Marie-Bernard (Pierre) ROUX – 1927-1995

Valence, 1965.
« Arrivé au terme des six mois que vous avez bien voulu m’accorder pour une
expérience dans le diocèse de Valence, il est temps que je vous donne de
mes nouvelles et que je vous rende compte pour l’avenir. Pendant ces
quelques mois, je suis resté en la liaison avec l’Assomption, en
rencontrant le P. Provincial
[P. E. Brajon], en lui écrivant en faisant quelques visites à Davézieux,
maison à laquelle le Père m’a rattaché. J’ai eu d’autre part le temps de
voir, de réfléchir, dé prier. Je
comprends maintenant que ma voie restera tracée dans la vie religieuse à
l’Assomption que je serai heureux de retrouver. Mais il m’est difficile de
quitter le diocèse de Valence à la fin de mois, d’interrompre ainsi une
année scolaire, sans mettre le séminaire dans l’embarras. Aussi, sur le
conseil du Provincial et à la demande de l’évêque, je vous prie de bien
vouloir m’accorder encore 4 mois d’exclaustration provisoire de mars à
juin. L’année terminée, je rentrerai aussitôt à l’Assomption. J’aurai cette
semaine l’occasion de parler au P. Provincial de passage à Davézieux. Avec
toute ma reconnaissance et mes sentiments religieux en Notre- Seigneur ».
P. Roux.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de France. Jeunesse 1927-1955. Pierre Roux est né à Chadron (Haute-Loire) le 11 mai 1927. Il est alumniste à Davézieux en Ardèche (1940-1943) et à Vérargues dans l’Hérault (1943- 1946). Il prend l’habit au noviciat des Essarts (Seine-Maritime), sous le nom de Frère Marie- Bernard et y fait profession le 11 novembre 1947. Fatigué au terme de sa philosophie à Lormoy (Essonne), il demande à passer dans les oeuvres et est affecté à l’alumnat de Davézieux pendant deux ans. Revenu à Lormoy en 1951, il s’y montre timide, fort personnel et têtu. Profès perpétuel le 11 novembre 1952, il est ordonné prêtre le 7 décembre 1934. Sinuosités: 1955-1966. Toute la vie active du P. Marie-Bernard se passe dans l’enseignement. Il est envoyé d’abord au collège de Nîmes (Gard), de 1955 à 1961. A Chanac (Lozère), il est un professeur d’alumnat excellent, un prêtre sérieux et surnaturel à qui pèse la vie communautaire. Il lui naît une vocation de chercheur de fossiles. L’alumnat ferme ses portes en 1964. Avec l’accord du P. Général, le P. Dufault, le P. Marie-Bernard se met alors au service du diocèse de Valence (Drôme) en vue d’une éventuelle incardination. Nommé professeur au petit séminaire de la ville, il souffre d’aérophagie dès le mois de novembre, envisage de demander une paroisse en altitude et dès le mois de février, il décide de revenir au bercail à la fin de l’année scolaire. Il passe l’année 19651966 à l’alumnat de Davézieux, réduit à une quasi-inactivité à cause de son aérophagie et d’un état dépressif. Perpignan : 1966-1987. A la rentrée scolaire 1966, le voici au collège Saint- Louis de Gonzague à Perpignan (Pyrénées- Orientales). A.A Il s’y révèle professeur passionné et passionnant, attentif à chaque élève, exigeant et méthodique, à la portée de tous (1). Aussi obtient-il de l’Académie son certificat d’exercice, habilitation à enseigner sous contrat dans un établissement déterminé, pour les classes de 6ème et de 5ème. Il a trois passions au sujet desquelles nous empruntons les souvenirs du P. David Laurent: « Au fil des années, les quelques caisses de fossiles apportées le jour de son arrivée deviennent des tonnes. il faudra un semi-remorque pour les transporter à Lorgues (Var)! Leur prolifération est telle que les immenses sous-sols de la chapelle sont entièrement colonisés et transformés en un musée moderne. Sa seconde passion est le jardin. Il y consacre toutes ses récréations et, comme il accepte d’orner l’autel aux grandes fêtes, il se fait une joie d’offrir au Seigneur les prémices de ses cueillettes. Roses, dahlias, jonquilles, pensées, corbeilles d’or et d’argent, bégonias et géraniums y fleurissent comme par enchantement. Deux splendides mimosas généreux et capiteux occupent le centre, un véritable paradis terrestre. L’autel, les jours de première communion, de profession de foi et de confirmation, ruisselle de fleurs, une véritable féerie. Sa troisième passion est la bibliothèque ou plutôt celle des élèves. Tous les soirs, de 18 à 19 heures, il préside lui-même à la distribution des livres et veille à leur retour. Il sait conseiller telle ou telle lecture selon les désirs des élèves, leur àge ou leur tempérament. Il les intéresse volontiers à l’histoire, aux découvertes modernes, à la vie des animaux et des plantes ». En septembre 1980, il ne reste que trois religieux au collège. Les PP. Janin et Laurent partent à leur tour deux ans plus tard. Le P. Roux obtient de rester jusqu’à l’àge de soixante ans. Peu à peu sa santé se dégrade, il connaît des périodes de dépression qui l’obligent au repos complet pendant des mois entiers. En 1997, il lui est impossible, malgré son désir, de prolonger sa présence à Perpignan. Il est dirigé sur Lorgues (Var) le 15 décembre 1987 où il vit diminué, maladif et porté à l’isolement comme un ermite volontaire. Le dimanche 30 avril 1995, il est hospitalisé d’urgence à Draguignan. Le lendemain après-midi, au cours d’une visite, nous avons causé tout à fait normalement, nous avons prié ensemble et, au bout d’une demi-heure, il me dit: J’ai sommeil. je me suis retiré. Un quart d’heure après, on vient m’annoncer qu’il est mort’ (2). Les obsèques du P. Marie-Bernard sont célébrées à Lorgues le mercredi 3 mai. Trois religieux du voisinage se joignent à la prière de la communauté. Les supérieurs majeurs sont à Boston pour le Conseil de Congrégation. Le P. David Laurent prononce l’homélie et évoque les seize années passées à Perpignan en compagnie de ce religieux. Le Père Marie-Bernard repose dans le caveau de l’Assomption à Lorgues. (1) Du P. David Laurent, le jour des obsèques du P. Marie-Bernard Roux. (2) D’après le P. Léon Pellicier, le jour des obsèques du P. Marie-Bernard Roux.

Bibliographies

Bibliographie et documentation : Documents Assomption, Nécrologe (VI) 1994-1995, P. 86-88. Assomption-France, Nécrologie année 1995, p. 313-315. Lettre du P. Marie-Bernard Roux au P. Wilfrid Dufault, Valence, 15 février 1965. Dans les ACR, du P. Marie-Bernard Roux, deux correspondances (1964-1965). Notices Biographiques