Louis-Gabriel (Gabriel-Cyr-M.) LE BIDAN – 1913-1981

Saint-Maur, 1951.
« Mes v?ux de bonne année, malgré leur retard, sont-ils encore valides?
S’ils ne l’étaient pas, je suis certain que vous les validerez, car
votre bonté saura excuser mon retard à vous les exprimer. J’ai eu tellement
d’occupations avec 1es fêtes que ma correspondance est restée en
souffrance. Chaque jour je
prie pour les religieux qui ont le bonheur de faire leur
probation sous votre direction. Dans toutes nos oeuvres, ce n’est pas le
fait de se démener qui compte, mais la sainteté des religieux. Dans un
alumnat plus que partout ailleurs, l’expérience le prouve amplement, les
religieux font du bien dans la mesure où ils sont saints et dans la mesure
où ils inspirent de la piété aux élèves. J’ai gagné Rome avant d’avoir
réfléchi à tout cela auprès de vous et je vous en suis très reconnaissant.
Je vous prie de dire mon merci à
tous les Pères de la Curie pour leur dévouement,
spécialement au P. Bernardin
[Bal-Fontaine] qui m’a fait connaître la Légion de Marie. Sur son conseil,
j’ai groupé quelques élèves et ensemble nous essayons d’en réaliser
l’idéal. Il me semble que la Sainte Vierge bénit vraiment nos élèves, car
leur esprit est excellent ».
P. Louis-Gabriel.

Religieux de la Province de France.

Premières étapes.

Gabriel-Cyr-Marie Le Bidan est né à Remengoi dans le Morbihan, le 12 août 1913. Il fait ses études secondaires dans les alumnats de l’Assomption, à Saint-Maur (Maine-et-Loire) de 1926 à 1929 et à Melle (Deux-Sèvres) de 1929 à 1931. IL prend l’habit à Sey-Chazelles (Moselle), le 4 octobre 1931, sous le nom de Frère Louis-Gabriel. Il suit le noviciat dans son déménagement à Nozeroy (Jura) en octobre 1931, la maison Saint-Jean à Scy étant affectée aux études philosophiques et il reste sous la responsabilité du P. Gausbert Broha. Il prononce ses premiers v?ux à Nozeroy, le 5 octobre 1932. Le P. Séraphin Protin, son Provincial, l’admet dans la Congrégation avec cette note « En bon breton qu’il est, le Frère Louis-Gabriel qui a allongé son prénom en Louis-Gabriel à cause d’un autre Frère Gabriel, est un peu rêveur, mais c’est un jeune homme bon. Il a besoin de s’épanouir encore peu à peu, au contact de la communauté. Cela viendra. Je demande pour lui la grâce de la profession ». Il retourne à Scy- Chazelles après son noviciat pour une année d’études complémentaires et les deux années de philosophie. Libéré de ses obligations militaires, il peut alors être dirigé sur le scolasticat de Lormoy (Essonne) pour l’étude de la théologie (1935-1939). Profès perpétuel le 5 octobre 1935, il est ordonné prêtre, le 26 février 1939.

Services et ministères.

En septembre 1939, le P. Louis-Gabriel est nommé professeur à l’orphelinat de la Grande Allée à Toulouse (Haute-Garonne). En septembre 1942, il doit prendre un temps de repos et être soigné au sanatorium de Thorenc (Var). En mars 1943, il est à nouveau à l’orphelinat comme surveillant. En 1946, il quitte les rives de la Garonne

et retourne à celles de la Loire: il est professeur à Saint-Maur et, bientôt, directeur académique. De 1963 à 1965, il donne des cours aux novices à Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime). Il y célèbre le 26 février 1964 son jubilé sacerdotal dont une trace écrite a été conservée (1): « Les fêtes jubilaires se ressemblent bien un peu. Au noviciat ce n’est pourtant pas tout à fait comme ailleurs. Il y a la jeunesse, il y a la poésie, les chants et quand il s’agit de Pont-l’Abbé, il y a la foule enthousiaste de plus de 41 jeunes qui vibrent ardemment à l’évocation de l’idéal religieux et sacerdotal réalisée dans une tranche de 25 ans de prêtrise. De cette ambiance on emporte bien autre chose que le souvenir d’une aimable fête fraternelle. On retrouve les premières heures d’un frais sacerdoce comme dans une source limpide on le débarrasse de la gangue des vieilles routines qui en voile la splendeur et les joies. Saint-Maur se souvient que le jubilaire était hier encore une des colonnes de la maison et le fut pendant 17 ans d’un ministère aimé, d’un don spontané de soi à ces âmes de futurs prêtres. Aussi le P. Michaël Le Bec n’a-t-il aucune peine à être éloquent et à faire vibrer la corde sensible en évoquant Saint-Maur, le Saint-Maur de l’élève Gabriel et le Saint-Maur du P. Louis-Gabriel, professeur et père d’une multitude. Les prémisses de son dévouement, le P. Louis-Gabriel les a dépensées à l’orphelinat de la Grande Allée dans les années 1939 à 1946, sous la direction rude et ferme du P. Dugachard… ». Le P. Louis-Gabriel revient une nouvelle fois à Saint-Maur où il est pendant trois ans chargé des vocations. De 1968 à 1972, il travaille dans le secteur paroissial de Melle (Deux-Sèvres). Il passe encore à Pont-l’Abbé, assurant diverses aumôneries, participant à des groupes de prière et de réflexion. Venu à Layrac (Lot-et-Garonne) prendre quelques jours de repos, il y meurt subitement, au soir du dimanche 19 juillet 1981, à 68 ans. Il est inhumé au cimetière de Layrac.

(1) A Travers la Province (Bordeaux), n° 118, avril 1964, p. 7.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption (II) 1981-1983, p. 17-18. A Travers la Province (Paris), août 1981, no 16. Lettre du P. Louis-Gabriel Le Bidan au P. Jude Verstaen, Saint-Maur, 23 janvier 1951. Dans les ACR, du P. Louis-Gabriel Le Bidan, correspondances (1950-1965).