Marie-Alexis (Arthur) GAUDEFROY – 1881-1945

Un homme aux mille ressources.
« Le P. Marie-Alexis a été jadis un photographe émérite. Mais la guerre et
ses yeux l’ont obligé à renoncer à la photo. Infirmier de la maison, il
peut en remontrer aux spécialistes pour la connaissance des drogues et des
remèdes. Cordonnier industrieux il est capable de remettre sur pied les
souliers et les pantoufles les plus minables. Bricoleur aux mille
ressources, il répare les montres, rafistole les bicyclettes, remet les
vitres, raccommode les serrures, remédie aux pannes d’électricité etc…
Bref c’est l’homme universel à qui on demande n’importe quoi et dont la
cellule est une infirmerie, un atelier, un lieu
de rendez-vous pour tout ce qui est en souffrance dans une communauté. La
radio s’est réfugiée chez lui et il est le journal parlé du temps de
guerre. C’est chez lui que, faute de place ailleurs, on prend le café, la
tisane, voire le petit verre aux jours fastes. Ainsi sa personne comme sa
cellule sont devenues un bien commun au service illimité de tout le monde
».
P. Louis de Gonzague Martin, Les Essarts, août 1945.

Marie-Alexis (Arthur) GAUDEFROY

1881-1945

Religieux de la Province de Paris.

Par monts et par vaux.

Arthur-Henri-Joseph Gaudefroy est né le 20 décembre 1881 à Ligny-Thilloy, dans le Pas-de-Calais. Il est d’abord élève de l’ alumnat à Taintegnies (Belgique) de 1892 à 1896, puis à Clairmarais (Pas-de-Calais) pour les humanités, de 1896 à 1898, sous la direction du P. Edouard Bachelier. Il entre au noviciat à Livry- Gargan, le 4 septembre 1898 et prend l’habit sous le nom de Frère Marie-Alexis. Sa première profession est datée du 8 septembre 1899 à Livry. Sa seconde année de noviciat se déroule à Notre-Dame de Jérusalem: il prononce ses vœux perpétuels le 8 septembre 1900 au Mont-Carmel, au dessus d’Haïffa, région alors située dans la province syrienne de l’Empire turc. Après deux années à Jérusalem, le Frère Marie-Alexis est employé comme professeur à Karagatch, aux portes d’Andrinople en Turquie d’Europe (1902) et à Varna, port bulgare sur la mer Noire. En 1904, il va à Rome suivre les cours de théologie de la Minerve. Il est ordonné prêtre le 21 décembre 1907 par le cardinal Respighi. Ses qualités de sérieux, de piété, son amour de la régularité et de la liturgie, le désignent à une place de choix au noviciat, à ce moment, unique pour toute la Congrégation, Louvain (1908).

Formateur au noviciat assomptionniste.

Le P. Marie-Alexis suit le noviciat dans ses pérégrinations: de Louvain à Gempe (1908-1912), de Gempe à Limpertsberg au Grand-Duché de Luxembourg (1912-1918), Louvain (1917-1918), Saint-Gérard (1919-1921). Le séjour au Luxembourg surtout, avec tous les tracas de la guerre, la dispersion dans les fermes, laisse dans son âme une profonde impression. Mais il trouve un moyen pratique d’échapper à la routine, grâce à la photographie. Ses clichés servent notamment à illustrer la revue de L’Assomption

pour le transformer en un magazine plus distingué. Dans la disette, il se fait ingénieux: fabrication de cirage, de dentifrice, atelier de réparation. Il excelle cependant encore plus dans l’enseignement de la liturgie et dans son application pratique durant les cérémonies.. Méticuleux, porté parfois avec excès aux observances tatillonnes, il seconde avec beaucoup de régularité les différents Maîtres des novices en fonction, PP. Antoine de Padoue Vidal, Léonide Guyo, Rémy Kokel… Le P. Marie-Alexis ne reste que deux ans à Saint-Gérard. En 1921 il suit les jeunes profès à la maison de philosophie de Taintegnies pour une période de six ans (1921- 1927), coupée par un année de supériorat malheureux à l’alumnat d’Arras (1923-1924). On a recours à son expérience pour lancer le noviciat au Québec (Bergerville), de 1927 à 1932. Il a quelques difficultés à s’adapter au Nouveau-Monde où tout ne cadre pas exactement avec les habitudes et coutumes du vieux continent. Il refranchit l’Atlantique pour reprendre sa place de ‘socius’ au noviciat des Essarts (Seine-Maritime). Dans la solitude de la forêt normande, il renoue aussi avec ses secrets de fabrication de produits de remplacement (1932-1943). C’est à cette période qu’il compose, plus dans un souci d’hagiographie que de précision historique, de brèves notices biographiques sur les religieux défunts de la Congrégation, données en récit pieux pendant le temps des services à des générations de novices. Pendant la seconde guerre mondiale, le P. Marie-Alexis se replie à Arras. Menacé de perdre la vue, mais toujours régulier et édifiant comme un novice, il revient avant la libération aux Essarts, où le noviciat peut se réinstaller, en coexistant avec les alumnistes de Soisy-sur-Seine. Il meurt le vendredi 20 juillet 1945, à 64 ans, après quelques jours pénibles de maladie et après plusieurs crises d’angine de poitrine. Son corps repose au cimetière des Essarts, aux côtés du P. Garde, décédé en 1930, et du Frère Auguste Durand décédé en 1944.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille, 1945, n° 8, p. 36; n° 9, p. 41. Lettre à la Famille Supplément, 1945, n° 8, p. 36. Dans les ACR, du P. Marie-Alexis Gaudefroy, correspondances (1905-1943), rapport sur le noviciat de Saint-Gérard (1921), Notices biographiques sur les Religieux de l’Assomption décédés entre 1851 et 1936, 3 volumes. Notices Biographiques