Marie-Armand (Marcel Paul) GUILLON – 1875-1934

Valparaiso.
« Comme vous le savez, nos prédécesseurs dans la mission du Chili ont
longtemps soupiré après le jour où la Congrégation prendrait pied à
Valparaiso. Cette ville est, en effet, après Santiago, le point le plus
important de la République, avec 150.000 âmes. Les paroisses y sont
nombreuses, mal desservies, et les congrégations déjà établies ne suffisent
pas à la tâche. Les Rédemptoristes français, les Jésuites, les Carmes, les
PP. du Cœur de Marie espagnols y ont tous des oeuvres florissantes, mais se
voient débordés par le travail. Cette situation est aggravée par les
conditions topographiques de la ville qui se compose d’une partie basse,
étroite bande de terre le long du rivage, et d’un très grand nombre de
collines, cerros, disposées en éventail autour de la baie, en pentes
abruptes vers l’océan. Mgr de Santiago nous offre une nouvelle paroisse
qu’il érige sous le vocable de Notre- Dame de Lourdes, sur une colline fort
éloignée du centre, déserte il y a 5 ans, avant le grand tremblement de
terre, aujourd’hui peup1ée de plus
de 10.000 âmes, Tout est à créer, église et presbytère. Le P. Gunfrid
[Darbois] a trouvé une chapelle paroissiale dans le petit oratoire d’un
monastère du Bon Pasteur ».

Marie-Armand (Marcel Paul) GUILLON

1875-1934

Religieux de la Province de Bordeaux.

Parcours de formation sinueux.

Marcel Paul Guillon est né le 5 janvier 1873 à Vix en Vendée. Il entre à l’Assomption à 24 ans, après avoir fait ses études secondaires dans différentes écoles apostoliques: Pont-Château en Loire-Atlantique (1886-1892) et un noviciat (1892-1893) chez les Pères de la Compagnie de Marie, suivi d’années d’études ecclésiastiques à El-Bian, près d’Alger (1894-1896) dans un des établissements des Montfortains. Il prend l’habit assomptionniste à Livry le 26 février 1899, l’année même des perquisitions. Son nom de religieux est Frère Marie-Armand. Le noviciat passe à Gemert en Hollande à Pâques 1900 où il fait profession le 24 mai 1900. Il est alors envoyé comme professeur à l’alumnat de Brian (Drôme) jusqu’en 1903, année où un procès retentissant chasse les Assomptionnistes de la localité. Profès perpétuel le 4 mars 1901, il rejoint Rome en novembre 1903 pour compléter ses études de théologie pendant une année et les achever à Louvain (1904-1906). Il est ordonné prêtre le 8 septembre 1906 et peu de temps après part volontaire pour la mission au Chili.

Au Chili.

C’est au Chili que se déroule toute la vie sacerdotale du P. Marie-Armand. Il arrive à Santiago, la capitale, le 29 novembre 1906 avec le P. Théophile Durafour de retour du Chapitre, le P. Innocent Rouzé, le P. Cyprien Gouelleu et le P. Crispin Esgueva qui l’initie à la langue espagnole. A Santiago il vit aux côtés d’un des premiers vétérans de la mission chilienne, le P. Joseph Maubon. On lui connaît avant 1923, date de son voyage en France, quatre affectations: Valparaiso (1913-1919), Santiago (1919-1921), Rengo (1921- 1923) où il est supérieur intérimaire.

En mars 1924, le P. Marie-Armand est nommé curé de la paroisse Notre-Dame de Lourdes à Valparaiso. Il ouvre sa porte et son cœur l’été aux religieux qui ont besoin de prendre un peu de fraîcheur sur les collines de la ville. Il aime chanter les airs de Théodore Botrel, alors à l’honneur et rire de bon cœur, d’un air communicatif, en entraînant ses visiteurs sur les hauteurs de la ville. Il est supérieur de la communauté depuis mai 1924. En mai 1934, il est chargé de conduire les novices chiliens au noviciat de Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime). Le 3 septembre il embarque à Marseille à bord du Mendoza pour assister au Congrès Eucharistique de Buenos Aires (Argentine) et reprendre son poste au Chili.

Mort prématurée.

Le P. Marie-Armand Guillon trouve la mort, subitement, le 13 novembre 1934, à Los Placeres, Valparaiso: il n’a pas achevé des 59 ans. La veille, il souffre beaucoup du foie, les médecins consultés le déclarent hors de tout danger. Le P. Aurélien Sénac, son compagnon, le laisse se reposer dans sa chambre, mais le trouve sans vie aux premières heures de la nuit. Le P. Marie- Armand est inhumé à Santiago. C’est un grand vide pour la mission du Chili. Le P. Zénobe Goffart, depuis Buenos Aires, essaie de surseoir: il envoie le P. Guénaël Le Viavant en remplacement d’urgence à Los Placeres et demande à l’Europe de nouveaux renforts de volontaires pour prendre en charge le développement des postes créés.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1934, n° 551, p. 333; n° 553, p. 365; 1935, n° 578, p. 178-ISO.. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Dans les ACR, du P. Marie-Armand Guillon, correspondances (1906-1933). Fondation de Valparaiso d’après le P. Marie-Armand Guillon, dans L’Alumniste (revue de l’alumnat St Louis de Zepperen), novembre 1911, n° 28-29, p.451-452. Notices Biographiques