Louis-Marie (Louis-Pierre) CAZALOT – 1871-1946

Un ‘1ibérable’ heureux.

« J’ai la joie de vous annoncer ma démobilisation, sur place, au Réray, ce
20 décembre
1918. Vivent la sainte liberté et la possibilité de reprendre enfin, sans
souci, la vie régulière sous la paternelle direction du P. Ranc. Parti
d’Arras le 16 août 1914, j’ai été infirmier à Tarbes jusqu’en juin 1917. On
m’a envoyé jusqu’en août 1917 à Loures-
Barousse opérer la 1iquidation et le déménagement d’un hôpital thermal.
Ensuite je suis rentré au dépôt à Bordeaux. Fin octobre, je pouvais enfin
rejoindre et aider le regretté P. Jean au Réray. J’ai pu un peu
1ire, étudier prier. Grâce à l’abbé Capdevielle, j’ai pu être plus prêtre
que soldat dans cette vie militaire si
débilitante. Mais la vie de sursitaire et surtout de démobilisé vaut mieux
encore. Vive la sainte 1iberté d’enfant de Dieu! Dieu aidant, je vais
la revivre sans préoccupation militaire pour la plus grande gloire de Dieu
et ma sanctification, sous la paternelle direction du P. Ranc. ».
Louis Marie Cazalot, Le
Réray 26.12.1918.

Religieux de la Province de Paris.

Une vocation lourdaise des pèlerinages.

Louis-Pierre Cazalot naît à Lourdes (Hautes- Pyrénées), le 3 juin 1871. Toute sa formation se déroule dans le cadre du petit séminaire diocésain de Saint-Pé de Bigorre (1882-1891) et Grand Séminaire de Tarbes (1891-1896). Il est ordonné prêtre le 13 juillet 1896. Pendant 14 ans, il est successivement vicaire et curé dans des paroisses du diocèse de Tarbes. À la suite d’un pèlerinage à Jérusalem avec les religieux de l’Assomption qu’il a appris à connaître à Lourdes, il prend la résolution d’entrer dans la vie religieuse. Il demande à entrer au noviciat . Admis à Gempe (Belgique) le 8 septembre 1910, sous la direction du P. Antoine de Padoue Vidal, il prononce ses premiers vœux le 8 septembre 1911 à Gempe sous le nom de Frère Louis-Marie et ses vœux perpétuels le 8 septembre 1912 à Limpertsberg au Luxembourg. Entre les deux années qui séparent ces professions, selon la coutume il est envoyé dans une maison d’œuvres, à l’orphelinat d’Arras (Pas-de-Calais) où il fait la connaissance du P. Jean-François Pautrat qui y est alors supérieur et qui lui confie la division des grands apprentis et jeunes gens de 16 à 20 ans. Mobilisé pendant toute la guerre, de 1914 à 1918, il est heureux de reprendre son poste au service des orphelins.

Trente-six-ans à l’oprhelinat du P. Halluin.

Le P. Louis-Marie Cazalot est l’homme d’une maison ou d’une œuvre, l’orphelinat d’Arras où il sait communiquer son enthousiasme, donner sa confiance et aussi reprendre les jeunes avec sa rude franchise, son caractère vif et son zèle plein d’initiatives. Il devient au fil des années le trait d’union entre les différentes générations d’anciens de la maison. C’est à lui bien souvent qu’ils rapportent leurs peines et confient leurs joies.

Les habitués de la chapelle Saint-Antoine où il célèbre régulièrement les offices et où il prêche d’abondance, finissent par le considérer comme un familier, mais aussi un saint religieux: « Le P. Cazaloi, c’est un saint. jamais dans sa bouc,he un moi d’amertume, de critique contre personne, et comme il dit bien la messe ». La communauté est heureuse de compter cet homme droit, humble aussi et si fervent de dévotion à Notre-Dame, lui qui est un enfant de Lourdes. Le P. Cazalot connaît toutes les vicissitudes de l’œuvre du P. Halluin, son histoire centenaire (1846-1946), les heures difficiles de la grande guerre, le déménagement forcé en octobre 1914 au Réray (Allier), la fondation de l’Association de l’orphelinat en 1924 pour tenter d’obtenir la dévolution des biens et la reconnaissance de l’œuvre d’utilité publique depuis qu’en 1900 les biens ont été mis sous séquestre, le second déménagement forcé à Merlimont en 1939, le retour en janvier 1941 où l’on se tasse au maximum dans un bâtiment qui a perdu ses 2.000 vitres à cause des bombardements, à nouveau les bombardements de mai 1944 qui occasionne un troisième exode pour 263 jeunes dispersés entre Feuchy, Hendecourt, Riencourt-les-Cagnicourt et le retour à la mi-novembre 1944 dans un bâtiment à reconstruire… Longue histoire qui est celle des départements du nord de la France à deux reprises. Le P. Cazalot reste lui-même, souriant et confiant. En 1946, il se rend à Lourdes au mariage d’un neveu et fait sa retraite annuelle. A son retour, il se dit fatigué. En mai il doit être opéré d’une appendicite, à la suite d’une crise aiguë. Le 1er juin, son état empirant et la fièvre persistant, son supérieur le P. Vincent de Paul Grimonpont lui propose le sacrement des malades. Le P. Louis-Marie accepte avec joie, car il ne se fait pas d’illusion. Le jeudi 6 juin 1946, il meurt sans secousse. Le P. Cazalot est inhumé à Arras, aux côtés de ceux qui ont choisi comme lui d’être ouvriers- protecteurs de cette œuvre pour laquelle il a donné sa vie, les PP. Henri Halluin, Jean-François Pautrat, Félix Ranc et les Frères Jean-Baptiste et Lazare Delrieux, tous vétérans et vaillants serviteurs de la jeunesse déshéritée. Une épreuve est épargnée au P. Louis-Marie, l’incendie qui ravage les locaux de l’orphelinat le 14 octobre suivant son décès.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille 1946, n° 21, P. 98. Renseignements sur Ilceuvre des orphelins du P. Halluin dans le Bulletin ‘Car- tas’ (avant 1940).