Louis-Marie (Louis-Francois-M.-J.) LION – 1923-1991

Grâce d’ordination.
« Voici déjà quinze jours que son Excellence Mgr l’évêque d’Agen [Mgr
Johan] nous a imposé les mains et a fait de nous des prêtres pour
l’éternité. Je suis sans doute le dernier à venir vous dire merci.
J’accepte d’être le dernier, mais je veux y être et unir ma voix et la plus
sincère affection de mon cœur à celle des autres jeunes prêtres qui ont
tant à remercier le Seigneur des grâces reçues. Parmi ces grâces, il en est
une
que je retiens, la faveur d’avoir été ordonné au cours de cette année
mariale. Recevez mes plus sincères remerciements pour nous avoir ménagé une
ordination enveloppée de cette circonstance particulièrement surnaturelle.
Tous nous avons pu célébrer à la grotte des apparitions à Lourdes. Pour ma
part ce fut le 22 octobre à
3 heures du matin et j’ai grandement apprécié le calme qui régnait en ces
lieux bénis à cette heure matinale. Je n’ai pas oublié de prier pour
l’Eglise en deuil [décès de Pie
XII] et pour l’Assomption, afin que les saints et les saintes y
fleurissent, enfin pour vous et vos intentions. Que la Vierge vous
soutienne dans l’accomplissent de votre
lourde charge ». Layrac, 2.11. 1958.

Religieux de la Province de France.

Jeunesse et formation.

Louis-François-Marie-Joseph Lion est né le 4 novembre 1923 à Saint-Jean-sur-Vilaine, entre Rennes et Vitré (Ille-et-Vilaine). Il fait ses études secondaires au petit séminaire Sainte-Croix de Châteaugiron (Ille-et-Vilaine), de 1936 à 1940. Vient la guerre: l’adolescent rentre dans sa famille et accomplit son service militaire (1945-1946). Il reprend des études à la maison des vocations tardives de Blou (Maine-et-Loire), de 1951 à 1952. Agé de 29 ans, il demande son admission au noviciat de l’Assomption à Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime) où il prend l’habit le 28 septembre 1952, sous le nom de Frère Louis-Marie. Il y prononce ses premiers vœux le 29 septembre 1953. De 1933 à 1939, il est à Layrac (Lot-et- Garonne) pour les études de philosophie et de théologie. Profès perpétuel le 239 septembre 1956, il y est ordonné prêtre le 19 octobre 1958. Il a 35 ans.

En mission au Brésil (1959-1991).

Le P. Louis-Marie arrive à Rio de Janeiro en octobre 1959 et s’initie au portugais à la paroisse de la Sainte Trinité, où il est vicaire et économe. Au début de l’année 1968, il prend en charge la paroisse de Cataguases, dans l’Etat de Minas Gerais. Il y est, pendant deux ans, supérieur et curé. Nommé supérieur régional en janvier 1970, il revient à Rio. La Région compte alors 26 religieux, dont quatre frères de chœur et trois coadjuteurs. Depuis 1968, le gouvernement lutte contre les leaders ouvriers et étudiants, qu’il soupçonne de communisme. Plusieurs religieux sont emprisonnés. Certains d’entre eux, et d’autres, sont traumatisés. Quelques- uns quittent la Congrégation. Le séminaire de Belo Horizonte est fermé en 1971. Le Père Louis-Marie peut regretter les années passées dans la pastorale…

Son mandat temriné, il est nommé en 1973 à la communauté de Nova Friburgo, dans l’Etat de Rio, et responsable diocésain de la catéchèse dans l’enseignement public. En septembre 1976, il est chargé de la nouvelle paroisse de Notre-Dame de l’Assomption à Nova Friburgo, dont il fait bâtir la belle église. En 1983, il quitte la montagne pour descendre au bord de la mer: il est curé de Macaé, dans le diocèse de Nova Friburgo, où il garde la responsabilité d’orienter la catéchèse; il est en outre supérieur de la communauté jusqu’en janvier 1990. En 1988, il subit une grave opération de l’intestin. Ses forces déclinent ensuite rapidement. A la fin de 1989, il est déchargé de la paroisse de Macaé. Le 15 janvier 1990, il rejoint Rio pour se reposer, tout en rendant les services qui lui sont encore possibles, notamment dans la pastorale des malades. C’est pour lui une année très pénible, surtout dans les derniers mois. En février 1991, il demande de rentrer définitivement en France. La maladie fait de rapides ravages dans son organisme. Il doit subir encore deux hospitalisations. S’y révèle un cancer du foie. Le Samedi Saint, le cardinal Eugenio Sales, archevêque de Rio, lui fait une visite à la clinique. Il en sort le dimanche de Pâques. Le lendemain, il reçoit le sacrement des malades, des mains du P. Jean- Bosco Dubot, supérieur régional, en présence de la communauté. Le soir même, 1er avril 1991, il s’envoie pour la France, en compagnie d’Yves Plunian. Il débarque à l’aéroport parisien de Roissy. Une ambulance l’attend pour le conduire à Layrac où il arrive dans la soirée du 2 avril. Il y passe moins de deux semaines, juste le temps de revoir quelques-uns de ses frères religieux et quelques membres de sa famille. Dans la matinée du 14 avril 1991, il s’éteint paisiblement, répétant à la religieuse qui le soigne: « je suis en paix, je suis heureux ». On se rappelle aussi une réflexion du médecin de Layrac: « Quel dommage que le Père nous quitte si vite! Il avait tant à donner! ». Le P. Louis-Marie, décédé à l’âge de 68 ans, est inhumé à Layrac, au caveau de l’Assomption, le mardi 16 avril (1).

(1) L’essentiel de cette notice biographique est dû au Frère Gwénaël Pettan. Divers renseignements proviennent du P. José-Géraido Da Cruz.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 13-14. Assomption France, Nécrologie année 1991, p. 197-198. Lettre du P. Louis-Marie Lion au P. Dufault, Layrac, 2 novembre 1958. Dans les ACR, du P. Louis-Marie Lion, quelques correspondances (1958-1970). Le P. Louis-Marie a donné en 1965 dans le bulletin de la Province de l’Ouest (A.T.L.P., Bordeaux) des nouvelles intitulées ‘Avec l’Assomption du Brésil’.