Marcien (Edouard) AIMOZ – 1902-1982

Portrait.

D’un naturel pétri de bonté et d’attention charitable à l’égard de ses
frères, le P. Edouard- Marcien voulut se donner de toute son âme à sa tâche
de formateur de futurs prêtres dans les alumnats. Il a marqué en ce sens
des générations d’alumnistes par sa science sans doute, mais surtout par sa
piété, son austérité de vie et son sens d’une prière profonde mais aussi
partagée.

Homme prêt à rendre tous les services qui lui étaient demandés,
l’enseignement, la surveillance, la promenade, il n’était pas à l’affût des
principes d’une pédagogie moderne ou renouvelée, mais cela ne l’empêchait
pas de rendre ses heures de cours vivantes. Avec lui il faillait travailler
sérieusement, avec méthode, car l’idéal visé voulait rejoindre la grande
ambition du P. d’Alzon: former dans l’âme de cette jeunesse qui lui était
confiée l’image même de Jésus-Christ.

La prière à Marie était une forme privilégiée et partagée de son attention,
notamment par la récitation méditée du chapelet. De nombreuses médailles
ornaient le béret de sortie et la chaîne de la montre sous le camail.

Religieux de la Province de France.

Un professeur d’alumnat attiré par la mission.

Edouard Aimoz est né le 14 novembre 1902 à Macot en Tarentaise (Savoie). Il commence ses études au collège Saint-Paul près de Cevins et les continue à l’alumnat de Vinovo en Italie (1915-1919). Mais c’est en Belgique, à Saint-Gérard, qu’il accomplit son noviciat sous la direction du P. Rémi Kokel, après l’avoir commencé à Lumière dans le Vaucluse (84) en 1919, sous la conduite du P. Léonide Guyo. Il y prononce ses premiers vœux le 24 septembre 1920 et prend le prénom de Marcien. La seconde année de noviciat terminée, il étudie la philosophie à Taintegnies (1921-1922). C’est à Rome ensuite qu’il lui est donné de faire sa théologie, à l’Université de l’Angélique où il obtient le grade de licencié en théologie. Il est ordonné prêtre le 7 juillet 1929. L’apostolat du P. Marcien – qui finit par reprendre son prénom de baptême Edouard – va s’exercer surtout dans les alumnats: tout d’abord à Scy (57) un an (1929-1930) et à Scherwiller (67) pendant dix ans (1930-1939). Mobilisé en septembre 1939, il est fait prisonnier en 1940 et finit par s’évader avec le P. Louis Pétex en 1941, après plusieurs tentatives infructueuses. Les publications internes de l’époque contiennent de fréquentes nouvelles ‘militaires’ du P. Edouard-Marcien. C’est alors qu’il gagne la Tunisie où il passe cinq années (1941-1946) dans les paroisses confiées à l’Assomption, particulièrement à Gabès dont il est curé en 1945-1946. Très amaigri, il retourne enseigner à Scherwiller pour un deuxième séjour de douze ans (1946- 1958), malgré son désir exprimé de partir missionnaire volontaire au Congo. En 1958, il est envoyé à l’alumnat de Saint-Sigismond en Savoie. Lors de la fermeture de cette maison comme alumnat en 1972, il reste comme résident dans la maison de repos nouvellement aménagée

et il s’ingénie à se rendre utile de mille manières aux religieux plus âgés. Il s’intéresse aussi vivement à Notre-Dame des Châteaux dont il rêve de ressusciter l’antique pèlerinage à la Vierge et d’aller y vivre en ermite. Il en écrit avec l’abbé Hudry la vivante histoire. Durant l’été, il lui arrive de passer sur la sainte colline quelques journées de solitude où il peut à loisir prier la Vierge et accueillir les visiteurs-pèlerins du site. jusqu’au jour où une mauvaise fracture vient lui rappeler les inconvénients d’un séjour trop solitaire…

Un religieux épris d’authenticité.

La dernière partie de sa vie n’offre pas en apparence de point très saillant. Et cependant elle témoigne des intentions profondes qui n’ont cessé de l’animer toute son existence. Le Père, un peu porté au scrupule, veut faire partager son souci de solidarité avec l’œuvre de Mère Térésa en 1972 en envoyant au chapitre de Lyon une motion de sensibilisation aux détresses humaines. Toute sa vie d’ailleurs, il a porté le souci des pauvres. En communauté il demande régulièrement de consacrer un pourcentage du budget aux organismes travaillant en lien avec le Tiers-Monde. Il développe la collecte des vieux papiers, comme forme concrète d’action à sa portée. Il va jusqu’à écrire directement au pape Paul VI… Avec les années, la maladie se fait plus pressante. Le P. Edouard souffre d’urémie. Les soins sur place ne suffisent plus, l’hospitalisation est nécessaire: elle est effective le 9 novembre 1982. C’est à l’hôpital d’Albertville qu’il meurt le 26 décembre 1982. Les obsèques sont célébrées le 29 par le P. Joseph Mermoz qui, en cette circonstance, sut évoquer plusieurs traits de la physionomie humaine et spirituelle d’un religieux dont il avait longtemps partagé la vie. Le P. Edouard est inhumé dans le nouveau cimetière d’Albertville-Chiriac.

Notices Biographiques A.A

Bibliographies

Bibliographie : – Documents Assomption Nécrologe (II), 1981-1983, p. 74-75. – A Travers la Province (Paris), 10 janvier 1983, p. 10-12. – Aimoz et abbé Hudry, Plaquette Notre-Dame des Châteaux. -Motion sur la pauvreté et la faim dans le monde au chapitre de Lyon 1972, présentée par le P. Aimoz. (ACR) – Correspondance du P. Aimoz: demande pour être missionnaire au Congo, lettres de captivité en Allemagne (ACR): Lettre à la dispersion 1941 (no 843), p. 197; (no 845), P. 233; (no 846) p. 245. – Récit d’évasion: Supplément à la Lettre à la dispersion, sept. 1945, (no 3), P. 109-111.