Marcel DEPRET – 1926-1992

Echos de Saint-Gérard.
« A Saint-Gérard, comme partout ailleurs c’est l’hiver avec ses longues
soirées si propices à l’étude ou à la conversation silencieuse avec Dieu.
Pourtant l’entrain et la bonne humeur ne manquent pas. Skis et traîneaux
glissent à toute allure sur les pentes neigeuses, En ce qui concerne les
études, il y a du pain sur la planche, mais c’est du pain bénit! Sous la
maîtrise du P. Gérardlstace, nous épluchons les textes du Fondateur: je
commence à pressentir toute la richesse de sa spiritualité. Le travail
manuel éprouve la souplesse des muscles. Nous préparons le millénaire de
l’abbaye, grand branle-bas de combat à tous les étages! Nous préparons une
magnifique messe de Liszt avec le concours de chorales paroissiales. Je me
prépare aussi au sacerdoce, priez afin qu’il ne soit pas une façade
d’un jour mais un ‘oui’ de chaque instant. Mon père est tombé gravement
malade le soir de Noë1. Plusieurs congestions cérébrales le retiennent à
moitié paralysé, une embolie est venue aggraver son état».
P. Marcel, 18 janvier 1959.

Marcel DEPRET

1926-1992

Religieux de la Province de Belgique-Sud.

Au commencement.

Marcel Depret est né à Haine-St-Pierre en Belgique, le jour de la Toussaint 1926, dans une famille nombreuse et de tradition chrétienne. Après son école primaire (1932-1937), il suit les cours de l’école moyenne à La Louvière durant deux ans (1939-1941), puis ceux de l’école professionnelle à Mortanweiz (1944-1946). Après avoir travaillé plusieurs années aux usines Gilson, il se présente en 1948 comme vocation tardive à Sart-les-Moines. Il y suit le programme des études prévues (1948-1931) et termine sa scolarité à Bure (1951-1952). Au sortir de ses humanités, il est considéré comme le type de vocation tardive comme il faut en souhaiter. Piété solide, âme forte, convaincue, pleine d’ardeur apostolique. Il s’est beaucoup dévoué dans les patronages et la J.O.C; conduite exemplaire, réflexion sérieuse, capacité de concentration, application aux études, goût prononcé pour les Ecritures. Son souhait, c’est d’être apôtre auprès des jeunes et des protestants ». Cette belle appréciation se vérifie tout au long d’un parcours sans faute: Marcel entre le 22 septembre 1952 au noviciat de Taintegnies où le P. Désiré Deraedt lui donne l’habit et où il est admis à prononcer ses premiers vœux le 29 septembre 1953. Il étudie la philosophie au scolasticat de Saint-Gérard de 1953 à 1956. Il y prononce ses vœux perpétuels le 29 septembre 1956. Ses études de théologie se déroulent également à Saint-Gérard où il est ordonné prêtre le 18 octobre 1959, complétées à Rome au Collège international (1960-1964).

Professeur en maison d’études et prédicateur apprécié.

Le Père Marcel reprend la route de Saint-Gérard où il est nommé professeur de ‘théologie spirituelle’, selon l’expression classique.

En 1965 lui est confiée la charge de supérieur qu’il reçoit comme une preuve et une épreuve d’obéissance. Trois ans plus tard, il est préfet spirituel et prédicateur de retraites. En décembre 1970, il est envoyé à Haine-St-Paul pour le ministère et l’enseignement. Puis de 1971 à 1977 il exerce la fonction de vicaire à La Hestre. Pendant plus de 15 ans, il enseigne la religion à l’institut des Filles de Marie à La Louvière. En septembre 1985 il lui est demandé la desserte de la paroisse de La Louvière-Longtain où il établit sa résidence jusqu’à sa mort. En 1986, il est rattaché à la communauté de Saint-Gérard, là où il aime venir se retremper un peu dans la vie communautaire et dans le calme nécessaire à ses préparations de cours et de retraites. On le charge aussi de la responsabilité de la catéchèse dans le doyenne de La Louvière.

Personnalité.

Ce religieux, passionné de l’Ecriture, a fait de la Bible son livre de vie. Déjà tout enfant, il s’intéresse à l’exemplaire que son père a enfermé sous clef à la maison parce qu’elle provient des Témoins de Jéhovah, de peur qu’il ne devienne protestant! Pour ne pas perdre une miette de son enseignement, ses paroissiens ont même pris l’habitude d’enregistrer ses sermons. Le Père Marcel possède le don rare de faire découvrir l’Evangile comme un livre de vie à tous ceux qui l’écoutent. Il sait surtout mettre à la portée de tous ce qui reste bien souvent du seul domaine des exégètes. Vulgarisateur de choix, il aime partager son enthousiasme de lecture et d’approfondissement. Fougueux, débordant de jovialité, il mène deux vies de front, celle d’un pasteur et celle d’un enseignant, mais profondément unies en lui par la sève de la Parole de Dieu. Malgré une santé précaire, souffrant d’asthme, il rêve encore de faire une grande fresque de l’histoire du salut avec des bandes enregistrées. Il sait émailler son enseignement de savoureuses anecdotes et imitations de présentateurs ou humoristes connus. Le 30 janvier 1992, on doit le conduire d’urgence à la clinique universitaire du Mont Godinne. Il ne peut surmonter une dernière crise cardiaque. Il meurt ce même jour, à 69 ans. Il repose auprès de ses confrères, dans la concession de Saint-Gérard.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 54-55. Belgique-Sud-Assomption, mars-avril n° 224-225, p. 2738-2744. Coorespondances aux ACR (1966-1968). Lettre du P. Marcel Depret, Saint-Gérard, le 18 janvier 1959. Notices Biographiques