Louis-Gabriel (Edouard-Léon) COURRIOL – 1907-1977

Intercession.
« Je viens vous demander de bien vouloir nous céder le P. Courriol pour un
an de ministère dans notre foyer de charité. I1 ferait la classe à nos
garçons, ce qui est tout à fait conforme à ses goûts, à sa culture et lui
permettrait de se tenir assis. Notre prière demandait avec confiance un
professeur valable au
Seigneur: nous y voyons comme une réponse à notre prière. Je suis moi-même
un peu de la famille de l’Assomption: le P. Pernet était un ami de mon
grand-père dont il a emmené la sœur chez les P.S.A. dès leur fondation.
Deux filles de mon grand-père sont ensuite parties, l’une, Mère
Louise-Thérèse, 1ère assistante générale pendant plus de trente ans, est
morte il y a deux ans; l’autre, Mère Marthe-Thérèse morte à 38 ans
supérieure de Perpignan et dont Mgr de Llobet, archevêque d’Avignon a écrit
la vie. Une de mes sœurs est dans la Congrégation, avec de nombreuses
cousines. Enfin moi-même j’ai été une vingtaine d’années aumônier diocésain
à Lyon du Noël. Tous ces titres vous
permettent de penser que le
Père sera en famille chez nous
».
Chanoine Georges Finet,7
septembre 1959.

Religieux de la Province de Lyon.

Un parcours de formation assomptionniste.

Edouard-Léon Courriol voit le jour le 22 octobre 1907 à Romans-sur-Isère, localité de la Drôme, séparée de Bourg-de-Péage par l’Isère. Il commence sa scolarité à l’externat Saint-Joseph de Romans et la poursuit au collège Sainte- Marie de Bourg-de-Péage, puis il entre à l’alumnat de Miribel-les-Echelles (Isère) de 1920 à 1925. Il se dirige ensuite au noviciat de Taintegnies (Belgique) où il prend l’habit le 31 octobre 1925 sous le nom de Frère Louis- Gabriel. Il y prononce ses premiers vœux le 1er novembre 1926. Desservi par une allure un peu anémique, il n’est admis que du ’bout des lèvres’ par son maître des novices, le P. Savinien Dewaele. Ses études de philosophie se déroutent à Saint-Gérard (1926-1928). Après le service militaire effectué dans la région lyonnaise, à Bron (1929-1930), il va achever son cursus d’études par la théologie à Louvain où il est admis à la profession perpétuelle (8 décembre 1931) et où il est ordonné prêtre le 16 avril 1934.

Le temps de l’enseignement.

A quelques exceptions près, c’est au professorat que le P. Louis-Gabriel va consacrer une longue période de sa vie sacerdotale. Il l’inaugure à l’alumnat de Saint-Sigismond (1934-1938): « A cette époque, avant la guerre, la ferme, les foins et la vigne constituent une sorte de trilogie devant laquelle les études se doivent de s’ïncliner. Le mérite n’en est que plus grand pour le P. Courriol d’essayer de faire prévaloir le régime des études. Excellent pédagogue, le Père ne ménage pas sa peine, essayant de surcroît d’éveiller des vocations musicales pendant les récréations. Il lui faut un courage et une ténacité peu communs, à lui et à ses apprentis, étant bien entendu que la musique,

c’est de l’accessoire, presque du luxe et que le temps concédé à Euterpe est pris exclusivement sur les récréations ou ce qu’il en reste, des surveillants bien intentionnés se faisant un devoir, sinon un plaisir, d’abreuver les jeunes mélomanes de punitions multiformes, sans parler de la vaisselle et des travaux manuels où sont enrôlés d’office de soi-disant volontaires. Malgré tout, le Père tient bon, allant même jusqu’à initier les plus doués aux arcanes de 1.harmonie, les obligeant à se jeter à l’eau pour accompagner à la fin de complies le chant du Salve Regina, la foi des alumnistes se mesurant alors au volume de la voix, ce qui a l’avantage d’atténuer un peu les dissonances involontaires des petits ‘canards’ qui s’échappent à tire-d’aile du gros harmonium ». En 1938, le P. Courriol remplit les fonctions de vicaire et d’aumônier des P.S.A. à La Ginouse, près de Toulon (Var). Mobilisé en septembre 1939, il est réformé très vite et gagne alors Miribel (Isère) pour la tâche de professeur avec l’ardeur et le succès qu’on lui connaît. Surviennent des difficultés, dues sans doute à un tempérament peu enclin à l’ouverture et à la collaboration. Exclaustré de 1943 à 1946, il va exercer les fonctions de vicaire dans son pays natal.

Une forte instabilité.

Non incardiné, le P. Louis-Gabriel revient à l’Assomption, mais il ne cesse de passer de maison en maison: deux ans à Scherwiller (1946-1948), un an à Miribel, deux années à Briey, deux à La Marsa (Tunisie). Là s’arrête sa carrière de professeur: après un court séjour à Cannero (Italie), il occupe des postes de vicaire ou d’aumônier: Marseille, paroisse ‘Saint-Joseph hors les murs’, Saint-Laurent-du-Pont (Isère), orphelinat de Montgay (Rhône) où il reste & ans (1959- 1967), puis à Monsols comme prêtre auxiliaire, enfin à l’hôpital de Grandris (Rhône) de 1968 à 1972. Il est de plus en plus difficile de lui trouver un poste accordé à son tempérament et à ses exigences. Après quelques mois à l’hôtellerie de Notre-Dame du Laus près de Gap, il est fixé à Lorgues le 14 mars 1973. Il ne se lie guère aux confrères, s’exerce de longs moments à l’harmonium, ne s’intéresse pas aux gens et aux choses de son entourage, fuit le bruit et la conversation. Il entreprend de vaines démarches auprès des évêchés pour obtenir un poste. Alors qu’il se trouve à Paris le 9 septembre 1976, il est victime d’un malaise sur le quai de la gare de Lyon. Hospitalisé à Saint-Antoine, il est presque de force réintégré à Lorgues, selon une prescription médicale de voyage en ambulance, le 9 octobre 1976. C’est là qu’il achève sa course le mardi 1er mars 1977, à 70 ans, après de longs mois de déchéance physique et psychique.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, nécrologe (1) 1975-1980, p. 43. Lyon-Assomption, juin 1977, n° 55, p. 17-19. Les ACR comptent environ cinq correspondances autographes du P. Louis-Gabriel Courriol.