Magnus BUCHER – 1896-1973

Jubilé d’argent.
« A Scherwiller, avec quelques mois d’avance, le Frère Magnus Bucher, a
célébré le 19 mars
1960 son jubilé d’argent de profession, émise à Scheidegg
(Bavière) le 29 août 1935. Le Frère fut conduit en
procession à la chapelle où le P. Alexis Diss, assisté des PP. Emilien
Rauscher et Claude Appel, chanta la messe. Le P. Libermann, supérieur de
Vellexon, tenait les orgues et prêcha, magnifiant dans le religieux l’homme
de Dieu et l’homme d’Eglise.
Au dîner, toast où l’on rappela le labeur acharné et le savoir-faire du
Frère Magnus à Plovdiv
(Bulgarie), dont il continue à faire preuve à Scherwiller, puis cantate et
lecture des vœux du P. Général, le P. Wilfrid, accompagnés d’un portrait du
Pape Jean XXIII.
Le soir une séance cinématographique, alliant le drame et le rire, clôtura
cette journée de reconnaissance et de joie.
Il y eut, selon la coutume, lecture d’un compliment qui retraça les 25 ans
de vie religieuse du frère Magnus, depuis la Bavière, en passant par la
Bulgarie, la maison d’études de Valpré et Scherwiller.

Vers l’autel.

Religieux de la Province de Lyon.

L’enfance et la jeunesse en Bavière.

Magnus est né le 10 juin 1896 à Grosskemmat en Bavière, au diocèse d’Augsbourg, d’une famille paysanne de trois enfants. Son père, Magne, qui a un bras coupé à l’âge de 16 ans, a cependant assez de courage pour assurer la vie matérielle de son foyer. Magnus qui fait la guerre entre août 1916 et novembre 1918, entre d’abord chez des Bénédictins, mais, novice, il doit les quitter pour raisons de santé. Après quelques années, âgé de 38 ans, il se présente au noviciat assomptionniste de Scheidegg, animé et dirigé par le P. Libermann. Il prend l’habit le 28 août 1934 et se livre avec beaucoup d’ardeur à différents travaux manuels: charpente, menuiserie, maçonnerie, jardinage. Il prononce ses premiers vœux le 7 septembre 1935: « C’est le meilleur de nos 4 novices, d’un dévouement à toute épreuve, d’un esprit surnaturel, travailleur forcené, surtout à la menuiserie. Il est aimé de tous ses confrères, bref un excellent sujet » note le P. Florian Grisemer.

Plovdiv en Bulgarie.

Après 4 ans passés au noviciat de Scheidegg, le Fr. Magnus quitte l’Allemagne alors en proie aux manifestations nazies. En compagnie des Frères Grégor et Bernard, il gagne la Bulgarie et, dès l’arrivée du trio au collège Saint- Augustin, il peut prononcer avec ses confrères ses vœux perpétuels le 17 janvier 1939. Plutôt menuisier de profession, il a tout de suite beaucoup de travail: chaque jour, on lui apporte un lot de réparations et des commandes d’aménagements urgents. Le Frère Magnus ne rechigne pas à la tâche, il a même tendance à exagérer et passe pour un bourreau de travail. Il veille très tard dans sa menuiserie, et tous les autres étant couchés, il rabote encore quelque planche ou colle quelque vieux meuble.

En plus de son ardeur au travail, ce que l’on remarque chez le Frère Magnus, c’est sa grande piété. Si on le voit peu à la chapelle en semaine, par contre le dimanche il n’en sort guère comme pour se rattraper de n’avoir pu s’y attarder les jours ouvrables. Tôt levé le matin, il sert le plus de messes possibles à partir de 5h 30, souvent 4 à 5 par jour. Bien qu’il n’ait que peu de relations avec les élèves, le frère toujours souriant n’en a pas moins une influence réelle.

Scherwiller en Alsace.

A la fermeture du collège de Plovdiv en 1948, le Frère Magnus vient en France. Il est d’abord affecté à la nouvelle maison de Valpré, aux portes de Lyon, mais dès 1950, il est accueilli à Scherwiller (Bas-Rhin) où il va rester une vingtaine d’années. Il y laisse le souvenir, tant à l’alumnat qu’au village, d’un religieux profondément pieux. Souvent il lui arrive de pleurer à la consécration. Le dimanche il fait un petit pèlerinage dans l’un ou l’autre sanctuaire de la région. Son culte de l’obéissance est proverbial, il suffit de lui rappeler le mot: « Le supérieur l’a dit » pour que toute discussion soit terminée et toute hésitation levée. C’est lui qui réalise les coffrages pour les portiques du bâtiment construit par le P. Diss. Artisan habile et même astucieux, il se fait maçon: il réalise les escaliers conduisant au sous-sol de ce même bâtiment. Volontiers jardinier, au temps de la moisson et des récoltes, il se lève à 4 h pour aller faucher. Avec le P. Grégoire il aime s’occuper des vignes et être chargé de la fonction de caviste. Rien ne se perd: quand le raisin est passé par le grand pressoir, le moût est encore pressé au petit. Le Frère fait aussi la quête des œufs et des pommes de terre dans les villages et souvent des gens demandent des nouvelles du Frère qui parle allemand. En 1971, il est réduit à l’inactivité à cause d’une attaque qui nécessite son transfert à Lorgues le 13 juillet 1971. Se savoir à charge lui coûte énormément, lui si actif et si solitaire. Paralysé, alimenté par perfusion, il reste de longues journées assis dans un fauteuil, acceptant seulement d’être conduit à la tribune en silence. Même le Frère Gabriel Guisi ne peut le distraire ou le faire bavarder. Le Frère Magnus reçoit le sacrement des malades le 1er mai 1973. Il meurt au matin du mercredi 2 mai 1973. Ses obsèques sont célébrées le 3 mai.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1974, p. 213. Lyon-Assomption, juin 1973, n° 37, p. 7-9. Lettre à la Famille 1960, n° 297, P. 428. Vers l’autel (Scherwiller), avril-juin 1960, p. 3-4.