Marie-Aimé BALME – 1899-1962

Le courage de servir et de vivre en toute circonstance. Au P. Provincial de
Parie, 25 juillet 1951,

«Je viens de recevoir ma nomination de supérieur de la maison des Essarts.
Je vous remercie de la confiance que vous me témoignez. Je vous promets de
me dévouer de tout mon cœur dans cette nouvel le charge. Je remercie le bon
Dieu de m’envoyer dans la maison du noviciat; cela me permettra de
reprendre ma vie religieuse sérieusement. J’en ai grand besoin après
quatorze ans d’économat dans la maison de Perpignan..»

Au P. Dufault, le 4 mai 1957.

« Ne croyez pas que j’ai été insensible à votre mot si paternel. Il m’a
profondément touché et m’a donné une preuve de plus de l’affection que même
les petits trouvent dans notre vie religieuse. J’ai pris des forces pour
supporter l’intervention qui le 18 mai me délivrera d’un polype vésical.
J’aurai une semaine de souffrances. D’avance je les offre à Notre-Seigneur
en esprit de réparation. La mort du P. Bélard m’a fait beaucoup de peine,
mais le P. Paul Charpentier le remplace avec beaucoup de savoir-faire… ».

Religieux de la Province de Paris.

Un parcours de formation interrompu par la guerre.

Aimé est né le 3 avril 1899 à Prévenchères (Lozère), il est le frère aîné d’un autre religieux assomptionniste, le P. Jean-Louis. De 1912 à 1917 il fait ses études à Vinovo (Piémont) et Ascona (Suisse). Il prend l’habit religieux le 4 août 1917 en Provence, à Notre-Dame de Lumières (Vaucluse) mais ne prononce ses premiers vœux qu’à Taintegnies (Belgique) le 14 janvier 1921. Entre temps, il connaît la vie militaire, ayant été mobilisé après l’armistice de 1918 jusqu’en septembre 1922. Ses études ecclésiastiques se déroulent toutes en Belgique: Saint-Gérard, Taintegnies et Louvain où il prononce ses vœux perpétuels le 1er avril 1925 et où il est ordonné prêtre le 29 juillet 1928.

D’une guerre à l’autre, enseignement et économat.

Le P. Marie-Aimé est d’abord nommé professeur à l’alumnat de Davézieux en Ardèche de 1928 à 1937, mais c’est surtout à Perpignan qu’il va laisser une forte empreinte comme économe de 1937 à 1951, c’est-à-dire dans les rudes années de la guerre et de l’occupation. Les jeunes de l’institution Saint-Louis sont dispersés aux quatre coins du département et il lui faut beaucoup de courage sinon de tours de force pour subvenir aux nécessités d’un ravitaillement rationné. Il s’ingénie par tous les moyens, sinon à améliorer l’ordinaire, du moins à procurer aux affamés le nécessaire, ne reculant devant aucune difficulté, effectuant des voyages pénibles et des tournées souvent infructueuses en Dordogne ou ailleurs pour constituer un wagon de pommes de terre, mendiant un sac de haricots par-ci, des légumes par-là. D’une nature assez vive, on le voit prendre sur lui pour se maîtriser et donner toute sa place à la charité.

Notices Biographiques A.A Page : 145/145 Ne lui fait pas défaut la délicatesse du cœur qui se dégage de ses mouvements d’humeur, de façon à accueillir toutes les demandes d’urgence qui pleuvent sur l’économe. C’est une façon de le libérer de ses tracas que de le soustraire de Perpignan: en 1951, il est nommé supérieur à la maison des Essarts (Seine-Maritime), puis envoyé comme professeur à l’alumnat de Chanac en Lozère (1952), puis encore changé en 1953 pour prendre la charge de supérieur et d’économe provincial à la maison de Paris, av. Denfert-Rochereau jusqu’en 1962. Ce n’est pas une sinécure, car il s’agit là encore de construire alors que depuis 1957 il est touché par la maladie. En 1959, il représente la Province de Paris au sacre épiscopal de Mgr. Canonne à Tuléar d’où il revient rempli de force et confiant en l’avenir.

Sur le chemin de la Passion.

Le 18 mai 1962, le P. Marie-Aimé est envoyé au Saint-Cœur de Vendôme pour y recevoir les soins de santé nécessités par son état. Il a alors la connaissance de son véritable mal, un cancer, qu’il a deviné et pour lequel il ne manifeste aucun sentiment de révolte. Ce qui frappe ses visiteurs, c’est l’acceptation sereine et même joyeuse de ce qu’il perçoit être la volonté de Dieu. Mais pendant cinq long mois, il endure de telles souffrances qu’il ne peut célébrer l’eucharistie qu’assis dans sa chambre. Le P. Maurice Berge, aumônier de la communauté des Augustines sur place, est témoin et confident des dispositions dans lesquelles se trouve le malade: jamais une plainte, jamais un murmure, parfois même des boutades et un bon sourire. Le P. W. Dufault en juillet 1962 lui propose le pèlerinage des malades à Lourdes qu’il accomplit avec joie et piété au mois d’août, logeant à l’asile Notre-Dame. Patient et discret, il sait toujours faire plaisir: le 22 septembre, pour la Saint Maurice, il offre une bouteille de champagne à son confrère. Le médecin l’avertit, fin septembre que l’issue est proche: « je pleure non pas de peine, mais de joie».

Le 26 octobre 1962, le P. Marie-Aimé, après avoir sombré dans le coma, meurt, le visage empreint de cette sérénité qui lui a gardé jusqu’au bout un sourire accueillant.

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Bibliographies

Bibliographie : B.O.A. juin 1563, p. 206. Lettre à la Famille 1963, n’, 350, p. 380-381. Paris-Assomption 1963, n° 84, p.2-5. Bulletin de Saint-Louis de Gonzague (Perpignan), juin 1963, p. 23.