre à la Famille, 1962, p. 172-173. A Travers La Province (Bordeaux), octobre 1961, n° 91, p. 5-7. Vinculum, marzo 1956, p. 2-3. Correspondances du P. Louis Folliard dans les ACR (1913-1958), rapports sur Belgrano (1935-1937), San Martin (1948-1949. Le P. Louis Folliard a également donné quelques articles sur l’Assomption en Argentine dans la revue L’Assomption et ses OEuvres. Notices Biographiques