Marcien (Marc) MURCOWITCH – 1874-1893

Livry. D’après le registre du Personnel, le noviciat de Livry, ouvert en
1886, a accueilli pendant 15 ans
(1886-1901) une moyenne annuelle de 19 à 48 novices
(frères de chœur et frères coadjuteurs), soit un total de quelque 404
novices en tout, sans compter les frères étudiants en première année de
philosophie ou de théologie et sans compter non plus les membres religieux
de la communauté formatrice, composée en général de 5 à 6 religieux, profès
prêtres. Le maître des novices en titre est le P. Emmanuel Bailly
jusqu’en 1892, année où il passe la main au P. Athanase Vanhove tandis
qu’un second noviciat, aux effectifs aussi fournis, s’établit sur les bords
de la Mer de Marmara à Phanaraki, en 1888-1889, d’abord placé sous la
responsabilité du P. Alfred Mariage, supérieur général de la mission
d’Orient, puis très vite sous celle du P. Ernest Baudouy. On ne compte pas
moins de 13 sépultures de religieux à Livry, novices ou profès, pendant ces
années
1886-1901, le maire de la commune ne faisant aucune difficulté à ce que les
corps soient inhumés dans la propriété. En 1907, l’Assomption se préoccupa
de transférer leurs restes dans le caveau de Montparnasse.

Religieux d’origine croate.

D’Europe centrale et orientale en France.

Marc Murcowitch, croate d’origine, est né à Bucarest (Roumanie) le 1er avril 1874 de parents chrétiens, Nicolas Murcowitch (1) et de Amalia Neubauer. A l’âge de dix ans, il est confié aux soins du P. Ivan Pistichki (1853-1920), alors en poste à Sofia, capitale de la Bulgarie où l’Assomption cherche à implanter un petit collège, essai qui n’aura d’ailleurs pas de suite. Marc est scolarisé ensuite à l’alumnat de Koum-Kapou à Istanbul en 1884. Il passe à Phanaraki (Turquie d’Asie) où les Religieux de l’Assomption ont développé une petite école à côté du noviciat. Le P. François Picard lui donne l’habit le 6 août 1890 à Livry (Seine-Saint-Denis) et le nom de Frère Marcien. Le P. Joseph Maubon qui l’a confié le décrit comme un jeune calme, silencieux, toujours content et très dévoué. Novice à Livry, ce jeune homme de 16 ans est dépeint par le P. Emmanuel Bailly comme un apprenti sans éclat et sans dons intellectuels brillants, mais présentant le meilleur dévouement à la Congrégation qu’il aime beaucoup. Très aimé de ses confrères novices, il laisse espérer une aide précieuse pour la mission d’Orient qu’il espère, comme oriental, pouvoir un jour servir de son mieux. Le Frère Marcien est admis à la profession annuelle en 1891, malgré son jeune âge, et aux vœux perpétuels le 6 août 1892. Au pèlerinage de Jérusalem en 1892, il fait fonction de sacristain. Il reçoit également la tonsure et les Ordres mineurs dès le lendemain de sa profession perpétuelle. En octobre, il est atteint de tuberculose. Il meurt rapidement le 4 mars 1893, à 19 ans, au noviciat de Livry. Il est inhumé au cimetière de Livry, dans la propriété de l’Assomption. Puis, après l’expulsion des religieux en 1901, ses restes sont transférés avec les défunts de Livry au cimetière parisien de Montparnasse (tombe Bailly).

Des Ephémérides de Livry.

On lit d’après les Ephémérides de Livry au 4 mars 1893, dans le style naïf du rédacteur« C’est aujourd’hui que notre Frère Marcien a été jugé digne de gravir la montagne du Seigneur et d’entrer dans la Jérusalem céleste. Il a gravi cette montagne dans la force de Dieu qu’il venait de recevoir de Notre-Seigneur qui ne voulait pas lui accorder la vie de cette terre et lui a donné en partage la vie nouvelle. Il l’a fait entrer dans les splendeurs de son Règne céleste, lui qui désirait tant se dévouer à l’extension du Règne sur la terre. Le Frère Marcien dont l’âme était si sainte et si agréable à Dieu, l’a rendue à Dieu, toute belle et sanctifiée dans sa courte maladie. Notre Frère s’était préparé à ce grand acte. Il priait beaucoup et avait reçu les derniers sacrements le 1er mars. ‘Que je suis content de mourir religieux de l’Assomption. La journée du vendredi fut mauvaise, le râle commença dès huit heures du soir et la respiration devenait de plus en plus pénible. Notre Frère souffrait beaucoup mais ne se plaignait jamais. Ce matin [samedi 4 mars], vers sept heures, il eut un moment d’accalmie. Le P. Athanase [Vanhove] lui proposa de recevoir la sainte communion et il accepta avec joie. Tous nous accompagnons le Saint-Sacrement jusqu’à la chambre du malade. Le P. Athanase avant la communion l’exhorta à renouveler ses vœux et à accepter avec joie la volonté du Seigneur. Il le fit et reçut pour la dernière fois le pain de vie. A peine étions nous descendus au chapitre pour le cours que l’infirmier vint avertir le P. Athanase que le malade baissait beaucoup. Nous remontons aussitôt dans la chambre et avec tous les religieux nous récitons les prières des agonisants. Il était 8 heures 45, tout était fini. Le P. Athanase lui donna une dernière absolution, le P. Tissot était là aussi. Nous récitâmes le De Profundis et descendîmes à la chapelle où l’on chanta la messe des morts, pendant que trois Frères vont creuser une tombe pour le corps de notre cher Frère… ».

(1) On trouve aussi la graphie Murkovicz.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Souvenirs 1893, n° 137, P. 59-63. L’Assomption, 1898, n° 23, P. 363-364. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Lettre à la Dispersion, 1910, n° 68, p. 272. Permis d’inhumer de la mairie de Livry, 5 mars 1903. Cahier des Ephémérides de Livry [ACR E5].