Manuel (Eugène-Félicien) VANDEPITTE – 1898-1979

Lormoy, 1969. « J’ai tardé à vous répondre: j’attendais l’occasion d’aller
à Paris pour consulter les archives. J’ai consulté en vain la
correspondance laissée par le P. Kokel! Bon courage dans votre travail,
avec la perspective proche d’une relève et d’un retour au pays natal! Je
souhaite que le repos que vous pourrez prendre alors permette un retour
aussi de la santé. Je sais par expérience personnelle ce qu’est
l’hypertension!. Je passe mon temps à organiser les archives
de la Province de Paris. Tout est à faire! Le brave P. Blaise
[Chéruy] y a mis plus de désordre que d’ordre, d’ailleurs elles sont
incomplètes. Jamais personne ne pourra voir clair là- dedans! Est-ce utile?
Qui consacrera son temps à faire l’histoire des Provinces, des maisons, des
individus?
D’autant qu’on ne parle généralement que de ce qui ne va pas! Tout ce qui
marche n’a que rarement droit aux honneurs des communiqués! Mais pour
gagner ma croûte et, je l’espère, mon paradis, je me livre assidûment à
cette ingrate et fastidieuse besogne de classement, en me félicitant de
n’avoir pas, comme vous, les archives générales sur les bras! Sonne fin de
charge si du moins les capitulants répondent à vos désirs ».

Religieux de la Province de France. Défense et illustration autobiographiques de l’enseignement à l’Assomption. « C’est à l’Assomption que doit aller le meilleur de ma reconnaissance: la bénédiction paternelle du P. Picard en 1902, plusieurs visites à Louvain où mon oncle [P. Achille Vandepittel était professeur, préparèrent mon entrée au Bizet en septembre 1908. Quatre années de grammaire au Bizet, une année d’humanités à Gempeune année de rhétorique à Ascona me menèrent au noviciat en 1914. Au lieu du Luxembourg occupé, ce fut Vinovo, refuge des quelque 15 postulants récupérés sur la soixantaine prévue, dispersée par la guerre… Puis Rome durant les mois d’été 1915, puis Lumières en 1916-1917. Mobilisé en avril 1917, je ne fus libéré qu’en juin 1920. Puis ce furent deux années de philosophie à Taintegnies (1920-1922); quatre années de théologie à Louvain (1922-1926) me menèrent au sacerdoce, reçu des mains de Mgr Louis Petit, le 25 juillet 1926, voici 50 ans! Puis ce furent les ‘oeuvres’ comme on disait alors: 1926-1928 à Poussan. Professorat de lettres, français, latin en classe de seconde et de première. 1928-1931: Clairmarais. De 1931 à 1960, Saint-Louis de Gonzague à Perpignan (1)! Successivement ou en même temps, professeur de lettres, préfet de discipline, préfet des études pendant 16 ans, directeur de la Maîtrise, secrétaire de l’amicale des Anciens, aumônier de la J.E.C et de la Croisade eucharistique. Et finalement supérieur pendant 5 ans, le tout s’achevant par une sérieuse dépression nerveuse et un passage sur le billard à cause d’une vésicule encombrée de cailloux! Après quoi, en septembre 1960, le P. Charpentier m’accorde mes 5 ans d’invalidité à Lormoy, au service des vocations aînées et, en 1965, le P. Brajon m’appelle à la maison provinciale pour les secrétariats divers que vous savez… Page :169/169 Dans l’ensemble donc, une carrière d’enseignant, un spécimen d’une espèce en voie d’extinction! Et c’est de quoi je suis le plus reconnaissant à l’Assomption. Expérience faite, c’est bien cela que j’étais capable de faire. Oui, j’ai aimé le labeur de l’enseignement et de l’éducation, comme un authentique travail sacerdotal. J’ai cru à la valeur de la culture générale, de la formation humaniste, de celle aussi de la discipline bien comprise qui est éducation et non dressage. Je n’étais pas fait pour un ministère plus direct de paroisse, d’aumônerie, de prédication ou de mission. Si j’étais né 30 ans plus tard, je ne vois pas quel travail apostolique on aurait pu me confier dans le monde d’aujourd’hui… Mais ces besognes de professeur, de préfet d’études sans gloire mais non sans ennuis, j’espère bien qu »elles me seront comptées comme un purgatoire anticipé. Et je ne regrette pas de les avoir accomplies avec patience, conscience et même satisfaction. Etje remercie le Seigneur de m’avoir accordé le courage de n:y pas rechigner! Actuellement je suis voué à évoquer le passé et les disparus dans des notices nécrologiques et à veiller avec piété sur le tombeau des archives! J’ai souvenance d’avoir lu quelque part ce proverbe: ‘Le carillon du jubilé prélude au glas du Requiem! C’est la seule perspective assurée pour un jubilaire! Et maintenant, l’appel du Seigneur, quand et comme il le voudra ». Repères biographiques. Eugène-Félicien Vandepitte, neveu du P. Achille, est né le 26 juin 1898 à Beauvais (Oise). il étudie dans les alumnats du Bizet (1908-1912) et de Gempe en Belgique (1912-1913), puis d’Ascona en Suisse (1913-1914). Le 8 décembre 1914, il prend l’habit au noviciat de Vinovo (Italie), sous le nom de Frère Manuel. Il y prononce ses premiers vœux le 8 décembre 1915, poursuit son temps de noviciat à Lumières (Vaucluse). Les obligations militaires le retiennent de 1917 à 1920. A Taintegnies (Belgique), il émet ses vœux perpétuels le 25 août 1921. Taintegnies est sa résidence pour les études philosophiques (1919-1921), Louvain pour les études de théologie (1922-1926). C’est là qu’il est ordonné le 25 juillet 1926. Le P. Manuel détaille ainsi son parcours ministériel: Poussan (Hérault) de 1926 à 1928, Clairmarais de 1928 à 1931, Perpignan (Pyrénées-Orientales) de 1931 à 1960, Lormoy (Essonne) de 1960 à 1965, Paris av. Denfert-Rochereau à partir de 1965. Le 14 novembre 1978, il arrive à Chanac (Lozère) au repos. Le 19 mai 1979 il est hospitalisé à Mende. C’est à l’hôpital de Mende (Lozère) qu’il rejoint la maison du ciel, le dimanche 22 juillet 1979. Il est inhumé à Chanac le 24. Page :170/170

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 83. Echos de nos ma sons e repos, janvier 1980, n » 4, p. 9 [En 1979, le bulletin de la Province de Paris ‘Paris-Assomption’ arrête sa publication. Le bulletin de la Province de France ‘A.T.L.P.1 mentionne seulement le décès du P. Manuel Vandepitte]. Lettre du P. Manuel Vandepitte au P. Domitien Meuwissen, Lormoy, 27 avril 1969. Du P. Manuel Vandepitte, dans les’ACR, rapports sur Perpignan (1955-1960), articles dans le bulletin du Collège Saint-Louis de Gonzague de Perpignan, correspondances (1912-1969), notices biographiques dans le bulletin Paris-Assomption, Répertoire analytique des Constitutions de 1969. (1) Saint-Louis de Gonzague à Perpignan: L’Assomption et ses (Euvres, 1957, n° 513, p. 3-6 et 1964, n° 535, p. 26-28.