Macarios (Marc) VUCCINO – 1883-1953

Athènes, 1929.
« J’ai appris par La Croix que vous avez été élu à nouveau Supérieur
Général de la Congrégation pour douze ans encore. A la bonne heure! Nos
oeuvres d’Orient s’en ressentiront. Je m’unis à la joie commune et vous
présente
mes meilleurs vœux pour la prospérité de la Congrégation. Je voudrais voir
enfin réglée ma situation, car elle me pèse sur le cœur: appartenir à la
Congrégation et ne point vivre de sa vie! deux choses inconciliables. Le P.
Capellos, Jésuite, a été prêté lui-aussi aux oeuvres de Mgr Calavassy, mais
lui sans conditions et pour un temps indéterminé! Il dépend comme moi de
l’évêque qui peut le garder ou le renvoyer quand il veut. Pourtant ce
religieux
reste en continuelle relation avec son Institut qui le tient informé des
nouvelles de la famille. J’aimerais que l’on puisse s’entendre avec Mgr
Calavassy et obtenir de lui que l’Assomption puisse fonder
une maison de rite grec en Grèce, comme il y en a tant en Roumanie. Vous
avez si bien travaillé depuis 6 ans à faire tomber les préventions de part
et d’autre que l’éventualité d’une telle entente n’est rien moins
qu’impossible … ».

Macaire.

Religieux grec de la Province de Lyon. Années de formation. Marc Vuccino est né le 22 juin 1883 à Syra dans l’île des Cyclades. Il fait partie de l’un des premiers groupes de jeunes garçons recrutés à Syra par le P. Eutychios, alias Prosper Lamerand, en activité au séminaire de Koum-Kapou (Constantinople). Il entre à l’alumnat en 1896, en même temps que les futurs Pères Eustratios et Basilios Roussos. Ses humanités terminées en 1903, le jeune Marc opte pour la vie religieuse à l’Assomption. Il prend l’habit à Louvain, le 18 octobre 1903, sous le nom de Frère Macarios. Profès annuel le 18 octobre 1904 et Profès perpétuel le 18 octobre 1905, le Frère Macarios accomplit son temps d’études philosophiques et théologiques d’abord à Rome (1905-1908), puis à Kadi-Keuï (1910-1912), après avoir enseigné deux ans à Karagatch (1908-1910). Il est ordonné prêtre par Mgr Petit à Kadi-Keuï, le ler septembre 1912, en compagnie des PP. Athanasios Raymoundos et Eustratios Roussos. Ministères au service de l’unité. Le P. Macarlos passe les dix premières années de son sacerdoce dans diverses maisons de la Mission d’Orient: tout d’abord en Turquie d’Asie à Konia (1912-1913) et Eski-Chéïr (1913-1914). De 1914 à 1918, il se réfugie dans son île natale de Syra. Il est alors en 1919 mis à la disposition de l’éparchie catholique de rite grec de Constantinople, selon des dispositions contractées entre le P. Joseph Maubon, le P. Gervais Quenard et l’ordinaire du lieu, Mgr Calavassy. Le P. Macaire dont l’esprit apostolique est particulièrement fervent au bénéfice de l’œuvre de l’unité chrétienne, malgré des situations difficiles tant du point de vue du contexte politique après la premiè-re guerre mondiale que du contexte ecclésial, s’adonne à cette activité jusqu’en 1931, Page :355/355 souffrant particulièrement de ne pouvoir vivre en communauté selon son choix religieux. On lui connaît des affectations diverses, tant aux alentours de Kadi-Keuï que du quartier de Péra ou dans les faubourgs d’Athènes. En 1931, il vient en France, passe quelque temps à Lyon (Rhône) et à Menton (Alpes-Maritimes). En 1932, il est affecté à l’alumnat de Scy-Chazelles (Moselle). C’est en 1935 qu’il retrouve son cher Orient, à Kadi-Keuï où il rend de nombreux services paroissiaux, dans la succursale de Haïdar-Pacha et au collège Saint-Joseph des Frères des Ecoles Chrétiennes. C’est en 1949 qu’il retrouve sa terre d’origine, la Grèce, pour prendre la direction, dès le ler mai, de la paroisse du Pirée, près d’Athènes, confiée aux Assomptionnistes par Mgr Sigalas soucieux de suppléer ainsi à la pénurie de son clergé diocésain. Il peut y donner la pleine mesure de son dévouement apostolique. Religieux très pieux, il aime prier les bras en croix durant l’Heure Sainte précédant le premier vendredi de chaque mois. Ses anciens compagnons ou supérieurs, tels les Pères Andéol Besset ou encore Canisius Louis, gardent le souvenir de ses nombreux états de service tant à Kadi-Keuï qu’à Haïdar-Pacha où la nouvelle du décès du P. Macarios fait impression en 1953. C’est au matin du 12 février de cette année 1953 que le P. Macarios est emporté par un malaise cardiaque imprévu. La veille, il a simplement signalé au P. Théoctiste qu’il ne se sent pas bien et qu’il souhaite prendre un peu de repos, tout en déclinant l’offre d’un secours médical. Mais au matin du 12, lorsque des fidèles se présentent pour la messe paroissiale que le P. Macarios célèbre habituellement, on s’étonne de son retard, le P. Théoctiste a la douloureuse surprise de trouver son compagnon étendu mort sur son lit, les membres déjà froids et raidis. La cérémonie des obsèques a lieu le jour même, en raison des conditions du décès et selon le règlement de police en usage. Après l’office religieux, le corps est transporté au cimetière du Pirée où les médecins municipaux doivent procéder le lendemain aux constations requises. Le vendredi 13 février a lieu la cérémonie elle-même de sépulture, au cimetière du Pirée, dans la chapelle catholique. Le Il février, les PP. Augustin Roussos et Antoine Varthalitis venaient d’être ordonnés prêtres à Lyon. Ils célébraient leur première messe le 12, coïncidence de date qui apportait un peu de consolation à l’Assomption grecque qui comptait sur cette relève pour son développement. Page :356/356

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1954, p. 68-69. Lettre à la Famille, 1953, n° 153, P. 32-33. Dans les ACR, du P. Macarios Vuccino, correspondances 1906-1948). Lettre du P. Macarios Vuccino au P. Gervais Quenard, Athènes, 25 mars 1929. PP. Jullian Walter et Daniel Stiernnon, Notes historiques de la présence assomptionniste en Grèce (1934-1984), Athènes, 1984, 13 pages avec notes complémentaires du P. Jean Gad, novembre 1995 (sic), pages 14 à 16.