Luke Van Der Pal – 1928-2005

Gisbertus Johannes van der Pal est né à Heiloo (N.H.). Mais il se sent plutôt habitant de Beverwijk où il passe sa jeunesse et où il suit l’école primaire. En septembre 1941, à l’age de 12 ans, il part pour l’alumnat des Assomptionnistes à Boxtel. Avec un an d’interruption à cause de la guerre il termine ses études secondaires en 1948.

Religieux-prêtre.

En octobre 1948 il devient novice à Halsteren et son nom de religieux  devient Luc. Le 7 octobre 1949 il fait ses premiers voeux. Il fait ses études de philosophie et de théologie de &nbps;1949 à 1956 à Bergeijk. Il est ordonné prêtre le 6 mai 1956 à Bergeijk et reçoit sa nomination pour la Nouvelle Zélande. Pour perfectionner son anglais il passe un an en Angleterre et le 27 octobre 1957 il prend le bateau pour sa nouvelle patrie.

En Nouvelle Zélande: professeur et pasteur.

Arrivé en NZ il commence à enseigner à une école primaire mais en même temps il suit des cours à l’université de Wellington  où il  obtient le grade MA en anglais. En 1968 il devient professeur au collège Viard, collège que le diocèse de Wellington a confié aux Assomptionnistes. Luc est un professeur compétent, exigeant et consciencieux, qui obtient de bons résultats avec ses élèves. Il entraîne aussi les équipes de rugby, fait la cuisine pendant les weekends et trouve encore du temps pour son passe-temps favori, parce que grand ami des animaux il aime à soigner ses canaris et ses pigeons. A son tour il est aussi supérieur de la communauté et économe.

Après sa carrière comme professeur il devient pasteur, d’abord dans la paroisse de Porirua et ensuite dans celle de Tawa. Il travaille aussi à temps partiel dans une institution psychiatrique où il a de l’attention  spéciale pour les malades, les personnes âgés et les personnes à problèmes. Luc est le bon berger qui abandonne les quatre-vingt-dix-neuf brebis pour aller à la recherche de la brebis perdue. Il approche tout le monde, catholiques et non-catholiques et il n’en veut pas à ceux qui n’apprécient pas sa visite.  Dans la prison pour femmes il réussit à convaincre un juge qu’une jeune mère d’environ 25 ans qui en prison a accouché d’une fille ne peut pas être séparée de son enfant : les séparer est injuste et laisse des cicatrices pour la vie. En premier ressort l’enfant devrait être confiée à sa grand-mère en Australie pendant que la mère purgerait sa peine de cinq ans en Nouvelle Zélande. Luc s’en occupe et grace à lui la mère et son enfant sont depuis le 6 mai ensemble en Australie. Avant de partir pour les Pays-Bas Luc a la satisfaction de pouvoir baptiser la mère et l’enfant.  Il en est fier. La mère lui écrit un peu plus tard de l’Australie :” merci, mon père, grâce à vous je peux garder mon enfant et j’ai retrouvé mon Dieu”. Luc est ravi, il en parle tout le temps.

Sur le mémento nous lisons “en étant serviable et se mettant en peine pour les autres Luc a traduit l’évangile dans une langue que tout le monde comprend, la langue de la bonté ”. Ce texte en dit long. C’est Luc dépeint en quelques mots. Luc est au service de l’église en NZ pendant presque 50 ans et pendant tout ce temps il a de telles relations avec les gens qu’il est pour beaucoup un indicateur de direction pour la vie. Sa foi est grande. Le soir avant de se retirer , bréviaire en main, il va à la chapelle “pour entrer en conversation avec le Seigneur”.

Luc comme personne.

Il est aimable, il a un rayonnement positif et il a bon coeur. Sa bienveillance, son sourire charmant et sa simplicité font qu’il est bien aimé dans la paroisse de Tawa.. Il a une grande dévotion pour la Sainte Vierge. Aussi est-il visiblement ému quand à l’occasion de son adieu dans l’église paroissiale de Tawa on entonne l’hymne mariale néerlandaise “gekomen is uw lieve mei,  Maria”. Il pleure à chaudes larmes.   Mais St Joseph est son saint favori s’il a besoin de quelque chose : “il m’exauce toujours, il est toujours prêt à m’aider ”.

“Adveniat regnum tuum” est sa devise. Aussi à l’occasion de la fête d’adieu dans la paroisse de Tawa  on lui offre une pierre magnifique qui porte l’inscription “Adveniat regnum tuum”.

Dans son sermon d’adieu Luc dit : partir c’est mourir un peu. Il ne sait pas encore ce qui l’attend…….

De retour aux Pays-Bas.

Il se décide à retourner aux Pays-Bas durant l’année 2005 et après avoir passé quelque temps dans sa famille il veut s’installer dans le château à Boxtel pour y jouir de sa pension. Il ne sait pas à ce moment que pour lui “partir” c’est “mourir”. Après l’adieu grandiose (ma fête  d’adieu était formidable, les gens sont généreux) il quitte la Nouvelle Zélande le 17 mai.

Il reste quelques jours à Singapore pour visiter de bons amis.  Le dimanche 22 mai il  concélèbre la messe dans une paroisse de la ville et s’affaisse après le sermon. Un caillot de sang dans l’artère coronaire est la cause de sa mort. On entend dire parfois que c’est beau de mourir pendant la célébration Eucharistique mais c’est triste aussi, surtout si cela arrive pendant le dernier voyage de la Nouvelle Zélande aux Pays-Bas. Pour Luc c’était une mort rapide et sans douleur, pour ceux qui restent c’est une débâcle. C’est une consolation de savoir que sa vie a été féconde et qu’il n’a pas vécu en vain, l’adieu qu’il reçut à Tawa en témoigne. Parlant de l’avenir, Luc a toujours dit : je tiens toutes les options ouvertes, mais cette option il ne l’a pas prévue. Plus tard nous avons su que sa santé laissait beaucoup à désirer : à Singapore on trouvait quatre sortes de pilules dans ses bagages.

Le 3 juin 2005 nous avons pris congé de lui dans une célébration Eucharistique solennelle dans l’église St Pierre à Boxtel. Luc repose au cimetière conventuel dans le parc du château de Stapelen. Partir c’est mourir…..un peu.


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Bibliographies