Marie-Ange (Germain) GABORY – 1887-1946

Epreuve familiales.
« Dans la dernière lettre que je vous ai envoyée, d’accord avec le P.
Félicien Vandenkoornhuyse pour vous demander de me rappeler en France afin
d’arranger la triste situation de ma mère et de ma sœur, j’ai oublié de
vous offrir mes vœux de bonne et sainte année 1920. Je viens réparer cet
oubli. D’après la dernière lettre reçue de ma sœur, ma présence en France
me donne un espoir très fondé de
pouvoir, un jour venu, ramener mon beau-frère infidèle auprès de son épouse
et de remédier à la situation de celle-ci dont la situation est
actuellement si compromise. Ma mère me supplie de faire
le possible pour revenir. La mort récente de mon frère, mon départ pour le
Chili et le crime du gendre qui dépouille ma sœur de tout ce qu’elle avait,
sont pour elle des épreuves capitales capables d’abréger sa vie. Ma sœur
est disposée à tout pardonner, mon beau-frère serait intimidé par les
menaces que je pourrais lui faire, étant en France. Il accepterait de
revenir auprès de sa femme. Il me tarde d’aller consoler ma mère et ma sœur
qui souffrent dans cette situation. Que ma vocation religieuse n’ait pas à
souffrir de cette douloureuse affaire ».

Marie-Ange (Germain) GABORY

1887-1946

Religieux de la Province de Bordeaux, missionnaire en Amérique du Sud.

Formation.

Germain Auguste Gabory naît le 15 mai 1887 aux Gardes, près de Chemillé (Maine-et-Loire), au diocèse d’Angers. Il commence des études secondaires au petit séminaire de Baupréau (1899- 1904) et à l’école apostolique de Poitiers (1905-1906). Il les achève à la maison des vocations tardives de Sart-les-Moines en Belgique (1906-1907) où il connaît l’Assomption. Le 11 septembre 1907, il prend l’habit religieux au noviciat de Louvain et choisit le nom de Frère Marie-Ange. Profès annuel l’année suivante, il est admis à la profession perpétuelle, émise le 12 septembre 1909 à Gempe. Les études de philosophie se déroulent à Louvain (1909-1912), suivies d’un temps d’enseignement à. 1’alumnatcollège de Locarno (Suisse), de 1912 à 1914. Réformé pour maladie de cœur, il échappe au service militaire, mais envoyé à Jérusalem en 1914 pour étudier la théologie, il en est expulsé par les Turcs en 1915, au moment de l’entrée en guerre de la Turquie aux côtés des Empires centraux. C’est à Rome qu’il peut achever son cursus d’étude. Il est ordonné prêtre à Saint-Maur (Maine-et- Loire) par Mgr Rumeau évêque d’Angers, le 8 septembre 1916.

Mission au Chili et en Argentine.

En 1917, le P. Marie-Ange arrive au Chili: il est destiné à la paroisse de Talcahuano. Ce poste est alors particulièrement meurtrier pour les religieux qui s’y dévouent, en raison d’épidémies. C’est ainsi que le P. Marie-Ange assiste à la mort du P. Claudius Pavillet et du P. Louis Deltour en 1919. Lui-méme se trouve aux portes de la mort, frappé du typhus exanthématique. Dans son délire, il déclare qu’il ne veut pas mourir et il promet de travailler de toutes ses forces au service des âmes. Presque par miracle, le P. Marie-Ange échappe à la mort,

mais sa convalescence va être longue. Quarante jours d’un jeûne absolu l’ont affamé à l’extrême, il doit se modérer et prendre de la nourriture à petites doses pour réhabituer son estomac aux exercices de la digestion. Ce n’est qu’après quelques mois de réadaptation fonctionnelle que le P. Marie-Ange peut enfin retrouver un régime de vie normal et satisfaire son appétit naturel. Mais le dérèglement organique de toute cette période accentue une obésité précoce qu’il va garder toute sa vie. Des ennuis de famille l’éprouvent. le P. Marie-Ange s’inquiète de la situation faite par un beau-frère indélicat à sa mère et à sa sœur pour lesquelles il sollicite de ses supérieurs, mais sans résultat, un retour en France et une sortie provisoire de l’état religieux. En 1920, le P. Marie-Ange est envoyé en Argentine, attaché à la résidence de la rue Lavalle, en compagnie du P. Séraphin Protin. Pour occuper ses temps libres, le P. Marie- Ange donne des cours de philosophie au collège des Dames de Sion, prêche des retraites et donne des conférences, très appréciées de ses auditoires. Il passe ensuite à Santos Lugares où il fait fonction d’économe de 1929 à 1932. Revenu au Chili en 1932, il est nommé curé et supérieur de Rengo pendant trois ans (1932-1939) et exerce les mêmes charges pendant cinq ans à Conception (1935-1940). C’est en 1940 qu’il est désigné pour fonder une nouvelle paroisse dans un nouveau quartier de la capitale, El Golf à Santiago. En 1944, il est désigné pour desservir la paroisse de los Placeres à Valparaiso, sur la côte du Pacifique. C’est là son dernier poste. Devenu très corpulent le P. Marie-Ange éprouve de la difficulté à se déplacer; le cœur noyé dans une masse adipeuse, fonctionne avec difficulté. Un matin de juin 1946, il est pris d’un malaise. Après quelques injections, il revient à lui, mais s’endort du sommeil de l’éternité le 9 juin 1946. Il vient d’entrer dans sa 60ème année. Le P. Aurélien Sénac, son vicaire a juste le temps de lui donner l’Extrême-Onction. Les funérailles du P. Marie-Ange sont célébrées par l’évêque de Valparaiso, Mgr Lira. Le corps du Père repose dans le caveau de l’Assomption, au cimetière catholique de la ville de Valparaiso.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille, 1948, n° 44, p. 20 (annonce du décès du P. Gabory). [Nous n’avons pas trouvé dans les bulletins de l’époque de notice sur le P. Marie-Ange Cabory]. Du P. Marie-Ange Gabory, dans les ACR, de la correspondance (1912-1939) et rapports sur Conception (1935-1936) et sur Rengo (1932-1935). Lettre du P. Marie-Ange G. au P. Joseph Maubon, Rengo, le 17 décembre 1919. Notices Biographiques