Marcel PLOYON – 1914-1998

Montéchor, 1943.
« Au milieu des difficultés de toutes sortes où se débat le monde, nous
sommes encore les favorisés de la fortune ou, plutôt pour employer un mot
plus chrétien, de la Providence. Certes le travail ne manque pas à
Montéchor, mais la devise d’un Assomptionniste n’est-ce pas:
‘Non recuso laborem’? et notre fondateur ne nous a-t-il pas dit de
travailler comme quatre? Je dois vous avouer que je rencontre des
difficultés plus pénibles à mon cœur de religieux que celles du travail.
Nous avons en communauté quelques heurts qui rendent la vie plutôt sombre.
Je ne suis pas toujours édifié par la manière de vivre la pauvreté et
l’obéissance. Je trouve notre règlement bon et je le suis d’aussi près que
possible. Je désirerais bien que le P. Anselme [Vandendrieske], même s’il
ne le trouve pas à
son goût, le suive aussi pour que les enfants ne s’imaginent pas que chacun
agit ici à sa guise, que l’on peut à volonté allonger ou diminuer étude,
promenade, récréation, au détriment des leçons ou des devoirs. J’essaie de
pallier ce défaut. Ce Père est très affable avec les étrangers, j’aurais
aimé jouir de cette affabilité. Je fais la causette avec le P.
Donat [Teissier]. J’enseigne en
6ème».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de France. Jeunesse et formation: 1914-1942. Marcel Ployon est né le 13 novembre 1914 à Vaudevant (Ardèche) dans une famille très chrétienne qui compta neuf enfants. Après ses études aux alumnats de Davézieux (Ardèche), de 1928 à 1931, et de Poussan (Hérault), de 1931 à 1933, il entre au noviciat des Essarts (Seine- Maritime) en 1933 et y fait profession le 2 octobre 1934. Il accomplit une année d’études complémentaires à Layrac (Lot-et-Garonne) de 1934 à 1935. C’est au scolasticat Saint-Jean de Scy- Chazelles (Moselle) qu’il étudie la philosophie (1935-1937) et à celui de Saint-Augustin de Lormoy (Essonne) la théologie (1937-1939 et 1940-1942). Il est ordonné prêtre par Mgr Pie Neveu le 27 juillet 1941. Sa vie sacerdotale peut être divisée en deux périodes, aussi contrastées que le jour et la nuit, l’une dans les alumnats, l’autre en paroisses. Dans les alumnats (1942-1956). Au cours de ces 14 années, le P. Marcel est successivement professeur de 6ème, puis de Sème à Montéchor (Pas-de-Calais), de 1942 à 1944, professeur de 6ème, puis de Sème et recruteur à Soisy-sur-Seine (Essonne), de 1944 à 1947, professeur de 5ème, puis de 4ème à Davézieux, de 1947 à 1956, enfin de nouveau à Montéchor (septembre-décembre 1956). Ses élèves gardent de lui le souvenir d’un professeur consciencieux jusqu’au scrupule, dévoué, timide et réservé. L’enseignement n’est pas son charisme. Il le sait lui- même et aspire à autre chose. En décembre 1956, au paroxysme de son découragement, il écrit trois lettres à son Provincial, P. Henri Bélard, dans lesquelles il s’interroge sur l’utilité de son travail et dénonce le scandale de la situation., Montéchor mobilise alors 4 prêtres et un religieux Frère pour 6 élèves, alors que tant de paroisses manquent de prêtres. A.A Il demande que, malgré son amour de l’Assomption, il puisse entreprendre des démarches d’exclaustration ou d’incardination en sollicitant le diocèse de Viviers. Le P. Ployon passe les huit premiers mois de 1957 à Paris, Avenue Denfert-Rochereau. Dans les paroisses (1957-1998). En septembre 1957, le P. Marcel est affecté à la paroisse Saint-Christophe de Javel (Paris, XVème). Le quartier est populaire à l’époque et compte de nombreuses industries dont les usines Citroën et l’Imprimerie nationale. Tout de suite à l’aise, le P. Marcel s’y montre dévoué, organisateur, pieux et régulier, homme d’ordre, de méthode et de bon conseil. Aussi devient-il rapidement vicaire, économe de communauté (1963) et premier conseiller (1968). En 1969, l’Assomption achève de quitter Javel. Le Père Marcel est nommé curé de Gault-La-Forêt, devenu Le Gault-Soigny, dans le secteur de Montmirail (Marne). A l’occasion de son jubilé sacerdotal en 1991, il détaille ses différents postes à un journaliste: «Au début, j’avais la charge de Gault-Soigny, Bergères-sous-Montmirail, Boissy-Le-R£pos et Morsains, ensuite on m’a attribué en plus Tréfois et Le Vézier, puis Fromentières, Corfélix et Le Tholut-Trosnay ». Ce sont neuf paroisses et même en Brie champenoise et malgré Boissy, ce n’est pas une sinécure! Il est en outre supérieur de la communauté de Montmirail, de 1971 à 1977 et fait longtemps partie de la Commission diocésaine du clergé où il travaille à l’atelier finances. « Il connaît et aime ses paroissiens, partageant leurs joies, leurs soucis et leurs peines. Il est heureux dans ce monde rural qui lui rappelle ses racines ardéchoises. Il est fier de montrer les belles églises de son secteur rénovées grâce au concours des municipalités. Il fait corps avec la population. Il a beaucoup aimé collaborer avec le clergé, est partie prenante de la vie du diocèse, de son apostolat de confesseur et de directeur spirituel. Nous gardons de lui le souvenir d’un religieux, d’un Père bon, accueillant, souriant, d’un homme de prière et de foi, une foi qui a fait grandir en lui la joie intérieure, la confiance et la bonté agissante dont il rayonne » (1). Depuis 1996, l’âge et la fatigue contraignent le Père Marcel à réduire ses activités. A la fin de l’été 1998, il demande de rejoindre les Pères aînés de Saint-Sigismond (Savoie). Heureux de s’y préparer, il veut saluer, avant son départ, ses confrères de l’Assomption, les prêtres diocésains et ses paroissiens. Mais son heure survient avant la réalisation de son transfert: le P. Marcel meurt à l’hôpital de Provins (Seine-et-Marne) le lundi 9 novembre 1998. Il est inhumé le 12 suivant, au cimetière du Gault-Soigny. L’administrateur de Chalons en Champagne montra dans son homélie d’au-revoir les qualités pastorales du P. Marcel et lança un appel en faveur de la relève des ouvriers de l’Evangile dans le sacerdoce, le diaconat, la vie religieuse et le laïcat consacré. (1) Du P. François Morvan, le jour des obsèques du P. Ployon, 12 novembre 1998.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assommption, Nécrologe (VIII) 1998-1999, 1999, p. 63-65. Assomption-France, Nécrologie année 1998, p. 450-452. L’Appel (Davézieux), janvier-février 1952, n° 27, p. 7. Lettre du P. Marcel Ployon au P. Gervais Quenard, Montéchor, 14 mars 1943. Dans les ACR, du P. Marcel PLoyon, deux correspondances (1943 et 1969). Notices Biographiques